04.10.2011
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Revue de Sèvres : "le plaisir et l'ennui à l'école"

La Revue inter­na­tio­nale d'éducation de Sèvres du CIEP pré­sen­tait ce matin, lors d'une confé­rence de presse, son der­nier numéro inti­tulé "Le plai­sir et l'ennui à l'école". Coordonnée par Laurence Cornu, phi­lo­sophe, direc­trice du Département des sciences de l'éducation de l'université de Tours, la revue traite de cette pro­blé­ma­tique éduca­tive majeure à tra­vers plu­sieurs pays. Présentation du numéro.

"Le plai­sir et l'ennui à l'école": un titre et une revue par­ti­cu­liè­re­ment pas­sion­nants pour tous ceux qui se ques­tionnent sur l'éducation.

Laurence Cornu intro­duit la pré­sen­ta­tion de la revue en indi­quant que ce qui compte glo­ba­le­ment dans un par­cours d'élève, c'est la "qua­lité de l'expérience scolaire".

Mais est-ce que tout est mis en œuvre pour la favo­ri­ser dans les établis­se­ments sco­laires et au quo­ti­dien dans les classes dans le cadre des apprentissages ?

Le lieu où l'ennui se fait le plus res­sen­tir quels que soient les pays est le col­lège, indique dans la revue l'article de Mona Ozouf. Mona Ozouf s'intéresse aussi au plai­sir à l'école, ou plu­tôt aux plai­sirs, qui peuvent être très divers : retrou­ver ses cama­rades, voir des affiches au mur etc.

Laurence Cornu note aussi qu'il y a à l'école un "bon ennui", néces­saire, celui de la matu­ra­tion, du rêve.

Une fois ces préa­lables posés, com­ment expli­quer l'ennui et com­ment favo­ri­ser le plai­sir à l'école ?

Les dif­fé­rents articles de la revue per­mettent de trou­ver des pistes de réponses, en étudiant plu­sieurs sys­tèmes éduca­tifs dans le monde.

Comparaisons dans le monde

Au Sénégal par exemple, l'obtention d'un diplôme est une grande fête. Le savoir est vénéré, et la société met beau­coup d'espoir dans l'école. L'image que la société a des ensei­gnants, la confiance qu'elle met en eux rejaillit au quo­ti­dien dans l'ambiance de la classe.

L'exemple du Portugal per­met de mieux com­prendre cette réa­lité : suite à des dis­po­si­tions inces­santes et contra­dic­toires minis­té­rielles, les ensei­gnants sont per­dus. Ils ne savent plus quel est leur rôle, ce que l'on attend pré­ci­sé­ment d'eux. Ils souffrent, leur ensei­gne­ment est mar­qué par des inco­hé­rences, et les élèves le res­sentent en classe.

En Inde, les élèves sont sou­mis à un très impor­tant stress des exa­mens : il semble être si fort qu'il gâche le plai­sir d'apprendre. C'est donc une autre pro­blé­ma­tique qui se dessine.

En Norvège, le bien-être de l'élève est ins­crit dans les poli­tiques sco­laires. Il n'a pas de notes jusqu'à la fin du col­lège. Malgré l'absence de ten­sion, les élèves ren­contrent l'ennui, au point que le pays réflé­chit à la pos­sible remise en cause de l'absence de notes, fina­le­ment créa­trices d'émulation.

Il est dif­fi­cile, on le voit, d'expliquer l'ennui à l'école et de trou­ver la cause. Il faut peut-être réflé­chir à la ques­tion du sens de ce que l'on apprend : l'élève doit pou­voir à tout moment répondre à la ques­tion, "pour­quoi m'apprend-on ça ?".

Faire aimer les textes littéraires

L'exemple d'Anne Maurel, pro­fes­seur de fran­çais en khâgne, après avoir ensei­gné de nom­breuses années en ZEP, est par­lant. Dans l'article "Faire connaître et aimer la lit­té­ra­ture en classe", elle explique com­ment elle rend attrac­tifs les textes répu­tés les plus ingrats. Elle les lit à voix nue, avec sa sen­si­bi­lité, ses hési­ta­tions, pour les rendre vivants et proches des élèves.

En conclu­sion, il res­sort de cette étude deux aspects : la néces­sité de don­ner du sens à ce que l'on apprend, l'élève doit tou­jours savoir pour­quoi il apprend telle ou telle chose, et l'importance de l'image des ensei­gnants dans la société. Elle a un impact direct sur ce qui se passe en cours.

Laurence Cornu sou­ligne que l'école est "un pro­jet poli­tique". Le poli­tique inter­fère en per­ma­nence dans les pro­grammes, dans les rythmes sco­laires, dans la for­ma­tion des ensei­gnants... Il inter­fère donc aussi dans le sens qu'il donne à la mis­sion de l'enseignant et dans son image valo­ri­sante ou non.

Laurence Cornu pré­co­nise aussi peut-être de lais­ser "res­pi­rer l'école". Laisser aux élèves le temps de réflé­chir, de com­prendre. Mais cela impli­que­rait de sor­tit de l'obsession du bou­clage des pro­grammes, et d'offrir une plus large marge de manœuvre aux ensei­gnants. Est-on prêts pour cela ?


Sandra Ktourza

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