14.09.2011

"Le sens de l'âge", un film-documentaire sur les plus de 80 ans

"Il y a une légè­reté dans la vieillesse", dit l'une, "c'est le meilleur moment de ma vie, je me trouve bien", dit l'autre : dans son film "Le sens de l'âge", pai­sible et allègre, Ludovic Virot donne la parole à six octo­gé­naires qui lui confient leurs désirs et leurs attentes.

Ils sont auto­nomes, comme la grande majo­rité de leur classe d'âge, ils vivent plei­ne­ment, ils réflé­chissent à leur vie d'hier et d'aujourd'hui, sans nos­tal­gie, et bien sûr ils pensent à la mort. Les ren­contres, qui se suc­cèdent comme des tableaux, appa­raissent comme des moments de pure ten­dresse, entre­cou­pés sur l'écran de haï­kus, ces très courts poèmes japonais.

"La plu­part des docu­men­taires sur le sujet traitent exclu­si­ve­ment des dif­fi­cul­tés liées au grand âge, ou à l'opposé occultent ces mêmes dif­fi­cul­tés au pro­fit d'un jeu­nisme reven­di­qué", dit Ludovic Virot, qui a voulu mon­trer une réa­lité entre ces deux extrêmes.

La vieillesse, "ce n'est pas une perte, c'est un autre état", dit Frida, 87 ans. Elle raconte ses copines qui se sont "fait opé­rer de tout" et que "ne vont pas mieux" qu'elle. Elle achète les médi­ca­ments que lui conseille son méde­cin mais ne les prend pas.

Madeleine, 87 ans, traîne dans le quar­tier chi­nois de Paris, achète un drôle de gâteau vert, se fait peindre les ongles, apprend à jouer au ping pong et acquiert un pis­to­let inter­ga­lac­tique qui cli­gnote en fai­sant du bruit. "Je n'attache qu'une impor­tance très rela­tive à ce qui m'arrive main­te­nant, à 60 ans j'étais plus agres­sive", dit-elle.

A 89 ans, Jean, un ancien ins­ti­tu­teur à l'oeil vif, explose de santé. Il ne se voit d'ailleurs pas nona­gé­naire, il n'aime pas qu'on l'appelle Papy. "Je suis mon maître", dit-il, avant de faire des étire­ments de yoga. "Je me trouve bien, main­te­nant c'est le meilleur moment de ma vie", dit-il.

La Québécoise Jacqueline, 81 ans, qui était psy­cha­na­lyste, estime qu'"il y a une légè­reté dans la vieillesse : on s'est débar­rassé de beau­coup de choses inutiles". "J'ai beau­coup tra­vaillé pour arri­ver à pou­voir vivre dans l'instant", dit-elle.

Elle essaie de se remettre au patin à glace, elle réflé­chit aussi à la mort. Elle ne croit à rien, mais se dit qu'"on va enfin savoir s'il y a quelque chose ou rien". "Je crois, dit-elle, qu'il y a quelque chose sous une forme que je ne peux pas imaginer".


 

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