17.10.2011
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Guy Georges : "un enfant nul, ça n'existe pas"

Guy Georges pré­sen­tait ce matin dans les locaux de la CASDEN son livre " i majus­cule comme Instituteur" (éditions Bruno Leprince), pré­facé par Hubert Montagner. Synthèse.

Pourquoi ce livre ? Pour Guy Georges (1), la poli­tique menée depuis 60 ans détruit l'école publique. Il fait par­tie de la géné­ra­tion des ins­ti­tu­teurs for­més dans les écoles nor­males réou­vertes juste après la guerre en 1945. Elles avaient été fer­mées par le régime de Vichy, et pour ces ensei­gnants, il fal­lait recons­truire la République au tra­vers de l'école.

Aujourd'hui, l'école de la République est mena­cée. L'ascenseur social est en panne, les pré­ceptes de l'école fon­da­men­tale ini­tiée dans les années 70 par Guy Georges et le SNI sont plus que jamais mis à mal, et pour­tant, affirme Guy Georges, l'enfant doit être au cœur de tout.

Pour lui, "un enfant nul, ça n'existe pas". Alors que l'école est de plus en plus sélec­tive, que l'on pro­jette d'évaluer les enfants dès 5 ans, ces paroles résonnent fort. Il retrace dans son livre l'histoire de l'école fon­da­men­tale, de ses idées, et aussi de son échec, faute de sou­tien poli­tique. ( Pour lire un résumé de l'histoire de l'école fon­da­men­tale et du SNI, voir ce texte "Du SNI au SE" par Jean-Claude Barbarant ancien secré­taire géné­ral du SNIPEGC puis du SE )

Un appel, à l'approche des présidentielles

Si ce livre sort main­te­nant, à l'approche de l'élection pré­si­den­tielle, ce n'est pas un hasard : il est un véri­table appel à refon­der l'école de la République, à sor­tir de l'école inéga­li­taire d'aujourd'hui, indique Guy Georges.

Il rap­pelle dans son ouvrage cer­tains des grands prin­cipes de l'école fon­da­men­tale, aux­quels il serait bon de se réfé­rer aujourd'hui :

–L'absence de rup­ture : de la mater­nelle à l'école élémen­taire, de l'école élémen­taire au col­lège, ces rup­tures étant par­ti­cu­liè­re­ment néfastes aux élèves en difficulté.

–La prise en compte de la spé­ci­fi­cité de chaque enfant, et donc la néces­saire indi­vi­dua­li­sa­tion des par­cours sco­laires. Hubert Montagner juge ainsi qu'il est absurde de pou­voir pen­ser qu'"à un âge donné, tous les enfants soient au même stade".

–La détec­tion pré­coce des han­di­caps : si un élève est mal­en­ten­dant ou mal­voyant, il aura des dif­fi­cul­tés sco­laires. Il faut l'aider le plus vite possible.

Enfin, com­plète Hubert Montagner, il ne faut pas oublier "l'unité de temps", qui signi­fie tenir compte pour chaque élève de son temps hors sco­laire. Un élève existe aussi en dehors de la classe, et dans la vie fami­liale, il peut se heur­ter à de graves carences affec­tives, qui crée­ront chez lui une "insé­cu­rité affec­tive". Si à cette insé­cu­rité vient s'ajouter l'insécurité sco­laire, le sen­ti­ment d'être "nul" à l'école, il risque de sombrer.

Une école "flexible"

Guy Georges pro­pose donc une école "flexible", capable de s'adapter à chaque élève. Une école dia­mé­tra­le­ment oppo­sée à un sys­tème où l'on évalue sans cesse, où l'on met en com­pé­ti­tion, où l'on ne récom­pense que les meilleurs.

Si l'on se réfère à l'international, le modèle par exemple du "No child left behind" aux Etats-Unis, basé sur l'évaluation per­ma­nente des élèves, est un échec, de l'avis même de ceux qui l'ont ini­tié, indique pré­ci­sé­ment le livre.

Inversement, la Finlande, où chaque élève pro­gresse à son rythme, où les élèves n'ont pas de notes jusqu'en fin de col­lège, a l'une des meilleures écoles au monde.

Enfin, sou­ligne Guy Georges, il n'existe pas d'enseignement privé en Finlande. Le pays met toute sa confiance dans son école publique laïque, dans ses élèves et dans ses ensei­gnants. A méditer...


Sandra Ktourza

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