Les professeurs, des êtres autocratiques et autoritaires ?

24.10.2011 4
Un col­lé­gien de 3e cri­tique "l'injustice" du pou­voir dont sont inves­tis les ensei­gnants dans un petit ouvrage au titre évoca­teur : "La supré­ma­tie des pro­fes­seurs est-elle juste ?"

"Lecture décon­seillée au corps ensei­gnant !" L'avertissement imprimé en rouge sur la cou­ver­ture du livre d'Emilio Bouzamondo donne le ton de l'ouvrage. La lec­ture de La supré­ma­tie des pro­fes­seurs est-elle juste ? risque en effet de frois­ser la sen­si­bi­lité des ensei­gnants les plus sus­cep­tibles ! Ce petit livre au titre pro­vo­ca­teur est un pam­phlet contre l'autorité abu­sive des pro­fes­seurs et les "infâmes sup­plices" endu­rés par les élèves sou­mis à leur autocratie.

Une semaine d'exclusion après l'écriture de l'ouvrage

La supré­ma­tie des pro­fes­seurs est-elle juste ? a été écrit après une alter­ca­tion d'Emilio Bouzamondo avec un pro­fes­seur. Révolté par l'"étroiture (sic) d'esprit" et la "ten­dance à tout exa­gé­rer" de ses ensei­gnants, Emilio s'est lancé dans l'écriture d'un texte des­tiné à "réor­ga­ni­ser les pen­sées des élèves oppri­més en un ouvrage phi­lo­so­phique". Ce manus­crit, remis à son pro­fes­seur de fran­çais "par pro­vo­ca­tion", lui valut une semaine d'exclusion. 

Il faut dire qu'Emilio n'y va pas par quatre che­mins : les ensei­gnants sont assi­mi­lés aux "empe­reurs romains" diri­geant des "esclaves révoltés", se croyant "inves­tis d'une puis­sance divine" et employant des "moyens radi­caux com­pa­rables à la bombe ato­mique". Virulent, imper­ti­nent et sou­vent iro­nique, l'ouvrage d'Emilio a déclen­ché un buzz média­tique auquel lui-même ne s'attendait pas.

Simple pro­vo­ca­tion d'un élève en pleine crise d'adolescence ou amorce d'un dia­logue construc­tif pour amé­lio­rer la rela­tion élève-professeur ? Aux ensei­gnants de trancher !

Extrait

Non, sérieu­se­ment, les tra­di­tion­na­listes sont très nom­breux et res­tent figés sur des valeurs sem­blables à celles décrites dans l'avant-propos. Malgré une réju­vé­na­tion récente au sein du corps ensei­gnant de tous les col­lèges, qui sem­blait pro­mettre une alter­na­tive au pro­blème sui­vant : l'étroitesse d'esprit des pro­fes­seurs, rien ne vient à chan­ger. Sachant que ces der­niers ont un métier, une grande connais­sance dans la matière qu'ils enseignent (en théo­rie), et qu'en face d'eux se trouvent des (pré)adolescents sans grandes connais­sances, ils se per­mettent une arro­gance assez dépla­cée.

La supré­ma­tie des ensei­gnants est-elle juste ? Emilio Bouzamondo, éditions Praelego, juin 2011.

Elsa Doladille

 

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Vos réactions :

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Vieux schnock
le 26 octobre 2011

Je n'ai pas lu ton livre. .je ne m'en tiens qu'à la pré­sen­ta­tion qui en est faîte. Simplement deux remarques: Essaie d'enseigner dans une classe équi­va­lente à la tienne ( dont tu serais ) avec tes prin­cipes... Le rap­port entre celui qui enseigne et l'élève n'est pas un rap­port égali­taire, cela ne l'a jamais été. Ce qu'il y faut c'est de l'empathie et du res­pect dans les deux sens, foin "d'étroiture d'esprit" tu n'as peut-être pas eu j'allais dire de bons maîtres, quel mot scan­da­leux sans doute à tes yeux. J'en ai eu , et je leur res­te­rai éter­nel­le­ment reconnaissant,de ce qu'ils mont appris de la vie. J'ai été leur élève, et je pense qu'ils m'ont éffec­ti­ve­ment élevé.Ceci dit c'est à ton âge que l'on se révolte... Un jour tu auras des enfants ados...plus tard; beau­coup plus tard tu reli­ras ce que tu as écrit....

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MYTAILORISRICH
le 27 octobre 2011

Bravo, je trouve tres sympa qu' un ado prenne la plume pour se révol­ter par écrit! C'est une action posi­tive, créa­trice et cou­ra­geuse, la révolte contre l'autorité est un des seuls moyens de la jugu­ler, mais il ne faut pas nier aux profs TOUTE l'autorité, sans cela ça sera le bazar!

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tacot
le 7 novembre 2011

Bravo ! cela fait 10 ans que mon fils est sco­la­risé et ça fait 10 ans qu'il subit l'injustice, l'exclusion, la dis­cri­mi­na­tion et l'incompréhension des profs, "nor­mal" il est pré­coce et ça fait peur aux profs l'intelligence. Aujourd'hui il est en 5ème et rien n'a changé. Si je devais écrire un livre l'éducation natio­nale tout entière ferait un malaise.

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tacot
le 7 novembre 2011

Beaucoup de livres comme le tien devraient être édités, nous sommes en 2011 et les méthodes éduca­tives datent encore de l'an 1880. Nous sommes à l'ère du numé­rique et les élèves doivent tou­jours sor­tir les feuilles et les crayons. J'ai véri­fié le clas­seur de techno de mon fils, le clas­seur est vide, pas un cours, que fait-il le prof à ses élèves, mon fils en a ras le bol donc dis­sipé parce qu'il s'ennuie et le prof l'exclut et lui colle des bulles sur ses inter­ros pour son com­por­te­ment, il ne note pas les connais­sances; LAMENTABLE.

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