15.09.2011

L'opposition de gauche remporte les législatives danoises

L'opposition de gauche a rem­porté jeudi les élec­tions légis­la­tives au Danemark et va reve­nir aux affaires avec, à la tête du gou­ver­ne­ment, la chef des sociaux-démocrates, Helle Thorning-Schmidt, après dix années de gou­ver­ne­ment de centre-droit sous influence populiste.

Tandis que le décompte était plus serré que prévu –les sièges attri­bués aux ter­ri­toires auto­nomes du Groenland et des îles Féroé pou­vant arith­mé­ti­que­ment don­ner la majo­rité abso­lue à l'un ou à l'autre des deux blocs– le Premier ministre sor­tant, le libé­ral Lars Loekke Rasmussen, a concédé la défaite.

"Plus tôt ce soir, j'ai appelé (la chef de l'opposition) Helle Thorning-Schmidt. Je l'ai féli­ci­tée et je lui ai dit qu'elle avait main­te­nant la pos­si­bi­lité de for­mer un nou­veau gou­ver­ne­ment", a déclaré M. Rasmussen devant ses partisans.

Il doit remettre la démis­sion de son gou­ver­ne­ment ven­dredi à la reine.

La chef des sociaux-démocrates, Helle Thorning-Schmidt, pourra deve­nir, à 44 ans, la pre­mière femme à diri­ger le gou­ver­ne­ment danois. "Nous l'avons fait ! (...) Aujourd'hui, nous avons écrit une page d'histoire", s'est exclamé Mme Thorning-Schmidt devant ses par­ti­sans, visi­ble­ment émue.

Selon les résul­tats offi­ciels publiés ven­dredi vers 00h00 (jeudi 22h00 GMT) après dépouille­ment de 99,2% des suf­frages, le bloc de gauche était cré­dité de 89 des 179 sièges du Folketing contre 86 au bloc de droite de M. Rasmussen, avec une par­ti­ci­pa­tion qui devrait dépas­ser les 86,5% enre­gis­trés lors des pré­cé­dentes légis­la­tives en 2007.

"J'ai remis les clés du bureau de Premier ministre à Helle Thorning-Schmidt", a déclaré M. Rasmussen, ajou­tant avec humour: "Chère Helle, fais atten­tion aux clés, parce que tu ne fais que les emprunter !"

S'il perd les rênes du gou­ver­ne­ment, ces élec­tions ne consti­tuent pas une défaite per­son­nelle car son parti Libéral est devenu le pre­mier parti natio­nal avec 47 députés.

Cette vic­toire de la gauche marque la fin d'une période de dix années sous l'influence de la for­ma­tion anti-immigration Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti, DF).

Depuis 2001, le DF dirigé par Pia Kjaersgaard consti­tuait un allié par­le­men­taire clé du gou­ver­ne­ment mino­ri­taire, auquel il a notam­ment imposé des mesures contre l'immigration parmi les plus res­tric­tives d'Europe en échange de son soutien.

Jeudi soir, Mme Kjaersgaard a reconnu qu'il fal­lait désor­mais "se consi­dé­rer dans l'opposition".

Mais la vic­toire per­son­nelle de Mme Thorning-Schmidt, qui est la belle-fille de l'ex-leader tra­vailliste bri­tan­nique Neil Kinnock, est sur­tout le fruit des pro­grès effec­tués par les autres par­tis de gauche qu'elle a réussi à fédé­rer dans son sillage.

Son parti Social-démocrate obtient en effet, selon un décompte de la radio publique danoise (DR), 45 sièges comme en 2007, soit son plus mau­vais score depuis 1906.

Au contraire, selon DR, les Rouges-Verts feraient plus que dou­bler le nombre de leurs élus (10) et les Sociaux-libéraux en gagne­raient 8 de plus (17).

La chef des Sociaux-libéraux, Margrethe Vestage, était toute à sa joie en arri­vant à son QG.

"Nous avons besoin d'un nou­veau gou­ver­ne­ment (...) le Danemark doit se débar­ras­ser de ses poli­tiques de blocs", a-t-elle lancé.

La cam­pagne s'est foca­li­sée sur la poli­tique écono­mique à mettre en place pour sor­tir le Danemark de la crise.

Face à l'austérité prô­née par M. Rasmussen, Mme Thorning-Schmidt a pro­mis de sti­mu­ler l'économie par des dépenses bud­gé­taires. Elle compte ainsi injec­ter envi­ron 18 mil­liards de cou­ronnes (2,41 mil­liards d'euros) qui seraient finan­cés par une heure de tra­vail heb­do­ma­daire supplémentaire.


 

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