09.09.2011

"René l'énervé", une farce qui "renvoie la balle" aux politiques

"René l'énervé", opéra bouffe qui met en scène au Théâtre du Rond-Point à Paris un "petit homme agité" à la tête d'un pays ima­gi­naire, est un moyen pour l'écrivain Jean-Michel Ribes de "ren­voyer la balle" face au "show incroyable de la poli­tique française".

"Les poli­tiques fait un spec­tacle média­tique ahu­ris­sant. Donc c'est un peu natu­rel que des gens de spec­tacle ren­voient la balle", explique à l'AFP le met­teur en scène de "René l'énervé" et direc­teur du Théâtre du Rond-Point où cette oeuvre est don­née jusqu'au 29 octobre.

"L'envahissement spec­ta­cu­laire est quand même le fait de cette nou­velle gou­ver­nance. Ils ont été même meilleurs acteurs, plus forts que n'importe qui !", ajoute-t-il.

Malade, "Le Vieux Pacha" qui dirige le pays ima­gi­naire doit par­tir. Le parti majo­ri­taire cherche l'homme pro­vi­den­tiel qui pourra lui suc­cé­der. Il choi­sit "un petit homme agité, cou­rant matin et soir" qui n'apprécie que le bon sens....

Autour de lui, des ministres qui dérapent, des phi­lo­sophes nou­veaux et des "écolos très bios". Et aussi des "Cons de la Nation", "blancs et patriotes". Ginette et Gaufrette se battent, elles, dans l'opposition.

Mais pour Jean-Michel Ribes, "René l'énervé" est beau­coup plus qu'une satire poli­tique. "Il y a quand même une fable. On ne colle pas uni­que­ment à la réalité".

"C'est une farce qui ne s'attaque jamais à la per­sonne, mais qui s'attaque aux per­son­nages", précise-t-il, des per­son­nages que "la méga­lo­ma­nie, le délire, la jubi­la­tion du pou­voir trans­forment en un autre".

"C'est la rai­son pour laquelle il y a deux René dans mon spec­tacle", ajoute Jean-Michel Ribes. "Je crois que Nicolas Sarkozy est une per­sonne tout à fait res­pec­table, intel­li­gente et sûre­ment très sym­pa­thique (...) mais je pense qu'il y a une dis­tance entre sa per­sonne et le per­son­nage qu'il devient dans la politique".

La seule "attaque radi­cale" que Ribes reven­dique est celle sur "la bana­li­sa­tion du dis­cours d'extrême-droite". "Là, c'est le seul moment où on ne rigole plus".

Face au "malaise" qu'il res­sent face au dis­cours poli­tique fran­çais et "avant que cela tourne en vraie aigreur", Jean-Michel Ribes reven­dique un "rire libérateur".

"On en a pro­fité pour faire un véri­table opéra bouffe dans la grande tra­di­tion", ajoute-t-il, res­pec­tant les règles et les contraintes de ce genre aujourd'hui endormi.

Vingt-et-un chan­teurs d'opéra, accom­pa­gnés d'un orchestre, se par­tagent la scène. "C'est une par­ti­tion extrê­me­ment riche, pas uni­que­ment une musique de cari­ca­ture", selon le met­teur en scène qui pré­cise que 200 cos­tumes ont été créés pour l'occasion.


 

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