23.11.2011

"Les Lyonnais": Olivier Marchal passe du côté des truands avec son 4e film

Pour sa qua­trième réa­li­sa­tion, "Les Lyonnais", qui sort le 30 novembre, l'ancien flic Olivier Marchal est passé du côté des truands en s'inspirant du "gang des Lyonnais" qui a sévi dans les années 1970 en effec­tuant des bra­quages spec­ta­cu­laires sur l'ensemble de la France.

Le film est sur les écrans lyon­nais depuis mer­credi, une semaine avant sa sor­tie nationale.

La car­rière cri­mi­nelle d'Edmond Vidal, sur­nommé "Momon" (Gérard Lanvin), débute lorsqu'il écope d'une condam­na­tion pour le vol d'un cageot de cerises, d'où le titre de son auto­bio­gra­phie "Pour une poi­gnée de cerises", d'abord publiée à compte d'auteur, qui vient de paraître en librairie.

Plus tard, le petit lar­cin chè­re­ment payé lais­sera sa place à des actions rele­vant du grand ban­di­tisme. Une série de bra­quages avec les­quels Momon et sa bande défraye­ront la chro­nique dans les années 70 jusqu'à une opé­ra­tion poli­cière de grande enver­gure qui met­tra fin à leurs agis­se­ments en 1974.

Là s'arrête la vérité d'Edmond Vidal et des faits d'armes de son gang de gitans, armé­niens ou grecs issus des quar­tiers popu­laires de Décines, évoqués lors de flash-back menés à un train d'enfer, grâce à un mon­tage ultra-serré.

Olivier Marchal la pour­suit dans le domaine de la fic­tion: devenu un citoyen rangé, vivant depuis 40 ans avec Janou, épou­sée alors qu'il était en pri­son, Momon, la bonne soixan­taine, voit son passé subi­te­ment le rat­tra­per lorsque Serge Suttel (Tchéky Karyo), son ami d'enfance en cavale réap­pa­raît et se fait cof­frer par la police.

Sachant que son frère d'arme risque aussi bien l'enfermement à per­pé­tuité que d'être exé­cuté par des asso­ciés sour­cilleux, Momon n'a pas d'autre choix éthique que d'organiser son évasion. Une déci­sion qui sou­tien­dra le récit du film, "une his­toire d'hommes et d'amitié", dit le réalisateur.

Du côté de la loi et de l'ordre, le com­mis­saire Max Brauner (Patrick Catalifo) est "un flic à l'ancienne", per­son­nage tai­seux et mani­pu­la­teur qui appa­raît cepen­dant comme humain.

Au moment du tour­nage, le tout-Lyon bruis­sait pour dire que ce per­son­nage était ins­piré par le com­mis­saire Michel Neyret, numéro 2 de la PJ lyon­naise, avant qu'il soit incar­céré à la Santé début octobre, accusé notam­ment de tra­fic d'influence et de stupéfiants.

Ces rumeurs avaient été accré­di­tées par la pré­sence per­sis­tante de Michel Neyret sur les lieux du tour­nage et sur­tout aux fêtes qui l'ont entouré. "Avec Neyret, on était ensemble au SRPJ de Versailles. On s'est retrou­vés 30 ans après à Lyon", a expli­qué Olivier Marchal, qui a tou­te­fois réfuté les infor­ma­tions selon les­quelles le numéro 2 de la PJ lyon­naise aurait été "conseiller tech­nique" sur son film.

En revanche, Gilles Bénichou, un homme proche des milieux lyon­nais et mis en exa­men dans le cadre de l'affaire Neyret, a tourné dans deux films d'Olivier Marchal, "Braquo" et "Les Lyonnais". "Je ne savais pas à qui j'avais à faire. Il a bien caché son jeu. J'ai rompu tout contact avec lui", a plaidé le réalisateur.

Néanmoins, les deux hommes avaient assisté en pré­sence de l'équipe du film et d'Edmond Vidal à l'avant-première du film le 21 sep­tembre à Lyon, une dizaine de jours avant leurs interpellations.


 

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