14.10.2011
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Evaluations en maternelle : les précisions du ministère

Le DGESCO Jean-Michel Blanquer affirme que le docu­ment concer­nant l'évaluation des élèves de mater­nelle dévoilé par la presse n'est qu'une ébauche, et se défend de toute inten­tion de "fichage".

Jean-Michel Blanquer, direc­teur géné­ral de l'enseignement sco­laire, n'a pas tardé à réagir concer­nant le pro­to­cole d'évaluation des élèves en der­nière année de mater­nelle dévoilé par la presse cette semaine. Le DGESCO a notam­ment rap­pelé qu'il ne s'agissait que d'un docu­ment de tra­vail daté d'août, des­ti­née à être retra­vaillé avant sa publi­ca­tion offi­cielle pré­vue pour novembre. Les termes polé­miques d'« entraî­ne­ment » ou d'enfants à « risque », notam­ment, ne seraient que des tra­duc­tions lit­té­rales de termes anglais issus de tra­vaux de recherche ou d'études de l'OCDE sur la ques­tion, qui n'ont pas la même conno­ta­tion anxio­gène dans leur langue d'origine.

Il se défend de toute inten­tion de « fichage » des élèves à l'aide de ce dis­po­si­tif, et affirme qu'il n'y aura pas de remon­tées natio­nales, que les résul­tats res­te­ront au niveau de l'école. « Il s'agit uni­que­ment d'un outil à dis­po­si­tion des maîtres, des­tiné à les aider dans un tra­vail que, par ailleurs, ils font déjà : repé­rer des dif­fi­cul­tés pour y répondre au plus tôt », explique Jean-Michel Blanquer. Cette évalua­tion par l'enseignant sur plu­sieurs mois per­met­trait selon lui une défi­ni­tion « plus fine » des troubles de l'apprentissage : « Alors qu'aujourd'hui 10 % des enfants d'une classe d'âge sont jugés dys­pha­siques, dys­praxiques, ou dys­lexiques, seuls 5 % pré­sen­te­raient réel­le­ment ces troubles ».

Des fiches élèves, à l'intérieur du livret d'évaluation, fixent les cri­tères qui per­mettent d'évaluer la conscience pho­no­lo­gique (conscience des syl­labes), la maî­trise du lan­gage, ou encore la motri­cité de l'enfant. Mais aussi, son com­por­te­ment à l'école, un aspect de l'évaluation qui est plus dur à jus­ti­fier. Si l'élève « a géné­ra­le­ment du mal à fixer son atten­tion » et qu'il ne joue pas avec les autres dans la cour, il obtien­dra par exemple un score de 2 ou moins sur un total de 5, et son com­por­te­ment sera jugé à « haut risque ».

Les syn­di­cats ensei­gnants conti­nuent à exi­ger le retrait de ce pro­jet, de même que la FCPE, prin­ci­pale fédé­ra­tion de parents d'élèves, qui le consi­dère « direc­te­ment ins­piré du rap­port Bénisti ». Ce rap­port sur la pré­ven­tion de la délin­quance, rédigé en 2004 par une com­mis­sion par­le­men­taire, pro­po­sait de signa­ler les enfants dès leur plus jeune âge lorsqu'ils avaient des pro­blèmes de comportement.


Source(s) :
  • lepoint.fr, lefigaro.fr, nouvelobs.com, leparisien.fr, AFP, AEF

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