"René l'énervé", une farce qui "renvoie la balle" aux politiques

"René l'énervé", opéra bouffe qui met en scène au Théâtre du Rond-Point à Paris un "petit homme agité" à la tête d'un pays imaginaire, est un moyen pour l'écrivain Jean-Michel Ribes de "renvoyer la balle" face au "show incroyable de la politique française".
"Les politiques fait un spectacle médiatique ahurissant. Donc c'est un peu naturel que des gens de spectacle renvoient la balle", explique à l'AFP le metteur en scène de "René l'énervé" et directeur du Théâtre du Rond-Point où cette oeuvre est donnée jusqu'au 29 octobre.
"L'envahissement spectaculaire est quand même le fait de cette nouvelle gouvernance. Ils ont été même meilleurs acteurs, plus forts que n'importe qui !", ajoute-t-il.
Malade, "Le Vieux Pacha" qui dirige le pays imaginaire doit partir. Le parti majoritaire cherche l'homme providentiel qui pourra lui succéder. Il choisit "un petit homme agité, courant matin et soir" qui n'apprécie que le bon sens....
Autour de lui, des ministres qui dérapent, des philosophes nouveaux et des "écolos très bios". Et aussi des "Cons de la Nation", "blancs et patriotes". Ginette et Gaufrette se battent, elles, dans l'opposition.
Mais pour Jean-Michel Ribes, "René l'énervé" est beaucoup plus qu'une satire politique. "Il y a quand même une fable. On ne colle pas uniquement à la réalité".
"C'est une farce qui ne s'attaque jamais à la personne, mais qui s'attaque aux personnages", précise-t-il, des personnages que "la mégalomanie, le délire, la jubilation du pouvoir transforment en un autre".
"C'est la raison pour laquelle il y a deux René dans mon spectacle", ajoute Jean-Michel Ribes. "Je crois que Nicolas Sarkozy est une personne tout à fait respectable, intelligente et sûrement très sympathique (...) mais je pense qu'il y a une distance entre sa personne et le personnage qu'il devient dans la politique".
La seule "attaque radicale" que Ribes revendique est celle sur "la banalisation du discours d'extrême-droite". "Là, c'est le seul moment où on ne rigole plus".
Face au "malaise" qu'il ressent face au discours politique français et "avant que cela tourne en vraie aigreur", Jean-Michel Ribes revendique un "rire libérateur".
"On en a profité pour faire un véritable opéra bouffe dans la grande tradition", ajoute-t-il, respectant les règles et les contraintes de ce genre aujourd'hui endormi.
Vingt-et-un chanteurs d'opéra, accompagnés d'un orchestre, se partagent la scène. "C'est une partition extrêmement riche, pas uniquement une musique de caricature", selon le metteur en scène qui précise que 200 costumes ont été créés pour l'occasion.
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