"Les Lyonnais": Olivier Marchal passe du côté des truands avec son 4e film

Pour sa quatrième réalisation, "Les Lyonnais", qui sort le 30 novembre, l'ancien flic Olivier Marchal est passé du côté des truands en s'inspirant du "gang des Lyonnais" qui a sévi dans les années 1970 en effectuant des braquages spectaculaires sur l'ensemble de la France.
Le film est sur les écrans lyonnais depuis mercredi, une semaine avant sa sortie nationale.
La carrière criminelle d'Edmond Vidal, surnommé "Momon" (Gérard Lanvin), débute lorsqu'il écope d'une condamnation pour le vol d'un cageot de cerises, d'où le titre de son autobiographie "Pour une poignée de cerises", d'abord publiée à compte d'auteur, qui vient de paraître en librairie.
Plus tard, le petit larcin chèrement payé laissera sa place à des actions relevant du grand banditisme. Une série de braquages avec lesquels Momon et sa bande défrayeront la chronique dans les années 70 jusqu'à une opération policière de grande envergure qui mettra fin à leurs agissements en 1974.
Là s'arrête la vérité d'Edmond Vidal et des faits d'armes de son gang de gitans, arméniens ou grecs issus des quartiers populaires de Décines, évoqués lors de flash-back menés à un train d'enfer, grâce à un montage ultra-serré.
Olivier Marchal la poursuit dans le domaine de la fiction: devenu un citoyen rangé, vivant depuis 40 ans avec Janou, épousée alors qu'il était en prison, Momon, la bonne soixantaine, voit son passé subitement le rattraper lorsque Serge Suttel (Tchéky Karyo), son ami d'enfance en cavale réapparaît et se fait coffrer par la police.
Sachant que son frère d'arme risque aussi bien l'enfermement à perpétuité que d'être exécuté par des associés sourcilleux, Momon n'a pas d'autre choix éthique que d'organiser son évasion. Une décision qui soutiendra le récit du film, "une histoire d'hommes et d'amitié", dit le réalisateur.
Du côté de la loi et de l'ordre, le commissaire Max Brauner (Patrick Catalifo) est "un flic à l'ancienne", personnage taiseux et manipulateur qui apparaît cependant comme humain.
Au moment du tournage, le tout-Lyon bruissait pour dire que ce personnage était inspiré par le commissaire Michel Neyret, numéro 2 de la PJ lyonnaise, avant qu'il soit incarcéré à la Santé début octobre, accusé notamment de trafic d'influence et de stupéfiants.
Ces rumeurs avaient été accréditées par la présence persistante de Michel Neyret sur les lieux du tournage et surtout aux fêtes qui l'ont entouré. "Avec Neyret, on était ensemble au SRPJ de Versailles. On s'est retrouvés 30 ans après à Lyon", a expliqué Olivier Marchal, qui a toutefois réfuté les informations selon lesquelles le numéro 2 de la PJ lyonnaise aurait été "conseiller technique" sur son film.
En revanche, Gilles Bénichou, un homme proche des milieux lyonnais et mis en examen dans le cadre de l'affaire Neyret, a tourné dans deux films d'Olivier Marchal, "Braquo" et "Les Lyonnais". "Je ne savais pas à qui j'avais à faire. Il a bien caché son jeu. J'ai rompu tout contact avec lui", a plaidé le réalisateur.
Néanmoins, les deux hommes avaient assisté en présence de l'équipe du film et d'Edmond Vidal à l'avant-première du film le 21 septembre à Lyon, une dizaine de jours avant leurs interpellations.
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