Pour l'été, l'Opéra de Bordeaux revêt ses plus beaux costumes

Dentelle, fourrure, perles, soie... ornent les 300 costumes de scène, de tous les styles et toutes les époques, exposés jusqu'au 31 août à travers les couloirs, salons et escaliers du Grand-Théâtre de Bordeaux que les touristes découvrent ainsi sous un jour singulier.
En admirant les tutus de Christian Lacroix, suspendus au milieu des dorures ou des cristaux du Grand Foyer, côtoyer les tenus extravagantes mi-homme mi-animal de Jean-Paul Gaultier, amateurs d'opéra comme simples curieux ne restent pas indifférents.
"Ces costumes sont magnifiques et c'est incroyable de les voir au milieu d'une telle architecture", s'enthousiasme Thérèse Desportes, une amatrice d'opéra venue de l'Eure.
"Jamais je n'aurais imaginé que les costumes étaient aussi lourds", remarque Charline, 13 ans, particulièrement impressionnée par la robe de mariée de 60 kilos, constituée de plus de 25.000 morceaux de plexiglas, prêtée par le couturier Stéphane Rolland.
"La manière dont l'exposition a été conçue met parfaitement bien en valeur le travail des couturiers et des créateurs", remarque Evelyne Baillon, une touriste de la région, tout en prenant en photo des pièces créées par Georges Rouault pour "Le Fils prodigue".
Montrer les secrets des coulisses du Grand-Théâtre est l'objectif recherché par l'Opéra national de Bordeaux qui organise, chaque été depuis trois ans, une grande exposition estivale.
Pour cette nouvelle édition, le directeur technique et de production Giulio Achilli s'est associé à des théâtres lyriques italiens, à des maisons de couture ainsi qu'au Centre national du costume de scène (CNCS) de Moulins afin d'arriver à regrouper plus de 300 pièces.
Deux tenues majestueuses de Callas
"Il est rare d'avoir une exposition aussi riche", souligne Laurent Croizier, directeur adjoint des publics et du développement de l'Opéra national de Bordeaux.
La majorité des pièces exposées sont issues des ateliers du Grand-Théâtre où sont conçus les costumes destinés aux productions bordelaises.
"Pour chaque production, qui compte une soixantaine de personnes entre les choristes, les solistes et les figurants, certains demandent plusieurs dizaines d'heures de travail alors que d'autres sont faits à partir de vêtements achetés 20 euros aux fripes", explique M. Croizier.
Pour pouvoir être portée par tout le monde, chaque pièce est "taillée et cousue de manière à pouvoir s'adapter facilement à la physionomie de l'artiste", raconte M. Croizier.
Tout au long de l'exposition, un dispositif "son et lumière" met en valeur chacune des pièces présentées et des vidéos, des maquettes ainsi que des panneaux explicatifs aident les visiteurs à mieux se représenter le cadre et la manière dont elles ont été portées par les solistes ou les danseurs.
Pour les plus petits, une loge avec les habits de scène présentés sur portant a été constituée et ils peuvent même jouer les apprentis costumiers en habillant des silhouettes ou en essayant différentes tenues.
"Je ne pensais pas qu'un tutu c'était aussi raide", dit Emma, six ans, après l'avoir enfilé sous les yeux de sa grand-mère.
Mais le clou du spectacle se situe, à la fin de la visite, dans la salle de spectacle, où trônent sur la scène deux tenues majestueuses portées par Maria Callas dans "Tosca" et "Turandot", une robe empire rose et un kimono rouge.
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