09.12.2011
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Jean-Michel Fourgous : "les profs d'éco n'ont pas d'expérience de l'économie réelle"

Instaurer un stage obli­ga­toire en entre­prise, de six mois mini­mum, pour tous les ensei­gnants d'économie, notam­ment ceux des lycées d'enseignement géné­ral. Telle est la pro­po­si­tion faite, le 23 novembre, par Jean-Michel Fourgous, député-maire (UMP) d'Elancourt (Yvelines) et Olivier Dassault, député (UMP) de l'Oise, co-présidents du groupe de tra­vail libé­ral Génération entre­prise. Jean-Michel Fourgous répond à nos questions.

© Assemblée nationale

Pourquoi voulez-vous que les pro­fes­seurs d'économie effec­tuent un stage en entre­prise avant d'enseigner ?

Avant d'être élu député, j'ai été cher­cheur au CNRS puis chef d'une entre­prise de 22 sala­riés, spé­cia­li­sée dans le déve­lop­pe­ment de logi­ciels de ges­tion des res­sources humaines. J'ai vu la dif­fé­rence de culture entre le public et le privé. Dès que vous deve­nez entre­pre­neur, vous êtes confronté à un dis­cours de défiance vis-à-vis de l'économie de mar­ché. Le mar­xisme a beau­coup mar­qué la France. Or, seule l'économie de mar­ché fonc­tionne aujourd'hui ! Tous les pays s'y sont conver­tis, sauf la Corée du Nord. Selon le prix Nobel d'économie (2006) Edmund Phelps, la France perd un point de crois­sance à cause de son défi­cit de culture écono­mique. Autre réa­lité : moins de 10% des jour­na­listes ont une bonne com­pré­hen­sion de l'économie et qua­si­ment aucun prof d'éco n'a d'expérience de l'économie réelle. Ils forment les élèves à être des spec­ta­teurs cri­tiques alors que notre pays a besoin d'acteurs et de créa­teurs. Comment voulez-vous qu'un spor­tif gagne une com­pé­ti­tion dans son sport s'il ne l'aime pas ou s'il ne le com­prend pas ? Est-il scan­da­leux que quelques par­le­men­taires, dis­po­sant d'une double culture privée/publique, sou­haitent remé­dier à ce défi­cit de culture écono­mique ? Je ne le crois pas.

Quelle forme pren­draient ces stages ?

Nous ne vou­lons sur­tout pas de « stage ENA » qui se dérou­le­raient au sein d'une direc­tion finan­cière par exemple. Il s'agit au contraire d'effectuer un vrai stage dans un pro­cess de pro­duc­tion, afin de voir com­ment une entre­prise exporte, com­ment fonc­tionne un ser­vice clients, bref com­ment on pro­duit de la richesse. Car je reste per­suadé d'une chose : tant qu'on n'a pas vendu à un client, on n'a rien com­pris à l'économie. Une entre­prise c'est une for­mi­dable ren­contre entre plu­sieurs acteurs, un qui apporte du capi­tal et un autre une idée. Si l'on veut que ce soit sérieux, il faut que ces stages durent au mini­mum six mois, après l'obtention des concours du CAPES, du CAPET et du CAPLP. Cela concerne donc sur­tout les nou­veaux ensei­gnants, pour oxy­gé­ner le sys­tème. Mais on peut ima­gi­ner que les ensei­gnants déjà en poste puissent aussi se for­mer en entre­prise, sur la base du volontariat.

Qui finan­cera ces formations ?

Il faut que nous trou­vions un accord avec les fédé­ra­tions pro­fes­sion­nelles. Nous détaille­rons ensuite le cahier des charges. Les entre­pre­neurs sont déjà très intéressés.

Depuis une tren­taine d'années, la droite libé­rale monte régu­liè­re­ment au cré­neau pour dépla­cer le cur­seur de l'enseignement des sciences écono­miques et sociales vers le monde de l'entreprise. N'est-ce pas un pro­jet trop idéologique ?

L'idéologie, je ne sais pas où elle est ! Les mar­xistes disent que quand un patron gagne 1, il a pris 1 au sala­rié. C'est faux ! La réa­lité c'est que les sala­riés récu­pèrent 69% de la valeur ajou­tée. Bien connaître l'entreprise, ce n'est pas idéo­lo­gique mais pragmatique.

Ne faudrait-il pas étendre cette ini­tia­tive du stage en entre­prise aux poli­tiques qui votent des lois impac­tant l'économie ?

Si ! Et c'est le sens d'une seconde pro­po­si­tion que je vais pro­chai­ne­ment défendre. La fis­ca­lité fran­çaise est faite par des idéo­logues, ça ne peut pas conti­nuer. A l'Assemblée Nationale, beau­coup d'élus n'ont aucune connais­sance de l'entreprise, ce qui se tra­duit par­fois par des aber­ra­tions. Lorsqu'on nous envoie des ambas­sa­deurs amé­ri­cains ou alle­mands, eux ont une vraie culture écono­mique. Je pense qu'il est urgent de repo­ser la ques­tion de la for­ma­tion, sans agres­ser mais fermement.

