"Le sens de l'âge", un film-documentaire sur les plus de 80 ans

"Il y a une légèreté dans la vieillesse", dit l'une, "c'est le meilleur moment de ma vie, je me trouve bien", dit l'autre : dans son film "Le sens de l'âge", paisible et allègre, Ludovic Virot donne la parole à six octogénaires qui lui confient leurs désirs et leurs attentes.
Ils sont autonomes, comme la grande majorité de leur classe d'âge, ils vivent pleinement, ils réfléchissent à leur vie d'hier et d'aujourd'hui, sans nostalgie, et bien sûr ils pensent à la mort. Les rencontres, qui se succèdent comme des tableaux, apparaissent comme des moments de pure tendresse, entrecoupés sur l'écran de haïkus, ces très courts poèmes japonais.
"La plupart des documentaires sur le sujet traitent exclusivement des difficultés liées au grand âge, ou à l'opposé occultent ces mêmes difficultés au profit d'un jeunisme revendiqué", dit Ludovic Virot, qui a voulu montrer une réalité entre ces deux extrêmes.
La vieillesse, "ce n'est pas une perte, c'est un autre état", dit Frida, 87 ans. Elle raconte ses copines qui se sont "fait opérer de tout" et que "ne vont pas mieux" qu'elle. Elle achète les médicaments que lui conseille son médecin mais ne les prend pas.
Madeleine, 87 ans, traîne dans le quartier chinois de Paris, achète un drôle de gâteau vert, se fait peindre les ongles, apprend à jouer au ping pong et acquiert un pistolet intergalactique qui clignote en faisant du bruit. "Je n'attache qu'une importance très relative à ce qui m'arrive maintenant, à 60 ans j'étais plus agressive", dit-elle.
A 89 ans, Jean, un ancien instituteur à l'oeil vif, explose de santé. Il ne se voit d'ailleurs pas nonagénaire, il n'aime pas qu'on l'appelle Papy. "Je suis mon maître", dit-il, avant de faire des étirements de yoga. "Je me trouve bien, maintenant c'est le meilleur moment de ma vie", dit-il.
La Québécoise Jacqueline, 81 ans, qui était psychanalyste, estime qu'"il y a une légèreté dans la vieillesse : on s'est débarrassé de beaucoup de choses inutiles". "J'ai beaucoup travaillé pour arriver à pouvoir vivre dans l'instant", dit-elle.
Elle essaie de se remettre au patin à glace, elle réfléchit aussi à la mort. Elle ne croit à rien, mais se dit qu'"on va enfin savoir s'il y a quelque chose ou rien". "Je crois, dit-elle, qu'il y a quelque chose sous une forme que je ne peux pas imaginer".
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