07.10.2011

Jean Dujardin, "Brice de Nice" devenu "The Artist"

A 39 ans, Jean Dujardin est devenu l'un des acteurs les plus deman­dés du cinéma fran­çais. Après avoir fait le zouave dans les comé­dies et paro­dié James Bond dans la série des "OSS-117", il a été cou­ronné à Cannes pour un rôle muet.

"Je vou­lais être des­si­na­teur humo­ris­tique, rou­ler en 2CV bleue et vivre dans les Pyrénées... J'ai raté ma vie en fait !" confie-t-il en riant dans le docu-portrait "Le Grand jeu" que lui consacre Canal + à l'occasion de la sor­tie de "The Artist" (dif­fu­sion le 13 octobre).

L'occasion de mesu­rer le che­min par­couru, de "Brice de Nice" en 2005, où il reprend à l'écran un per­son­nage qu'il avait créé sur scène, à ce prix d'interprétation sur la croi­sette en mai dernier.

Entretemps, il est devenu l'un des acteurs les plus "ban­kable" de ces der­nières années: sa pré­sence au cas­ting d'un film est deve­nue un gage de suc­cès au box-office et son nom appa­raît dans le clas­se­ment de tête des acteurs les mieux payés du cinéma français.

En 2011, selon un pal­ma­rès du Figaro, il occu­pait la deuxième place (2,3 mil­lions d'euros) der­rière Marion Cotillard et devant Kad Merad.

Visage très expres­sif, sou­rire rava­geur, Jean Dujardin enchaîne les rôles: devant la caméra de Jan Kounen, il incarne dans "99 francs" le publi­ci­taire en roue libre créé par Frédéric Beigbeder, ou un cow-boy comique dans "Les Dalton" d'Eric et Ramzy.

Il revient à la comédie-western un peu plus tard, prê­tant ses traits au héros de bande des­si­née "Lucky Luke" aux côtés de Michael Youn et de Sylvie Testud.

Jean Dujardin, c'est égale­ment Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117, agent secret risible et drôle qu'il inter­prète dans deux épisodes, "Le Caire, nid d'espions" et "Rio ne répond plus", des comé­dies qui rendent un hom­mage iro­nique aux films popu­laires des années 50 et déjà signées Michel Hazanavicius, le réa­li­sa­teur de "The Artist".

Sa pre­mière inter­pré­ta­tion de l'espion fran­çais lui vaut d'ailleurs une nomi­na­tion pour le César du meilleur acteur, en 2007.

A côté de ces comé­dies, l'acteur explore rapi­de­ment d'autres registres: il appa­raît dans "Le Convoyeur", un polar avec Albert Dupontel qu'il retrou­vera plus tard dans la comé­die dra­ma­tique de Bertrand Blier "Le Bruit des Glaçons" où il joue un écri­vain face à son can­cer, per­son­ni­fié par Dupontel encore.

"Contre-enquête" de Franck Mancuso, lui offre son pre­mier rôle sombre, celui d'un poli­cier à la recherche du véri­table meur­trier de sa fille.

Souvent com­paré à Jean-Paul Belmondo pour sa verve et son côté flam­boyant, Dujardin retrouve l'acteur du "Magnifique" dans "Un homme et son chien" de Francis Huster.

Dujardin a égale­ment mar­qué les esprits, autant que le box-office, avec le film de bande de Guillaume Canet, "Les Petits mouchoirs".

On le retrou­vera bien­tôt à l'affiche du pre­mier film de son ami Gilles Lellouche "Les Infidèles", série de sketches sur l'adultère.

Dujardin n'arrête pas, et pour­tant le suc­cès n'efface pas ses doutes: "J'ai besoin de ne pas y croire. C'est devenu une méthode, un doute un peu pol­luant. Mais aujourd'hui je conti­nue comme j'ai tou­jours fait: je n'ai pas de plan de car­rière", confiait-il au soir de son sacre cannois.

"Les choses me tombent des­sus et j'essaie de bien les faire".


 

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