Histoire des arts : j’ai construit ce livre à partir de ce qui marchait avec les enfants

Chronik'éduc

A l'occasion de la sortie du livre "25 Séquences en histoire des arts" pour le cycle 3 aux éditions Retz, Catherine Faivre-Zellner, co-auteure, répond à nos questions. Et nous explique en quoi l'ouvrage est spécifique.

Comment est née l’idée de cet ouvrage ?

J’ai commencé mon travail en histoire des arts au cours de l’année scolaire 2000-2001, c’est-à-dire avant la publication des Instructions Officielles, auprès d’élèves de CM2. C’était d’abord par goût personnel (je suis enseignante du premier degré mais aussi docteur de l’Université Paris 3 et qualifiée aux fonctions de maître de conférences) mais aussi parce que je voulais lier la pratique des arts plastiques en CM2 à la confrontation des oeuvres patrimoniales.

Les « grands » de CM2 ont ainsi pu « patouiller » comme les autres, avec cet argument d’autorité : ce n’est pas du patouillage de bébé ! Des exemples d’activités ? On est en train de rechercher la palette de Van Gogh… Ou alors on va créer les mains positives de Gargas

Bref, les CM2 étaient bien contents au cours de ces activités et, surtout, ils étaient curieux de l’univers artistique. L’année suivante, j’ai travaillé de façon plus « carrée », commençant par l’art de la Préhistoire, terminant par le XXe siècle. Et puis j’ai continué, en ajustant au mieux les séquences avec l’intérêt que les élèves portaient aux oeuvres présentées. Il y a eu des grands flops mais aussi des surprises. Par exemple, pour le Moyen Age, j’avais construit une séquence qui comparait mosquée, cathédrale et synagogue. Ce fut entièrement raté. Les élèves s’ennuyaient. Inversement, j’ai lancé la Chanson de Roland (telle qu’elle est dans l’ouvrage) et ça a marché au-delà de ce que je pouvais attendre.

Donc cet ouvrage s’est construit petit à petit par ajustements progressifs et Olivia (1), conseillère pédagogique, veillait à la pertinence pédagogique de ces ajustements.

Comment s’est fait le choix des œuvres présentées ?

Le choix des oeuvres s’est également construit par ajustement. Comme vous l’avez compris, il s’agit dans cet ouvrage de permettre aux élèves de s’emparer du domaine Histoire des arts, c’est-à-dire de leur donner des clefs, des outils d’investigation, plutôt que de dresser un catalogue. C’est pourquoi on trouve, à côté des incontournables comme le portrait de Louis XIV ou le château de Chenonceaux, des oeuvres plus pertinentes pour l’étude de grandes notions comme la composition par exemple.

Le livre répond-il à un besoin chez les professeurs des écoles ?

Je pense que cet ouvrage répond à un besoin. De fait, il y a peu de pistes pédagogiques pour le premier degré dans les textes qui accompagnent la mise en place de la discipline.

Par ailleurs, la plupart des éditeurs proposent aux enseignants ces fameux « catalogues » que j’évoquais plus haut. En outre, les maîtres n’ont pas reçu de formation spécifique à l’enseignement de la discipline. Enfin, les documents d’accompagnement sont plutôt des listes d’oeuvres, classées par catégorie. Avec ce livre, il s’agit de construire une cohérence, de mettre du lien entre des objets d’art, synchroniquement et diachroniquement. Pour les élèves mais aussi pour les enseignants. C’est pourquoi chaque séquence et chaque thème sont introduits par quelques pages d’informations, et qu’ils sont présentés sous forme de questions : au chapitre Moyen Age, vous trouverez par exemple les séquences suivantes, « Arts de l’espace : Qu’est-ce qu’une architecture religieuse »,  « Arts du quotidien : Qu’est-ce qu’une composition ? », « Arts du spectacle : Qu’est-ce qu’un mystère ? » (voir le sommaire complet et des extraits du livre  ).

Avez-vous une recette pour intéresser les enfants à l’histoire des arts ?

La recette ? C’est comme pour la lecture : un maître passionné de lecture aura souvent des élèves bons lecteurs. J’emploie à dessein cette comparaison parce que l’optique dans laquelle a été conçu ce livre ressemble fort à celle de Pennac et de ses « commandements » au lecteur. Il s’agit d’abord et avant tout d’avoir du plaisir à regarder les oeuvres.

Note(s) :
  • (1) Olivia Lequeu, co-auteure de l’ouvrage

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