09.11.2011

Seal retrouve le panthéon de la soul avec son dernier album

Il chante la soul dont "les paroles res­tent" et conti­nue d'admirer Obama, jugeant que les gens ont la mémoire courte : à 48 ans, le chan­teur bri­tan­nique Seal sort un nou­vel album, "Soul II", trois ans après un pre­mier opus de reprises qui lui avait valu un suc­cès mondial.

Et n'en déplaise aux fans de la pre­mière heure, ceux de "Crazy" et de "Killer", avec ce nou­vel opus de stan­dards de la soul qui sort en France en pre­mière mon­diale, le beau black au man­teau de cuir des années 90, mul­ti­primé aux grammy awards et qui a vendu près de 20 mil­lions d'albums, parle d'une "suite logique" de ce qu'il avait entamé en 2008.

A l'époque, "Soul" s'était vendu à plus d'un mil­lion d'exemplaires en France et avait été disque d'or ou de pla­tine dans de nom­breux pays.

"Soul II" est dans les bacs depuis lundi, un an après "Committment", un album de titres inédits : une alter­nance entre ori­gi­naux et reprises que le chan­teur explique comme une "nécessité".

"Parce que je suis d'abord un auteur", dit Seal dans un entre­tien à l'AFP. "J'adore écrire car quand on écrit c'est un peu comme si on ras­sem­blait tout ce qu'on vit pour le tra­duire en mots, en chan­sons. Mais en même temps j'ai un nou­veau public qui entend ma voix pour la pre­mière fois (dans ces reprises) et un public plus ancien qui aime m'entendre chan­ter ainsi, alors je conti­nue de faire la musique qu'ils aiment", ajoute-t-il.

Dans "Soul II", Seal renoue avec le pan­théon de la soul sur un rythme et des accents roman­tiques qui donnent à sa voix une nou­velle dimen­sion. Pour cela, il a choisi les plus grands et une majo­rité de bal­lades : Bill Withers, Rose Royce, Teddy Pendergrass, The Chi-Lites, The Miracles, Marvin Gaye, The Showstoppers, The O'Jays, The Spinners, Al Green et The Delfonics.

Comme pour "Soul", il a tra­vaillé avec les pro­duc­teurs Trévor Horn (qui avait pro­duit trois de ses albums, Seal, Seal I et Human Being) et David Foster (Soul, Committment).

"Dans la soul, explique-t-il, le plus impor­tant ce sont les paroles (...). Les idées vont et viennent mais les paroles res­tent. Peu importe qu'ils aient 50, 60 ou deux ans, si les paroles sont bonnes, les gens y seront tou­jours sensibles".

Groove et Obama

Les paroles, Seal y tra­vaille encore sur un nou­vel album d'inédits "très groove", un style "qui s'est imposé peu à peu à force de jouer sur scène".

Et s'il se défend d'exprimer toute opi­nion poli­tique, il ne cache pas son admi­ra­tion pour le pays où il a élu domi­cile il y a plus de 15 ans, et pour celui qui le dirige, Barack Obama.

C'est autour de l'élan sus­cité par sa can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle de 2008, puis pour célé­brer sa vic­toire, que Seal avait enre­gis­tré une reprise de Sam Cooke "A change is gonna come" et "Soul".

"Ce n'est pas Obama qui a été à l'origine de cet album mais les gens eux-mêmes ! Obama a cris­tal­lisé leur envie de chan­ge­ment", dit Seal, emporté par l'évocation.

Lorsqu'on l'interroge sur le bilan du grand homme "dans un contexte morose", il s'enflamme: "les gens sont amné­siques ! Ils oublient les mil­liards de dol­lars de défi­cit dont a hérité Obama, ils oublient qu'il a hérité d'une situa­tion de chiotte d'un point de vue écono­mique, ils oublient que l'Amérique était dans un tel état de faillite à cause de l'administration Bush...Pour n'importe qui c'était un bou­lot très, très dur".

"Attendre d'un seul homme qu'il change les choses c'est ridi­cule. Les gens doivent se chan­ger eux-mêmes".


 

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