13.12.2011
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Les critiques de l'enseignement des SES n'ont "pas d'expérience" de l'enseignement réel (APSES)

L'APSES, asso­cia­tion des pro­fes­seurs de sciences écono­miques et sociales, a sol­li­cité un droit de réponse suite à la publi­ca­tion de notre entre­tien avec le député UMP Jean-Michel Fourgous.

Les cri­tiques de l'enseignement de Sciences Economiques et Sociales n'ont « pas d'expérience » de l'enseignement réel


APSES (logo) asso­cia­tion des pro­fes­seurs de sciences écono­miques et socialesL'APSES, asso­cia­tion des pro­fes­seurs de sciences écono­miques et sociales, exprime sa vive exas­pé­ra­tion devant les cri­tiques répé­tées de Jean-Michel Fourgous et d'Olivier Dassault vis-à-vis des « pro­fes­seurs d'économie », notam­ment dans une inter­view accor­dée par le député-maire UMP d'Elancourt sur ce site le 9 décembre.

Rappelons leur pro­po­si­tion phare : que les « pro­fes­seurs d'économie » effec­tuent un stage de 6 mois en entre­prise avant d'enseigner, pour qu'ils y découvrent « l'économie réelle ». Une pro­po­si­tion qui risque de faire des envieux du côté de nos col­lègues qui enseignent la géo­gra­phie et aime­raient se voir offrir par les agences de voyage un tour du monde gra­tuit ! Mais gageons que ces mêmes col­lègues, qui enseignent l'histoire, seront plu­tôt heu­reux de ne pas avoir à réa­li­ser un stage inten­sif dans l'armée, en zone de conflits, avant de pou­voir ensei­gner les guerres « réelles »...

« Un stage de 6 mois dans une classe de lycée pour­rait leur être utile »

Il faut dire que la pro­po­si­tion de mes­sieurs Fourgous et Dassault repose sur une asser­tion des plus étranges : « tant qu'on n'a pas vendu à un client, on n'a rien com­pris à l'économie ». En confon­dant science écono­mique et com­merce, nos dépu­tés ne font pas là la preuve de « l'inculture écono­mique » qu'ils dénoncent chez nos conci­toyens ? Il faut craindre que ce soit le cas lorsqu'ils affirment que les entre­prises sont les seules orga­ni­sa­tions créa­trices de richesses, à l'encontre de ce que tous les écono­mistes, et les élèves ayant suivi un ensei­gne­ment de Sciences Economiques et Sociales, savent depuis long­temps : la pro­duc­tion mar­chande des entre­prises repré­sente la part la plus impor­tante de la pro­duc­tion mesu­rée par le PIB, mais cette der­nière est égale­ment le fait d'organisations qui pro­duisent des ser­vices non mar­chands (comme les soins de santé pro­duits dans des ser­vices hospitaliers).

A cet égard, un stage de 6 mois dans une classe de lycée pour­rait être utile à mes­sieurs Fourgous et Dassault. Si le temps leur est compté, nous ne pou­vons que leur conseiller de jeter un œil atten­tif aux séquences péda­go­giques en ligne que nous pro­po­sons aux élèves de pre­mière, et par­ti­cu­liè­re­ment le cha­pitre « qui crée des richesses et com­ment les mesu­rer ? ».

« Il ne suf­fit pas d'avoir été VRP pour répondre aux ques­tions des élèves »

Aussi, plu­tôt que d'accuser les ensei­gnants de SES d'être les res­pon­sables d'un manque de connais­sances des Français en écono­mie (com­ment pourraient-ils l'être alors que la série ES ne concerne que 16% des élèves sco­la­ri­sés en lycée, pour les classes d'âge les plus récentes ?), mes­sieurs Fourgous et Dassault devraient plu­tôt se faire les pro­mo­teurs d'un ensei­gne­ment qui plaît aux élèves, et leur apporte des connais­sances et atti­tudes intel­lec­tuelles indis­pen­sables pour mieux com­prendre les grands enjeux écono­miques, sociaux et poli­tiques du monde qui les entoure.

Il ne suf­fit donc pas d'avoir été VRP pour répondre le plus rigou­reu­se­ment pos­sible aux ques­tions que nous posent nos élèves : d'où vient la crois­sance ? Comment expli­quer la crise de la dette ? Comment retrou­ver le plein emploi ? Les éléments de réponse que les ensei­gnants peuvent appor­ter ne pro­viennent pas de leurs expé­riences per­son­nelles, mais de tra­vaux docu­men­tés et recon­nus de spé­cia­listes en sciences sociales. Plus que d'un stage en entre­prise, les ensei­gnants ont avant tout besoin d'une solide for­ma­tion scien­ti­fique (qu'il convient d'actualiser tout au long de la car­rière) et péda­go­gique (aujourd'hui lar­ge­ment remise en cause).

Rappelons pour finir que de nom­breux ensei­gnants orga­nisent pour leurs élèves des visites d'entreprises, mais qu'ils ren­contrent sou­vent les plus grandes dif­fi­cul­tés, car nom­breuses sont les entre­prises qui peinent à leur ouvrir leurs portes. Si mes­sieurs Fourgous et Dassault vou­laient être utiles à la culture écono­mique des Français, c'est de ces ques­tions qu'ils devraient s'emparer pour aider les professeurs !

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PMEA
le 16 décembre 2011

Excellent ! Ras le bol de ces poli­ti­ciens don­neurs de leçon !

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