30.10.2011

Courrier du jazz et des musiques du monde: Vinicius Cantuaria, l'orfèvre brésilien

L'orfèvre-musicien bré­si­lien Vinicius Cantuaria à Paris. Vinicius Cantuaria, gui­ta­riste mini­ma­liste qui polit disque après disque des sam­bas et des bos­sas extrê­me­ment raf­fi­nées et épurées, sera en concert à Paris du 1er au 3 novembre au Duc des Lombards. Sur son der­nier album, "Samba Carioca" (Naïve), Vinicius Cantuaria conti­nuait de peau­fi­ner ses sam­bas et bos­sas tami­sées, avec comme invi­tés le pia­niste Brad Mehldau et le gui­ta­riste Bill Frisell, autre musi­cien pui­sant son inven­ti­vité dans les musiques popu­laires. Après une enfance à Manaus dans l'Amazonie, cet orfèvre s'est taillé à Rio une belle répu­ta­tion de musi­cien et com­po­si­teur, avant d'émigrer en 1996 à New York où il concocte depuis dans son atelier-studio de Brooklyn une musique bré­si­lienne du 21e siècle, bruis­sant de sons élec­tro­niques, imper­cep­tibles mais omniprésents.

- Nouveau disque et concert pari­sien pour le Cap-verdien Tcheka. Le gui­ta­riste et chan­teur Tcheka, qui renou­velle les musiques et les rythmes de son île cap-verdienne de Santiago, a publié en sep­tembre son qua­trième album, "Dor de Mar" (RCA Victor/BMG), et sera en concert à Paris (Café de la Danse) le 4 novembre. Tcheka a grandi hum­ble­ment, dans un vil­lage de pêcheurs. Son père vio­lo­niste l'a ini­tié aux musiques rurales de son île, la plus afri­caine de l'archipel, et à ses rythmes. Tcheka les a trans­crits sur sa gui­tare et les dyna­mise en appor­tant par petites touches d'autres sono­ri­tés, trom­pette ou gui­tare élec­trique. Dans ce souci d'ouverture, "Lonji" (Lusafrica), un de ses pré­cé­dents disques, avait été enre­gis­tré au Brésil et pro­duit par Lenine, réno­va­teur des musiques et rythmes du Nordeste brésilien.

- Madeleine Peyroux revient à Paris. La chan­teuse new-yorkaise Madeleine Peyroux, dont le nou­vel album "Standing on the Rooftop" (Universal-Jazz) se situe tou­jours entre jazz, folk, blues, avec une pointe nou­velle de soul, revient à Paris (7 novembre au Bataclan), après un triomphe cet été au Trianon. Dès son pre­mier album, "Dreamland", en 1996, Madeleine Peyroux, par sa manière d'interpré/DSter des chan­sons d'une voix douce mais bri­sée dif­fu­sant une cer­taine mélan­co­lie, fut com­pa­rée à Billie Holiday. Comparaison trop lourde pour cette jeune femme tour­men­tée et fra­gile, qui dis­pa­rut pen­dant huit ans avant de reve­nir en 2004 avec "Careless Love". Madeleine Peyroux a depuis publié trois autres disques, tou­jours dans un registre "cros­so­ver", avec l'art d'interpréter en demi-teinte des chan­sons de Bob Dylan, Tom Waits ou John Lennon, et aussi les siennes. Elle s'attaque aussi par­fois sur scène aux mythes de la chan­son fran­çaise, Edith Piaf ("La Vie en rose") ou Serge Gainsbourg ("La Javanaise").

- Pierrick Pédron: nou­vel album et trois soi­rées pari­siennes. Le saxo­pho­niste Pierrick Pédron publie l'album "Cheerleaders" (ACT), dans la même for­ma­tion que le pré­cé­dent "Omry" où il était passé d'un jazz acous­tique à un jazz-fusion ouvert à l'électro et au rock. Le groupe sera en concert à Paris (Sunset) les 3, 4 et 5 novembre. Les lignes mélo­diques de l'alto de Pédron se posent tou­jours sur les tex­tures sonores élabo­rées par Vincent Artaud aux pro­gram­ma­tions, sou­te­nues par deux bat­teurs, Franck Aghulon et Fabrice Moreau, qui donnent un sup­plé­ment d'énergie à l'ensemble. Pierrick Pédron s'était fait remar­quer en 2006 avec "Deep in a dream" (Nocturne), où il jouait un jazz acous­tique. Epaulé par une ryth­mique amé­ri­caine avec le bat­teur Lewis Nash et le pia­niste Mulgrew Miller, il élevait sur ce disque le niveau de son jeu et fai­sait preuve de belles qua­li­tés de mélodiste.


 

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