La res­pon­sa­bi­lité d'enseigner l'économie réelle n'incombe-t-elle pas davan­tage au minis­tère, qui élabore les pro­grammes, qu'aux enseignants ?

Elle incombe aux deux. Au-delà des pro­grammes, en classe l'enseignant fait pas­ser le mes­sage de son choix. Et sa vision est encore trop axée sur des modèles écono­miques caducs. De la même manière, l'ENA est dépas­sée. On y apprend que ce sont les taxes qui vont régler le pro­blème de la dette. Les Enarques ont une vision obso­lète de l'entreprise, qui ne tient pas compte de l'aspect humain et c'est dom­mage. C'est l'entreprise, et non l'Etat, qui pro­duit la richesse et main­tient notre niveau de vie. Certains ensei­gnants l'ont com­pris mais il s'agit encore d'une mino­rité. Mais je suis convaincu que la mino­rité inno­vante l'emportera face à la majo­rité. Il en va se la sur­vie du pays.

 Charles Centofanti

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GEGE45
le 9 décembre 2011

La plu­part des hommes poli­tiques n'ont pas d'expérience des réa­li­tés de l'enseignement en lycée réel. Il faut ins­tau­rer pour eux un stage obli­ga­toire en établis­se­ment sco­laire de six mois mini­mum. Je plai­sante, bien sûr. Quoique...

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ly84
le 9 décembre 2011

"Jean-Michel Fourgous, député-maire (UMP) d'Elancourt (Yvelines) et Olivier Dassault, député (UMP) de l'Oise, co-présidents du groupe de tra­vail libé­ral Génération entre­prise"
c'est sûr, eux ont cette expé­rience... et sur­tout celle de la réa­lité sociale !
"Nous ne vou­lons sur­tout pas de « stage ENA » qui se dérou­le­raient au sein d'une direc­tion finan­cière par exemple. "
Non, cela c'est bien pour les énarques, les HEC ou les poly­tech­ni­ciens, ce qu'ils sont ou ce que sont leurs enfants.
"tant qu'on n'a pas vendu à un client, on n'a rien com­pris à l'économie."
Pour les profs de SES, il faut de la vente, ça c'est la vraie écono­mie, d'ailleurs Mr Dassault s'y connait en vente de rafales...

Ils me fatiguent ces don­neurs de leçons.

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Alain Beitone
le 9 décembre 2011

J'avais déjà fait remar­quer sur le site des Echos que les attaques sur l'enseignement de l'économie de cer­tains dépu­tés UMP était sans aucun fon­de­ment. Je le répète donc. A quand un débat sérieux avec les pro­fes­sion­nels de l'éducation char­gés de cet ensei­gne­ment ? On attend des membres de la repré­sen­ta­tion natio­nale une atti­tude plus res­pec­tueuse de la réalité !

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mk
le 9 décembre 2011

Faux Monsieur le Député, je suis pro­fes­seur de sciences écono­miques après avoir crée une entre­prise. Pardonnez moi de vous dire que je connais bien l'économie réelle.

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Valdo
le 9 décembre 2011

Vous l'avez trouvé où celui ci? Chez Madelin? Il est gra­tiné, on dirait une cari­ca­ture des yes Men! Pour info, le Brésil, la Bolivie, l'Equateur se démarquent des dogmes ultra­li­bé­raux et s'en portent plu­tôt mieux! D'ailleurs, on voit aujourd'hui la brillante réus­site de sa vision that­ché­rienne de l'économie, aux USA comme en Europe: faillite géné­ra­li­sée du libéralisme!

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LKD69
le 9 décembre 2011

"La réa­lité, c'est que les sala­riés récu­pèrent 69% de la valeur ajou­tée." En effet. Je suis pro­fes­seure de sciences écono­miques et sociales, et je confirme que c'est effec­ti­ve­ment ce que nous ensei­gnons à nos élèves. "C'est l'entreprise [...] qui pro­duit la richesse." Là encore, c'est ce que nous ensei­gnons ! Enfin, pas exac­te­ment, notre ensei­gne­ment est plus com­plet et plus cor­rect : les entre­prises, ainsi que les admi­nis­tra­tions, pro­duisent les richesses. Ce n'est pas un stage en entre­prise qui nous per­met de trans­mettre des connais­sances aussi vraies sur le fonc­tion­ne­ment de l'économie, mais notre for­ma­tion. Car le métier d'enseignant est un métier exi­geant qui néces­site une double for­ma­tion : dis­ci­pli­naire (bien connaître sa "matière") mais aussi péda­go­gique et didac­tique (savoir l'enseigner). Une for­ma­tion indis­pen­sable qui ne doit sur­tout pas être négli­gée, ou pire supprimée !

