Des collégiens privés de manuels pour des impayés de cantine
Des collégiens de Saint-Herblain, près de Nantes, ont été privés de manuels scolaires à la rentrée en raison d'impayés de cantine, une "maladresse" qu'a regretté l'inspection académique, a-t-on appris mardi de sources concordantes.
"Le jour de la rentrée, mon fils de 15 ans est revenu en disant: Maman, c'est la honte de ma vie. A l'école tout le monde a reçu les manuels, mais la prof les a repris à moi et un copain, en disant +il y a des choses que vos parents n'ont pas payées+", a raconté à l'AFP une mère d'élève, Agustina Toffano, confirmant une information de Ouest France.
"En fait, nous devions un peu plus de 20 euros de l'année dernière. J'avais reçu la facture pendant les vacances mais mon mari est très malade, il a une leucémie, et c'est vrai que j'avais oublié", a-t-elle expliqué.
"Mon mari a été scandalisé et, quand on a appelé l'école, l'assistante du directeur nous a dit que c'était le moyen qui avait été trouvé pour recouvrer les dettes et que plusieurs écoles faisaient cela", a-t-elle ajouté. "On a alerté l'inspection académique et on nous a dit que les livres seraient rendus. Mais ce matin, mon fils n'avait toujours pas eu ses livres et il y a déjà des devoirs", a-t-elle ajouté.
Ce n'est que mardi à la mi-journée, à la suite de la médiatisation de l'affaire et huit jours après ses camarades, que les livres ont finalement été donnés à l'élève, qui avait dû jusque-là copier sur ceux de ses camarades pour faire ses devoirs. "Il y a certains devoirs qu'il n'avait pas pu faire", a regretté Mme Toffano, jointe à la sortie de l'école. Elle s'est félicitée que son fils ait récupéré ses livres, en soulignant que d'autres enfants n'avaient pas encore les leurs.
"Mon mari a estimé que c'était inadmissible et c'est pourquoi il avait dit au collège qu'il ne donnerait les 20 euros que quand notre fils aurait récupéré les manuels. A l'école, d'autres élèves, les années précédentes, ont déjà eu ce problème", a ajouté Mme Toffano.
Le directeur du collège Ernest-Renan, Philippe Milville, interrogé par l'AFP mardi, a reconnu les faits mais souligné que "d'habitude, on interpelle les parents par ce moyen le jour de la rentrée et le lendemain, les élèves ont leurs livres. Là, la maladresse est que les livres n'ont pas été rendus".
"C'est une maladresse: il n'y a pas de lien entre une dette de cantine, ni même une dette pour des manuels abîmés, et la distribution de ces derniers", a indiqué à l'AFP l'inspecteur d'académie Bernard Javaudin.
"L'école est obligatoire. Les livres sont gratuits et doivent être distribués à tous", a-t-il souligné, assurant être "immédiatement intervenu" après avoir été saisi par la famille.
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