08.11.2011
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La Cité de la musique mélange élèves et musiciens pros pour le concert "Take a bow"

Le pro­jet "Take A Bow!" per­met à des musi­ciens sco­laires débu­tants de s'entraîner et de jouer un concert avec les pro­fes­sion­nels du London Symphony Orchestra.

Répétition d'élèves pour le projet de concert Take A BowDans le cadre du pro­jet Take A Bow!, des élèves sco­laires débu­tants et des musi­ciens pro­fes­sion­nels du London Symphony Orchestra (LSO), ainsi que tous les niveaux inter­mé­diaires (cycle 1 à 3 du conser­va­toire), se pré­parent pen­dant un an pour jouer ensemble lors d'un concert final, avec des ins­tru­ments à cordes exclu­si­ve­ment. L'initiative est recon­duite depuis 4 ans à Paris; elle existe depuis 8 ans à Londres. « L'émulation est à la base du pro­jet : chaque musi­cien, du grand débu­tant au pré-professionnel, est ins­piré par le niveau supé­rieur », explique Craig Thorne, en charge des pro­jets péda­go­giques du LSO.

Sur les quelque 125 musi­ciens qui mon­te­ront cette année sur scène à la Salle Pleyel, dimanche pro­chain, la grande majo­rité sont des élèves du pri­maire ou du secon­daire qui n'ont jamais par­ti­cipé à un concert. Les plus jeunes ont 6 ou 7 ans. Peu de classes entières par­ti­cipent au pro­jet, la plu­part des élèves sont des petits groupes pous­sés par leur pro­fes­seur de musique. A l'exception notable des élèves de Benoît Foucher, pro­fes­seur de musique au col­lège Anatole France de Sarcelles (Val-d'Oise).

« Le tra­vail d'un ins­tru­ment peut dis­ci­pli­ner les élèves »

Ce pro­fes­seur de musique enseigne le vio­lon à des classes jugées dif­fi­ciles, et fait mas­si­ve­ment par­ti­ci­per ses élèves à cette expé­ri­men­ta­tion. « Au début, ils n'y vont pas for­cé­ment de leur plein gré... Mais les répé­ti­tions, les ren­contres avec les musi­ciens anglais à Paris, les font vite chan­ger d'avis », explique Benoît Foucher. Et le pro­jet a des ver­tus péda­go­giques qui dépassent le seul cadre musi­cal. « Il n'y a pas de miracle, ce n'est qu'un levier péda­go­gique. Mais le tra­vail d'un ins­tru­ment, avec sa pro­gres­sion lente et régu­lière, peut dis­ci­pli­ner les élèves, les sen­si­bi­li­ser au tra­vail sco­laire en géné­ral. » Si l'expérience porte ses fruits, l'élève s'inscrit géné­ra­le­ment au conser­va­toire. Les élèves par­ti­ci­pants reviennent sou­vent d'une année sur l'autre.

Laurent Quénelle violoniste du LSO

Le vio­lo­niste Laurent Quénelle par­ti­cipe à la for­ma­tion des élèves.

Au cours de l'année, huit ses­sions envi­ron sont orga­ni­sées avec les débu­tants, pen­dant des week-ends, pour les répé­ti­tions sous la direc­tion de quelques musi­ciens du London Symphony Orchestra. Les musi­ciens plus confir­més n'interviennent que vers la fin du pro­jet. Il n'est pas évident de trou­ver le bon réper­toire pour accor­der tous ces niveaux : « Nous tra­vaillons sur des oeuvres ori­gi­nales, com­po­sées ou arran­gées spé­cia­le­ment pour ce pro­jet », explique Laurent Quénelle, musi­cien du LSO. « Les débu­tants vont jouer une note quand les pro­fes­sion­nels vont en jouer huit, bien que tous par­ti­cipent à l'harmonie. » Lors du concert, quatre des six mor­ceaux au pro­gramme font inter­ve­nir tout le monde. Un seul des mor­ceaux est réservé aux musi­ciens du LSO, pour leur per­mettre d'illustrer leur virtuosité.

« Le pro­jet repose sur une mon­tée pro­gres­sive de l'excitation »

Ce pro­jet est égale­ment un temps d'échanges et de per­fec­tion­ne­ment pour les pro­fes­seurs, en binôme avec des musi­ciens de l'orchestre. Les musi­ciens ins­pirent les par­ti­ci­pants par leur maî­trise de l'instrument, tan­dis que les pro­fes­seurs apportent leur expé­rience de la pra­tique col­lec­tive. « Ce croi­se­ment de regards et de com­pé­tences est béné­fique pour tout le monde », observe Julie David, res­pon­sable péda­go­gique pour la Cité de la musique.

L'ensemble final sera dirigé par le célèbre chef d'orchestre fran­çais François-Xavier Roth. « On essaie tou­jours d'avoir un chef d'orchestre pres­ti­gieux, parce que c'est une autre oppor­tu­nité pour les jeunes », note Craig Thorne. « Souvent, les élèves ne réa­lisent pas ce que cela repré­sente avant le der­nier jour. C'est un pro­jet qui repose sur l'accumulation, sur une mon­tée pro­gres­sive de l'excitation : le tra­vail à l'école, les répé­ti­tions avec d'autres jeunes, les ren­contres avec le LSO, et enfin le concert tous ensemble ! »

« C'est génial pour un musi­cien de pas­ser son savoir »

Le London Symphony Orchestra est impli­qué dans de nom­breuses autres ini­tia­tives péda­go­giques : ini­tia­tion musi­cale, for­ma­tion des ensei­gnants, pro­gramme d'aide aux jeunes talents, mas­ter classes, ate­liers de mixage... ainsi que la ver­sion anglaise, ori­gi­nale, de Take A Bow! : "LSO on track". Les musi­ciens du LSO ne se font pas prier pour par­ti­ci­per à ces pro­grammes. « C'est génial pour un musi­cien de pas­ser son savoir », résume le vio­lo­niste Laurent Quénelle.

Le pro­gramme Take A Bow! de la Cité de la Musique ne sera pas recon­duit l'an pro­chain, mais des pro­grammes simi­laires seront main­te­nus, tel que A toi de jouer, qui per­met à des jeunes issus de centres sociaux d'être for­més par des musi­ciens pro­fes­sion­nels et débouche de la même façon sur un impres­sion­nant concert de clôture.


Concert Take A Bow! ce dimanche 13 novembre à 16h à la Salle Pleyel.
Réservation pos­sible en ligne. Programme.

Reportage sur le concert de l'an der­nier (en anglais) :

Quentin Duverger


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