23.09.2011

Emoi en Guyane: un corps calciné pourrait être celui d'un entrepreneur enlevé

La Guyane était en émoi jeudi soir après la décou­verte d'un corps car­bo­nisé qui serait "pro­ba­ble­ment" celui de Maurice Méthon, 70 ans, chef d'entreprise guya­nais et per­son­na­lité locale, qui avait été enlevé à son domi­cile lors d'un bra­quage la nuit précédente.

Le corps décou­vert cal­ciné dans le coffre du 4X4 incen­dié de M. Méthon pour­rait être celui du chef d'entreprise "compte tenu des cir­cons­tances", a indi­qué le pro­cu­reur de la République François Schneider, tout en ajou­tant "ne pas en avoir la preuve for­melle" dans l'attente d'analyses notam­ment des empreintes dentaires.

Le pro­cu­reur a indi­qué à trois reprises lors d'une décla­ra­tion à la presse : "On peut pen­ser que c'est le corps de M. Méthon" tout en ajou­tant "mais nous n'avons, pour l'instant, encore aucune cer­ti­tude abso­lue". Cette prise de parole du pro­cu­reur est venue clore une jour­née de stu­peur en Guyane où pen­dant moins de 20 heures les événe­ments se sont précipités.

Tout a com­mencé mer­credi soir (jeudi à Paris) entre 22h30 et 22h45 à Rémire-Montjoly (à 10 km de Cayenne) quand, selon une source proche de l'enquête, Carole Méthon rentre au domi­cile fami­lial, situé der­rière le com­plexe hôtel-restaurant-boîte de nuit exploité par son père, Maurice Méthon.

Trois indi­vi­dus armés et mas­qués, cachés près du por­tail, se jettent sur elle, lui baissent la tête et l'oblige à leur ouvrir la porte du domi­cile fami­lial et à neu­tra­li­ser le sys­tème d'alarme.

Les trois agres­seurs, "très inor­ga­ni­sés, très agi­tés, très inquié­tants et le visage dis­si­mulé par des tur­bans", selon une source proche de l'enquête, s'en sont pris dans un pre­mier temps à trois membres de la famille pré­sents au domi­cile. La femme de Maurice Méthon, sa fille et son petit-fils ont été ligo­tés "avec les moyens du bord, notam­ment une corde à sau­ter", a pré­cisé à l'AFP une source proche de l'enquête.

Les agres­seurs se sont fait ouvrir le coffre fort de la famille qui ne conte­nait rien, selon les pre­miers éléments de l'enquête. Ils ont dérobé une arme de poing de la famille.

Au retour de M. Méthon à son domi­cile, plus d'une heure après la séques­tra­tion des autres membres, le chef d'entreprise a été "molesté" par les agres­seurs selon le pro­cu­reur de la République. "Des objets ont été déro­bés : cartes bleues, télé­phone, ordi­na­teurs por­tables et bijoux", a détaillé François Schneider.

Ils se sont ensuite enfuis à bord de deux voi­tures de la famille, une Peugeot 206 blanche et un 4x4 gris BMW "avec, semble-t-il, M. Méthon dans le coffre de la BMW", a indi­qué le pro­cu­reur. C'est cette BMW qui a été retrou­vée, selon le magis­trat du par­quet jeudi en début d'après-midi à 35 km de Cayenne, crique Patate, un endroit isolé entre savane et forêt, proche d'un cours d'eau, très fré­quenté le week-end, que l'on n'atteint qu'après quelques kilo­mètres d'une piste de latérite.

Et, dans le coffre de cette BMW , un corps "tota­le­ment cal­ciné" selon le pro­cu­reur . "Il est très pro­bable mal­heu­reu­se­ment que ce soit le corps de M. Méthon mais pour l'instant, on n'a abso­lu­ment aucune cer­ti­tude", a répété M. Schneider. "Des exa­mens vont avoir lieu notam­ment avec des empreintes den­taires de la vic­time et des empreintes ADN", a expli­qué le magis­trat, pour qui "le mobile est a priori le vol" même si "aucune piste d'est exclue".

"Les résul­tats des exa­mens pour­raient être connus assez rapi­de­ment", a assuré un enquê­teur à l'AFP. Le Medef Guyane a dénoncé "un nou­vel événe­ment (qui) démontre que la vio­lence en Guyane a atteint un nou­veau palier dans l'inacceptable".


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.