15.11.2011
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Jean-François Copé : "une plus grande responsabilisation des chefs d'établissement et des enseignants"

Mardi der­nier, à l'occasion de sa Convention sur l'Education, l'UMP a offi­cia­lisé ses pro­po­si­tions pour l'école de demain. Entretien avec Jean-François Copé, secré­taire géné­ral du parti majoritaire.
Jean-François Copé ©UMP

Si l'UMP reste au pou­voir en avril 2012, les ensei­gnants devront-ils s'attendre à de nou­velles réduc­tions d'effectifs dans un contexte de res­tric­tions budgétaires ?

Je vou­drais d'abord rap­pe­ler que le minis­tère a lancé une cam­pagne de recru­te­ment pour 17 000 postes en 2011 et 19 000 en 2012. Par rap­port aux concours pré­cé­dents qui inau­gu­raient la réforme de la for­ma­tion et du recru­te­ment, les ins­crip­tions ont aug­menté d'un peu plus de 11% pour les concours externes du second degré et de près de 3% pour les concours externes du pre­mier degré. A ce jour, notam­ment en rai­son de la crise que nous tra­ver­sons, le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux devra se poursuivre.

Quel est le pro­jet de l'UMP pour amé­lio­rer l'école en 2012 ?

Depuis 2007, toutes les réformes ont été conduites avec un seul objec­tif : la réus­site de cha­cun et de tous. Cependant, notre sys­tème sco­laire pré­sente encore des lacunes puisque 20% des enfants qui sortent du CM2 ont des dif­fi­cul­tés à lire, écrire et comp­ter. Nous sou­hai­tons mettre le paquet sur le pri­maire et sur la mater­nelle. C'est là que tout se joue pour l'acquisition des savoirs fon­da­men­taux qui condi­tionnent la réus­site sco­laire au col­lège puis au lycée. Pour que 100% des enfants qui sortent de l'école pri­maire sachent lire, écrire et comp­ter, nous pro­po­sons de mettre l'accent sur une plus grande res­pon­sa­bi­li­sa­tion des chefs d'établissement et des ensei­gnants car ce sont eux, sur le ter­rain, qui connaissent le mieux les élèves. C'est pour­quoi nous sou­hai­tons offrir la pos­si­bi­lité aux chefs d'établissement de consti­tuer leurs équipes péda­go­giques, rendre publics les résul­tats des évalua­tions bilan de CE1, CM2, 5ème et 3ème, ren­for­cer la per­son­na­li­sa­tion de l'enseignement avec notam­ment la mise en place d'une étude per­son­na­li­sée, obli­ga­toire en fin de jour­née. Et refondre les rythmes sco­laires pour allé­ger les jour­nées des élèves fran­çais qui sont les plus char­gées des pays de l'OCDE.

Au col­lège, nous pro­po­sons d'expérimenter la mise en place d'établissements par classes : 6ème-5ème dans un col­lège et 4ème-3ème dans un autre, pour favo­ri­ser une plus grande mixité sociale. Enfin, il nous semble essen­tiel que dès la 4ème les enfants qui le sou­haitent puissent com­men­cer à se fami­lia­ri­ser avec les métiers, grâce à la mise en place de classes-métiers-études dans le cadre du col­lège car les réus­sites sont diverses.

La pro­po­si­tion de François Hollande visant à recréer 60 000 postes d'enseignants en 5 ans vous apparaît-elle cri­ti­quable essen­tiel­le­ment pour son coût ou pour d'autres raisons ?

Outre son coût de 7,5 Mds€ sur 5 ans et non 2,5Mds€ comme pré­tend François Hollande, le recru­te­ment de 60 000 ensei­gnants risque d'être extrê­me­ment dif­fi­cile par manque de can­di­dats. Cette année, l'Education natio­nale a recruté 17 000 ensei­gnants et les dépu­tés socia­listes n'ont cessé de dire qu'il n'y avait pas assez de can­di­dats, que la sélec­tion était trop faible. Qu'en serait-il s'il fal­lait recru­ter 3 fois plus ? La consé­quence logique du recru­te­ment de 60 000 ensei­gnants sup­plé­men­taires sera un gel des salaires car sans marge de manœuvre bud­gé­taire, on ne peut recru­ter mas­si­ve­ment tout en aug­men­tant les salaires. Les pro­fes­seurs ver­raient donc leur pou­voir d'achat se réduire au rythme de l'inflation. Au-delà des chiffres, der­rière l'annonce de François Hollande, il y a une vraie diver­gence de fond : François Hollande veut plus d'enseignants mais moins bien rému­né­rés et tou­jours plus décon­si­dé­rés. A l'UMP nous pen­sons que la reva­lo­ri­sa­tion du métier d'enseignant doit pas­ser par une redé­fi­ni­tion du métier : favo­ri­ser le sur-mesure à la quan­tité. Nous vou­lons des ensei­gnants qui béné­fi­cient de meilleures condi­tions de tra­vail, qui soient mieux payés.

Avec le recul, que pensez-vous de la déci­sion gou­ver­ne­men­tale d'avoir sup­primé l'année de for­ma­tion des nou­veaux ensei­gnants en IUFM ?

