L’éducation lente : et si on prenait le temps d’apprendre ?

Savoirs

Au milieu de l’agitation et du fracas médiatique de cette rentrée de septembre, voilà un livre apaisant et positif. "Eloge de l'éducation lente" (co-édition Chronique Sociale-S!lence 2011) de Joan Domènech Francesch, un instituteur catalan, propose une façon différente d’enseigner. Déjà expérimentée avec succès par quelques écoles de Catalogne.

Dans notre civilisation, la « rapidité est synonyme d’excellence » explique Joan Domènech Francesch (Grandir autrement mai-juin 2011). Au contraire, la lenteur est perçue comme un élément extrêmement négatif, voire exaspérant.

Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer le rythme frénétique que nous impose la société de consommation, rythme qui touche aussi les enfants, dont les activités se multiplient de façon insensée.

Jean-Louis Servan-Schreiber nous expliquait ainsi, à l’occasion de la sortie de son livre « Trop vite », que le culte de la vitesse et du court-termisme avait envahi toute notre existence. Mais que cette vitesse n’était pas la temporalité de l’acquisition du savoir et que la « priorité pour les enseignants, c’était donc d’apprendre aux élèves la capacité d’attendre et de mûrir une question, quelle que soit la discipline ».

Hartmut Rosa dénonçait aussi dans son livre « Accélération » (éditions de la Découverte 2010) cette invasion de la vitesse dans les sociétés modernes.

Rompre avec les pratiques actuelles

Dans « Eloge de l’éducation lente » , Joan Domènech Francesch propose un apprentissage fondé sur le rythme de chacun, des programmes moins lourds, des temps de discussion plus longs…

Il propose dans son ouvrage 50 pistes concrètes, directement applicables pour mettre en œuvre ces principes.

A noter, son ouvrage a été salué par Jean-Louis Servan-Schreiber, Edgar Morin, Philippe Meirieu…

Se hâter pour apprendre, savoir, mémoriser avec angoisse des milliers de connaissances n’a plus lieu d’être. Ou alors, pour reprendre le très bel oxymore de Boileau,  « il faut se hâter lentement »…

1 commentaire sur "L’éducation lente : et si on prenait le temps d’apprendre ?"

  1. Gib  17 septembre 2011 à 9 h 11 min

    Entre le zapping qui est effectivement à dénoncer, et la lenteur revendiquée ici, il doit sans doute y avoir un moyen terme, une allure optimale. Les compétences se développent aussi dans une temporalité qui pousse chacun à sortir de sa zone de confort, à mobiliser des ressources paresseuses… Ce « bon rythme » adapté à la réalité des classes actuelles est assurément encore à rechercher.

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