10.11.2011

Jean Dujardin et Michel Hazanavicius ramènent "The Artist" à Hollywood

"The Artist", l'hommage du cinéaste fran­çais Michel Hazanavicius au cinéma muet amé­ri­cain, tourné à Hollywood, connaît cette semaine les hon­neurs du fes­ti­val AFI Fest de l'American Film Institute à Los Angeles, avant sa sor­tie aux Etats-Unis, pré­lude à la cam­pagne des Oscars.

Après une pro­jec­tion cha­leu­reu­se­ment applau­die mardi soir dans l'enceinte his­to­rique du Chinese Theatre, sur Hollywood Boulevard, l'équipe du film au grand com­plet a ren­con­tré mer­credi la presse américaine.

Face à des jour­na­listes à la curio­sité piquée par cet étrange objet ciné­ma­to­gra­phique, hom­mage fran­çais à l'âge d'or du muet hol­ly­woo­dien, dont il reprend tous les codes, Jean Dujardin a expli­qué que "si le film est muet pour les spec­ta­teurs, pour nous les acteurs, il était parlant".

"Nous avions des dia­logues, il y avait du bruit sur le pla­teau... Nous avons tra­vaillé comme sur un film nor­mal, c'était très vivant", a déclaré l'acteur, à qui le rôle de George Valentin — une star du muet qui sombre dans l'oubli après l'avènement du par­lant — a valu le prix d'interprétation au der­nier Festival de Cannes.

Il a pré­cisé s'être ins­piré des grandes icônes hol­ly­woo­diennes telles que "Douglas Fairbanks, prin­ci­pa­le­ment, mais aussi Gene Kelly, pour le sou­rire et l'énergie, ou Clark Gable... pour la moustache".

Le cinéaste Michel Hazanavicius a pour sa part expli­qué qu'entre tous les ciné­mas muets natio­naux des années 20 — russe, alle­mand, fran­çais... –, il avait fina­le­ment jeté son dévolu sur les films amé­ri­cains "car ce sont ceux qui soi­gnaient le plus l'histoire".

"Les sen­ti­ments décrits dans les chefs d'oeuvre de cette époque sont humains, basés sur des sen­ti­ments réels, et c'est ce que je recher­chais", a-t-il dit.

Le réa­lis­teur des pas­tiches "OSS", où s'illustrait déjà Jean Dujardin, a égale­ment sou­li­gné son plai­sir et son émotion d'avoir pu tour­ner à Hollywood, et d'y avoir trouvé les ves­tiges tou­jours pré­sents de l'âge d'or des studios.

Le film sor­tira le 23 novembre en Amérique du Nord, où il est dis­tri­bué par The Weinstein Company, des frères Weinstein (anciens patrons et fon­da­teurs de Miramax), pas­sés maîtres dans l'art de récol­ter les Oscars.

La pré­sence pro­lon­gée de l'équipe du film à Hollywood depuis le début du mois ne laisse d'ailleurs aucun doute sur les ambi­tions du film, déjà en cam­pagne pour les pré­cieuses statuettes.

Les nomi­na­tions aux Oscars seront annon­cées le 24 jan­vier, avant la remise des tro­phées le 26 février.


 

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