01.08.2011

Pour l'été, l'Opéra de Bordeaux revêt ses plus beaux costumes

Dentelle, four­rure, perles, soie... ornent les 300 cos­tumes de scène, de tous les styles et toutes les époques, expo­sés jusqu'au 31 août à tra­vers les cou­loirs, salons et esca­liers du Grand-Théâtre de Bordeaux que les tou­ristes découvrent ainsi sous un jour singulier.

En admi­rant les tutus de Christian Lacroix, sus­pen­dus au milieu des dorures ou des cris­taux du Grand Foyer, côtoyer les tenus extra­va­gantes mi-homme mi-animal de Jean-Paul Gaultier, ama­teurs d'opéra comme simples curieux ne res­tent pas indifférents.

"Ces cos­tumes sont magni­fiques et c'est incroyable de les voir au milieu d'une telle archi­tec­ture", s'enthousiasme Thérèse Desportes, une ama­trice d'opéra venue de l'Eure.

"Jamais je n'aurais ima­giné que les cos­tumes étaient aussi lourds", remarque Charline, 13 ans, par­ti­cu­liè­re­ment impres­sion­née par la robe de mariée de 60 kilos, consti­tuée de plus de 25.000 mor­ceaux de plexi­glas, prê­tée par le cou­tu­rier Stéphane Rolland.

"La manière dont l'exposition a été conçue met par­fai­te­ment bien en valeur le tra­vail des cou­tu­riers et des créa­teurs", remarque Evelyne Baillon, une tou­riste de la région, tout en pre­nant en photo des pièces créées par Georges Rouault pour "Le Fils prodigue".

Montrer les secrets des cou­lisses du Grand-Théâtre est l'objectif recher­ché par l'Opéra natio­nal de Bordeaux qui orga­nise, chaque été depuis trois ans, une grande expo­si­tion estivale.

Pour cette nou­velle édition, le direc­teur tech­nique et de pro­duc­tion Giulio Achilli s'est asso­cié à des théâtres lyriques ita­liens, à des mai­sons de cou­ture ainsi qu'au Centre natio­nal du cos­tume de scène (CNCS) de Moulins afin d'arriver à regrou­per plus de 300 pièces.

Deux tenues majes­tueuses de Callas

"Il est rare d'avoir une expo­si­tion aussi riche", sou­ligne Laurent Croizier, direc­teur adjoint des publics et du déve­lop­pe­ment de l'Opéra natio­nal de Bordeaux.

La majo­rité des pièces expo­sées sont issues des ate­liers du Grand-Théâtre où sont conçus les cos­tumes des­ti­nés aux pro­duc­tions bordelaises.

"Pour chaque pro­duc­tion, qui compte une soixan­taine de per­sonnes entre les cho­ristes, les solistes et les figu­rants, cer­tains demandent plu­sieurs dizaines d'heures de tra­vail alors que d'autres sont faits à par­tir de vête­ments ache­tés 20 euros aux fripes", explique M. Croizier.

Pour pou­voir être por­tée par tout le monde, chaque pièce est "taillée et cou­sue de manière à pou­voir s'adapter faci­le­ment à la phy­sio­no­mie de l'artiste", raconte M. Croizier.

Tout au long de l'exposition, un dis­po­si­tif "son et lumière" met en valeur cha­cune des pièces pré­sen­tées et des vidéos, des maquettes ainsi que des pan­neaux expli­ca­tifs aident les visi­teurs à mieux se repré­sen­ter le cadre et la manière dont elles ont été por­tées par les solistes ou les danseurs.

Pour les plus petits, une loge avec les habits de scène pré­sen­tés sur por­tant a été consti­tuée et ils peuvent même jouer les appren­tis cos­tu­miers en habillant des sil­houettes ou en essayant dif­fé­rentes tenues.

"Je ne pen­sais pas qu'un tutu c'était aussi raide", dit Emma, six ans, après l'avoir enfilé sous les yeux de sa grand-mère.

Mais le clou du spec­tacle se situe, à la fin de la visite, dans la salle de spec­tacle, où trônent sur la scène deux tenues majes­tueuses por­tées par Maria Callas dans "Tosca" et "Turandot", une robe empire rose et un kimono rouge.


 

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