08.12.2011

Proche de l'UMP, le think tank Fondapol prône une potion libérale pour 2012

La Fondation pour l'innovation poli­tique (Fondapol), think tank proche de l'UMP, a voulu s'inscrire dans le débat pré­si­den­tiel de 2012 en pré­sen­tant jeudi une série de pro­po­si­tions réso­lu­ment libérales.

Fin de l'Etat pro­vi­dence, relance des pri­va­ti­sa­tions, fran­chises médi­cales accrues, assu­rance mala­die plus ouverte au privé, fin pro­gres­sive du sta­tut du fonc­tion­naire... Fondapol estime que la crise actuelle impose de "repen­ser tota­le­ment" le modèle social et qu'il "n'y aura pas de retour pos­sible à un ordre familier".

Créée en 2004 par Jérôme Monod, Fondapol est pré­si­dée par Nicolas Bazire, ancien direc­teur de cabi­net d'Edouard Balladur, et diri­gée par le poli­to­logue Dominique Reynié. Elle compte dans ses ins­tances les UMP Charles Beigbeder et Grégoire Chertok, très proches du numéro un de l'UMP, Jean-François Copé, et pré­sents à la confé­rence de presse.

Parmi ses "12 idées pour 2012", décli­nées en 98 pro­po­si­tions, figurent l'instauration d'une règle d'or bud­gé­taire, au coeur de l'actualité. Fondapol plaide pour le recours au réfé­ren­dum pour l'inscrire dans la Constitution en cas d'absence de majo­rité au Congrès.

Admettant une cer­taine "radi­ca­lité", elle veut "relan­cer les pri­va­ti­sa­tions" pour désen­det­ter la France, réduire les dépenses de santé via la mise en place d'une fran­chise annuelle à hau­teur de 2% des reve­nus des ménages, réfor­mer l'assurance mala­die en "impli­quant davan­tage" les assu­reurs pri­vés et en "modu­lant" les coti­sa­tions "en fonc­tion du risque".

Fondapol plaide pour la fin de l'Etat pro­vi­dence, jugeant que "l'Etat n'a pas pour fina­lité de réduire les inéga­li­tés mais d'assurer l'égalité des chances et la sécu­rité sociale". Elle prône une "contri­bu­tion à l'utilité sociale", chaque indi­vidu ayant "l'obligation" de rendre à la société un ser­vice d'intérêt géné­ral en contre­par­tie de la soli­da­rité dont il béné­fi­cie (deux demi-journées par semaine au ser­vice de la com­mu­nauté pour tout chômeur...).

L'Etat doit "se spé­cia­li­ser" et "renon­cer à cer­tains domaines de com­pé­tence" au pro­fit du sec­teur privé. Fondapol veut la pour­suite de la règle du non-remplacement d'un fonc­tion­naire sur deux par­tant à la retraite et son exten­sion à la fonc­tion publique territoriale.

Elle veut aller plus loin en pré­voyant que, parmi les nou­veaux embau­chés dans la fonc­tion publique, un sur deux seule­ment le soit sous sta­tut, afin de per­mettre "l'extinction pro­gres­sive du sta­tut de fonc­tion­naire sur la moyenne et longue durée".

Sur le plan socié­tal, Fondapol, mal­gré des "débats très vifs" en son sein, est favo­rable au mariage homo­sexuel, à l'adoption par des couples de même sexe et aux mères porteuses.

Elle plaide en outre pour la créa­tion de nou­veaux établis­se­ments sco­laires ("les écoles fon­da­men­tales"), des­ti­nés aux col­lé­giens les plus en dif­fi­culté, l'interdiction stricte du cumul des man­dats et la dési­gna­tion de 10% des conseillers muni­ci­paux par tirage au sort, sur le modèle des jurys popu­laires des tri­bu­naux d'assises.


 

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