12.12.2011

4.000 mots nouveaux dans le 3e tome du Dictionnaire de l'Académie française

Riche de 10.000 mots, dont 4.000 nou­veaux, le troi­sième tome du Dictionnaire de l'Académie fran­çaise, garant du bon usage de la langue depuis plus de trois siècles, sera pré­senté jeudi, près de vingt ans après le pre­mier tome de cette neu­vième édition.

Le pre­mier tome — de A à Enzyme — est paru en 1992 et le deuxième — de Eocène à Mappemonde — en 2000.

Jeudi, les aca­dé­mi­ciens pré­sentent le troi­sième, en vente depuis le 23 novembre, qui démarre à Maquereau et s'arrête à Quotité.

Le dic­tion­naire de l'Académie fran­çaise n'est ni ency­clo­pé­dique, ni his­to­rique, ni ana­lo­gique, ni étymo­lo­gique, comme il en existe déjà de nom­breux. Il est celui "du bon usage" qui "sert ou devrait ser­vir de réfé­rence à tous les autres", explique l'Académie.

Donc pas ques­tion de subir "des modes sai­son­nières", car "les expres­sions nées de la der­nière pluie s'en iront avec la séche­resse sui­vante", écri­vait Maurice Druon, secré­taire per­pé­tuel décédé en 2009, qui fut à l'origine de l'élaboration de cette édition.

Les tra­vaux ont démarré en 1985 et ont pris beau­coup de retard, puisqu'ils devaient s'achever avant 2010. Pour se défendre, l'Académie cite l'exemple de la Grande-Bretagne, où on a pensé que sept années suf­fi­raient à révi­ser l'Oxford Dictionary. Son élabo­ra­tion a duré 29 ans.

En France, c'est en 1694, soit soixante ans après la fon­da­tion de l'Académie, qu'apparaissait la pre­mière édition du "Dictionnaire". Les mots y étaient dis­po­sés par familles, selon leur racine.

Un quart de siècle plus tard, une nou­velle édition ordon­nait les mots par ordre alpha­bé­tique. Le XVIIIe siècle verra trois nou­velles éditions. Au XIXe, deux autres ont été publiées, récla­mant l'une 37 ans de tra­vail et l'autre 43.

La hui­tième édition, parue en 1935 et dont la pré­pa­ra­tion dura 57 ans, pré­sen­tait peu de nou­veau­tés. "Bactérie", "microbe", "aéro­drome" ou "court-circuit" y firent leur entrée. L'accent avait été sur­tout mis sur l'ajustement des définitions.

La neu­vième édition regorge de nou­veaux venus, dont "aéro­sol", "cal­cu­lette", "joint", "bidule", "bar­bouze", "apo­li­tique", "conne­rie" ou "lèche-botte".

Au départ, il était ques­tion d'introduire 10.000 nou­veaux entrants, mais ce seuil a été presque atteint dès le deuxième tome. Sur un total de 14.024, le pre­mier tome pré­sente 5.500 mots nou­veaux et, sur 11.500, le deuxième en com­porte 4.000. Il y en a 3.828 dans le troi­sième, sur un total de 9.860 mots. Les quatre volumes devraient com­por­ter près de 15.000 nouveautés.

Des vocables ont été sup­pri­més, comme "aca­dé­miste", l'ancêtre d'"académicien".

Et il y a beau­coup de termes étran­gers. Par exemple, ceux com­men­çant par la lettre k, presque tous d'origine étran­gère comme ket­chup, kib­boutz, kou­li­biac ou kno­ckout, sont au nombre de 193 dans la neu­vième édition, contre 38 dans la précédente.

Cependant, les portes res­tent par­tiel­le­ment fer­mées à la fémi­ni­sa­tion, ainsi qu'aux néo­lo­gismes "dont beau­coup ne doivent leur appa­ri­tion qu'à l'ignorance ou l'oubli des bons termes exis­tants depuis fort long­temps", selon Druon.

Le qua­trième tome est pro­gres­si­ve­ment publié en fas­ci­cule dans les docu­ments admi­nis­tra­tifs du Journal offi­ciel, au fur et à mesure de l'avancement des travaux.

Le Dictionnaire, en vente en librai­rie, est égale­ment dis­po­nible gra­tui­te­ment sur le site inter­net de l'Académie (http://atilf.atilf.fr/academie9.htm).

La Commission du dic­tion­naire, pré­si­dée par le secré­taire per­pé­tuel Hélène Carrère d'Encausse, est com­po­sée d'une dizaine d'académiciens. Elle est secon­dée par des uni­ver­si­taires qui assurent les recherches, les pro­po­si­tions d'entrées, les véri­fi­ca­tions et les corrections.


 

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