02.11.2011
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Histoire des arts : j'ai construit ce livre à partir de ce qui marchait avec les enfants

A l'occasion de la sor­tie du livre "25 Séquences en his­toire des arts" pour le cycle 3 aux éditions Retz, Catherine Faivre-Zellner, co-auteure, répond à nos ques­tions. Et nous explique en quoi l'ouvrage est spécifique.

Comment est née l'idée de cet ouvrage ?

J'ai com­mencé mon tra­vail en his­toire des arts au cours de l'année sco­laire 2000–2001, c'est-à-dire avant la publi­ca­tion des Instructions Officielles, auprès d'élèves de CM2. C'était d'abord par goût per­son­nel (je suis ensei­gnante du pre­mier degré mais aussi doc­teur de l'Université Paris 3 et qua­li­fiée aux fonc­tions de maître de confé­rences) mais aussi parce que je vou­lais lier la pra­tique des arts plas­tiques en CM2 à la confron­ta­tion des oeuvres patrimoniales.

Les "grands" de CM2 ont ainsi pu "patouiller" comme les autres, avec cet argu­ment d'autorité : ce n'est pas du patouillage de bébé ! Des exemples d'activités ? On est en train de recher­cher la palette de Van Gogh... Ou alors on va créer les mains posi­tives de Gargas...

Bref, les CM2 étaient bien contents au cours de ces acti­vi­tés et, sur­tout, ils étaient curieux de l'univers artis­tique. L'année sui­vante, j'ai tra­vaillé de façon plus "car­rée", com­men­çant par l'art de la Préhistoire, ter­mi­nant par le XXe siècle. Et puis j'ai conti­nué, en ajus­tant au mieux les séquences avec l'intérêt que les élèves por­taient aux oeuvres pré­sen­tées. Il y a eu des grands flops mais aussi des sur­prises. Par exemple, pour le Moyen Age, j'avais construit une séquence qui com­pa­rait mos­quée, cathé­drale et syna­gogue. Ce fut entiè­re­ment raté. Les élèves s'ennuyaient. Inversement, j'ai lancé la Chanson de Roland (telle qu'elle est dans l'ouvrage) et ça a mar­ché au-delà de ce que je pou­vais attendre.

Donc cet ouvrage s'est construit petit à petit par ajus­te­ments pro­gres­sifs et Olivia (1), conseillère péda­go­gique, veillait à la per­ti­nence péda­go­gique de ces ajustements.

Comment s'est fait le choix des œuvres présentées ?

Le choix des oeuvres s'est égale­ment construit par ajus­te­ment. Comme vous l'avez com­pris, il s'agit dans cet ouvrage de per­mettre aux élèves de s'emparer du domaine Histoire des arts, c'est-à-dire de leur don­ner des clefs, des outils d'investigation, plu­tôt que de dres­ser un cata­logue. C'est pour­quoi on trouve, à côté des incon­tour­nables comme le por­trait de Louis XIV ou le châ­teau de Chenonceaux, des oeuvres plus per­ti­nentes pour l'étude de grandes notions comme la com­po­si­tion par exemple.

Le livre répond-il à un besoin chez les pro­fes­seurs des écoles ?

Je pense que cet ouvrage répond à un besoin. De fait, il y a peu de pistes péda­go­giques pour le pre­mier degré dans les textes qui accom­pagnent la mise en place de la discipline.

Par ailleurs, la plu­part des éditeurs pro­posent aux ensei­gnants ces fameux "cata­logues" que j'évoquais plus haut. En outre, les maîtres n'ont pas reçu de for­ma­tion spé­ci­fique à l'enseignement de la dis­ci­pline. Enfin, les docu­ments d'accompagnement sont plu­tôt des listes d'oeuvres, clas­sées par caté­go­rie. Avec ce livre, il s'agit de construire une cohé­rence, de mettre du lien entre des objets d'art, syn­chro­ni­que­ment et dia­chro­ni­que­ment. Pour les élèves mais aussi pour les ensei­gnants. C'est pour­quoi chaque séquence et chaque thème sont intro­duits par quelques pages d'informations, et qu'ils sont pré­sen­tés sous forme de ques­tions : au cha­pitre Moyen Age, vous trou­ve­rez par exemple les séquences sui­vantes, "Arts de l'espace : Qu'est-ce qu'une archi­tec­ture reli­gieuse",  "Arts du quo­ti­dien : Qu'est-ce qu'une com­po­si­tion ?", "Arts du spec­tacle : Qu'est-ce qu'un mys­tère ?" (voir le som­maire com­plet et des extraits du livre  ).

Avez-vous une recette pour inté­res­ser les enfants à l'histoire des arts ?

La recette ? C'est comme pour la lec­ture : un maître pas­sionné de lec­ture aura sou­vent des élèves bons lec­teurs. J'emploie à des­sein cette com­pa­rai­son parce que l'optique dans laquelle a été conçu ce livre res­semble fort à celle de Pennac et de ses "com­man­de­ments" au lec­teur. Il s'agit d'abord et avant tout d'avoir du plai­sir à regar­der les oeuvres.

Sandra Ktourza


Note(s) :
  • (1) Olivia Lequeu, co-auteure de l’ouvrage
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