En 2011–2012, la moi­tié des aca­dé­mies expé­ri­mente le mas­ter en alter­nance qui per­met aux étudiants de s'initier à leur future pra­tique pro­fes­sion­nelle dès leur pre­mière année de mas­ter. A l'UMP, nous pen­sons qu'il faut géné­ra­li­ser ces mas­ters en alter­nance afin de fami­lia­ri­ser davan­tage les étudiants avec les réa­li­tés de l'enseignement, d'assurer le sou­tien sco­laire à des petits groupes d'élèves puis, pro­gres­si­ve­ment de prendre la res­pon­sa­bi­lité de toute une classe. Cette mesure vise à amé­lio­rer l'entrée dans le métier des jeunes ensei­gnants, mais aussi à élar­gir la base sociale de leur recru­te­ment, l'alternance étant rému­né­rée. Il s'agirait donc de ren­for­cer le sou­tien péda­go­gique des jeunes ensei­gnants lors de stages pré-mastérisation.

Comment mieux lut­ter contre l'illettrisme et le nombre d'élèves "décrocheurs" ?

La pré­ven­tion de l'illettrisme com­mence à l'école mater­nelle et se pro­longe durant toute la sco­la­rité élémen­taire. Nous pro­po­sons de consa­crer la mater­nelle comme un véri­table moment d'apprentissage en ren­dant l'assiduité obli­ga­toire dès lors que les enfants sont ins­crits à l'école. Lorsque nous pro­po­sons des évalua­tions régu­lières, en CE1 et en début de CM2, c'est pour que l'école s'organise afin que 100% des élèves arrivent au col­lège en maî­tri­sant les fon­da­men­taux. Pourquoi ne pas ima­gi­ner que les ensei­gnants, en début de CM2, évaluent le niveau des élèves ? Il ne s'agirait pas d'un exa­men mais d'une cer­ti­fi­ca­tion des pro­fes­seurs sur l'acquisition des fon­da­men­taux. Elle per­met­trait de repé­rer les élèves en dif­fi­culté et de ren­for­cer le suivi per­son­na­lisé de ces der­niers, pour qu'en fin de CM2, tous sachent lire, écrire et comp­ter cor­rec­te­ment. Concernant les jeunes décro­cheurs, il faut évidem­ment pour­suivre et ampli­fier l'action enga­gée par le gou­ver­ne­ment : sur les 254 000 jeunes de plus de 16 ans désco­la­ri­sés repé­rés, 72 000 sont sui­vis par les mis­sions locales de l'emploi pour reprendre une for­ma­tion et accé­der à une qua­li­fi­ca­tion ou un diplôme.

Estimez-vous que l'école rem­plit son rôle ? Pensez-vous qu'il faille le redé­fi­nir en ce début de 21e siècle pour retrou­ver une meilleure efficacité ?

Je ne crois pas au "grand soir", avec une réforme magique qui, en une jour­née, régle­rait tous les pro­blèmes. Je crois encore moins à la réso­lu­tion de tous les pro­blèmes par l'augmentation des moyens. Le com­bat pour l'école, c'est un com­bat quo­ti­dien, avec les ensei­gnants, avec les chefs d'établissement et avec les parents. Relever le défi de la démo­cra­ti­sa­tion de l'enseignement, c'est per­mettre à tous les élèves d'être recon­nus à leur juste valeur. Il n'y a pas une forme unique d'excellence, mais une grande diver­sité, qui doit être recon­nue par la société et par l'école. Outre les parents, les pre­miers arti­sans de la réus­site des élèves sont les pro­fes­seurs. Aussi est-il fon­da­men­tal de reva­lo­ri­ser leur métier, de faire res­pec­ter leur auto­rité, fon­de­ment de la trans­mis­sion du savoir, de leur don­ner de nou­velles pers­pec­tives de tra­vail, plus efficaces.

Charles Centofanti

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caroudel
le 18 novembre 2011

De nou­velles pers­pec­tives ? la sup­pres­sion des postes, des RASED, des rem­pla­çants, la for­ma­tion ini­tiale tor­pillée, la for­ma­tion conti­nue dimi­nuée, le jour de carence, l’allongement des éche­lons pour dimi­nuer les salaires, les coti­sa­tions sociales aug­men­tées, des direc­teurs petits chefs taillables et cor­véables à merci, la sta­bi­lité du point d'indice, etc.…
La grève devient inutile devant tant de sur­dité.
Seul le vote frei­nera cette déca­dence orga­ni­sée dont l’objectif pas si loin­tain est la pri­va­ti­sa­tion des écoles.
Le vote, dès le pre­mier tour pour le pré­sident sou­haité sera la seule réponse qu’on peut espé­rer efficace.

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gyther
le 19 novembre 2011

Bien vu mon­sieur Copé !
Mais que restera-t-il de toutes ces mesures une fois réécrites par les hauts fonc­tion­naires de l'Education Nationale ?
Depuis 40 ans, aucun ministre n'est par­venu à les mettre au pas. Vous déci­dez mais ils font ce qu'ils veulent.
Et eux, ils ne sont jamais mis en cause, ce qui n'est le cas ni des ensei­gnants, ni des ministres de l'Education.

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Moi
le 26 novembre 2011

Bouffonneries d'un pri­vi­lé­gié qui ne connaît pas l'école. Surprenant que ce mon­sieur puisse en dire quelque chose

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ly84
le 9 décembre 2011

Tous des irres­pon­sables ces chefs d'établissements et ces ensei­gnants. Ils sont tel­le­ment pri­vi­lé­giés, on se demande pour­quoi il y a de moins en moins de pos­tu­lants pour ces postes ! Heureusement nos hommes poli­tiques eux sont res­pon­sables et pas pri­vi­lé­giés du tout !

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