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alainaugé
le 9 décembre 2011

TOUS les pro­fes­seurs qui forment des élèves à l'exercice d'un métier devraient l'avoir exercé en res­pon­sa­bi­lité au moins 5 ans (AFPA, Compagnons, CNAM, OF pri­vés??) C'était obli­ga­toire en 1970–80 pourr deve­nir Prof tech­nique. Il faut for­mer les profs par alter­nance sous contrat de tra­vail avec sta­tut de sala­rié. Il faut qu'ils aient conscience de la prise de risque dans l’exercice d'un métier (si je ne suis pas per­for­mant, je serais viré!!) Ils pour­rons alors trans­mettre les vraies valeurs de l'entreprise.

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NathalieG.
le 9 décembre 2011

Bonjour,
Ainsi, un ensei­gnant ne crée pas de richesse.....Donc, les admi­nis­tra­tions publiques ne créent pas de richesses ; déci­dé­ment, pour un cher­cheur au CNRS, les connais­sance de Monsieur Fourgous en écono­mie ne me paraissent pas très solides : qu'il vienne en cours de SES au lycée !!

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c'estdit
le 9 décembre 2011

A quand un stage de 6 mois in situ,en situa­tion réelle avec classes en res­pon­sa­bi­lité pour les élus de la nation afin qu'ils com­prennent un peu ce qu'enseigner veut dire? Un ensei­gnant n'est pas un mana­ger et encore moins un repré­sen­tant de la DRH d'une société à risque limité. L'enseignement c'est la vie citoyenne vécue chaque jour avec les vicis­si­tudes et les aléas du monde. L'enseignement c'est sur­tout la trans­mis­sion de savoirs appris auprès d'universitaires dis­po­sant a-priori et a-posteriori de toutes les com­pé­tences et qua­li­tés intel­lec­tuelles néces­saires pour garan­tir la fia­bi­lité de ces savoirs. L'idéologie du mana­ge­ment c'est autre chose et c'est pré­ci­sé­ment ce que reven­dique et entend impo­ser cet élu de l'UMP!

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Moi
le 10 décembre 2011

Il n'y a pas d'économie réelle cher Monsieur, il faut lire l'actualité pour se tenir au cou­rant avant de répondre aux ques­tions de jour­na­listes. C'est un mini­mum quand même !

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a07
le 11 décembre 2011

Diriger une entre­prise ou y être sala­rié ne per­met sou­vent pas de connaitre tous les rouages de l'économie réelle, loin de là. La preuve, vous oubliez que les entre­prises ne sont pas les seules à pro­duire de la richesse, les admi­nis­tra­tions publiques aussi, donc en tant que sala­riée d'une admi­nis­tra­tion publique et en tant que prof de SES, j'estime suf­fi­sam­ment bien la connaitre pour l'expliquer à mes élèves.
Je vous ren­voie donc la pro­po­si­tion de stage: 6 mois dans une orga­ni­sa­tion qui pro­duit de la richesse:mon lycée auprès de mes élèves, vous êtes le bienvenu!

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floreme
le 11 décembre 2011

Comment votre site peut-il perdre son temps et celui de ses lec­teurs à inter­vie­wer un tel indi­vidu sec­taire, borné, pseudo cher­cheur au CNRS, qui récite sa logor­rhée obses­sion­nelle sur les ver­tus de l'entreprise ?

Avec Dassaut, ils sont dans un délire qui res­semble à celui de ces nobles qui ne voyaient pas venir l'exigence de la bour­geoise à prendre les rênes...

Ile ne suf­fit de rabâ­cher des bêtises pour en faire des vérités !

Il faut un cer­tain tou­pet pour affir­mer que "l'économie de mar­ché fonc­tionne aujourd'hui" : heu­reu­se­ment que les puis­sances publiques ont sauvé (pro­vi­soi­re­ment) le sys­tème ! Ou encore que "c'est l'entreprise qui crée la richesse et non l'Etat" : comme si les Etats n'avaient pas une action indis­pen­sable à la pro­duc­tion de richesses ! Ou enfin que "les sala­riés récu­pèrent 69 % de la valeur ajou­tée" quand on voit la confis­ca­tion par une mino­rité des richesses produites.

Ces deux ont du culot mais c'est tout ! Il faut vite mettre un terme, démo­cra­ti­que­ment, à leur délire...

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PADDYS
le 11 décembre 2011

M.Fourgous per­siste dans son délire ultra­li­bé­ral. Pour lui, un seul monde est possible.

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Aline
le 30 décembre 2011

Ce Monsieur est-il payé pour dire de telles âneries ?J'ai perdu 5 mn à lire ses bêtises d'un autre âge !

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Le clairvoyant
le 19 janvier 2012

Les chefs d'entreprise ont certes l'expérience de "l'économie réelle" mais ils n'en n'ont pas la connais­sance scien­ti­fique (dans le sens où l'acte de connais­sance est tou­jours un acte de rup­ture avec le sens com­mun, serait-ce celui du pro­fes­sion­nel). Avez-vous lu Bachelard ?

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