29.07.2011
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Séverine Thermes : "Un engagement citoyen pour promouvoir la musique auprès de tous les enfants"

Tour à tour musi­cienne, péda­gogue et ani­ma­trice, l'intervenante musi­cale Séverine Thermes mène des pro­jets artis­tiques avec des enfants, ado­les­cents et adultes, de tous niveaux et toutes ori­gines. Véritable femme-orchestre, elle revient sur la pas­sion qui l'a conduite à exer­cer ce métier de Dumiste, sou­vent peu ou mal connu.

« Je ne pen­sais pas un jour faire un métier dans la musique, qui était à mes yeux un loi­sir ! », avoue Séverine Thermes, 36 ans, aujourd'hui musi­cienne inter­ve­nante pour le conser­va­toire natio­nal de région de Rennes. Née dans une famille de mélo­manes — « mon arrière-grand-mère était pro­fes­seur de piano en Guadeloupe et mon père nous a tou­jours fait écou­ter des registres divers, des sym­pho­nies au jazz », rien ne pré­des­ti­nait pour autant Séverine à s'investir autant dans la musique. « Je ne me voyais pas concer­tiste ou prof de musique, ni musi­cienne pro­fes­sion­nelle », précise-t-elle. Inscrite en bi-Deug de droit/anglais, Séverine consacre pour­tant de plus en plus de temps à sa pas­sion au sein d'associations, donne ses pre­miers cours de vio­lon et d'éveil musical.

Des colo­nies musi­cales au Dumi

L'été 1998, une amie du conser­va­toire de Cergy-Pontoise, où elle a obtenu son  Diplôme de Fin d'Etudes en vio­lon et musique de chambre, la contacte pour tra­vailler au sein d'une colo­nie musi­cale, l'AREMC. « A la fois ani­ma­trice et char­gée de la musique, nous fai­sions de la musique avec les enfants le matin. Chant, ins­tru­ment et orchestre, mais dans un cadre beau­coup plus détendu, dans un esprit de plai­sir. Je n'en ai gardé que d'excellents sou­ve­nirs ! ». Premier déclic pour Séverine. A son retour, la direc­trice du conser­va­toire lui parle du DUMI (1), for­ma­tion pour deve­nir inter­ve­nante musi­cale en milieu sco­laire. La jeune femme pré­pare alors les concours d'entrée (2), et décroche celui de Sélestat (Alsace) : « l'avantage de cette for­ma­tion est que dès la pre­mière année, nous étions en situa­tion dans les écoles, à tra­vailler avec dif­fé­rents pro­fes­seurs sur des pro­jets musi­caux ». Cours de péda­go­gie, de com­po­si­tion, de culture musicale... Séverine y apprend toutes les bases de son métier : être à la fois musi­cienne et péda­gogue, auprès de publics variés. Chœur dans un IRP, par­ti­ci­pa­tion au pro­jet « musique à l'hôpital », chant cho­ral avec des établis­se­ments en ZEP...  « Nous avons aussi tra­vaillé sur la musique bali­naise: nous avons dû tout désap­prendre pour redé­mar­rer de zéro. C'était très for­ma­teur : cela nous a pla­cés dans les même condi­tions d'apprentissage que les enfants que l'on a ensuite face à nous ! », explique Séverine. Issue d'une for­ma­tion clas­sique,  l'intervenante a dû peu à peu « lâcher la par­ti­tion », pour adap­ter son lan­gage aux enfants via des contes, des his­toires imagées...


Séverine Thermes en 5 dates 

Eté 1998 : 1ère colo­nie musi­cale à l'AREMC, au Chatelet-en-Berry
Septembre 1999 : entrée au CFMI de Selestat (Alsace)
2001 : ren­contre avec le direc­teur du Conservatoire de Dieppe
2002 : décou­verte du vio­lon alto, altiste en quin­tet, par­ti­ci­pa­tion aux concerts en rési­dence à la Scène Nationale de Dieppe ( Alexis HK, Debout sur le Zinc), enre­gis­tre­ment d'un disque de chan­sons fran­çaises avec Philippe Reverdy
2001–2005 : cho­riste (soprano) et membre du CA du chœur de Chambre de Rouen, direc­tion Daniel Bargier.

700 kilo­mètres par semaine

Diplômée du CFMI (3) de Sélestat, Séverine débute alors comme contrac­tuelle pour le Conservatoire de musique à l'école pour le Pays de Bray. Parcourant près de 700 kms par semaine, la jeune femme se rend au sein de diverses écoles mater­nelles et élémen­taires et monte ses pre­miers pro­jets musi­caux avec les enfants, comme « Musiques belles d'avant ». Une excel­lente expé­rience, mais « au niveau des dépla­ce­ments, c'était trop », concède Séverine, qui accepte avec joie la pro­po­si­tion d'embauche de l'école de musique de Dieppe. Durant trois ans, la musi­cienne inter­vient à la fois auprès des écoles en cycles 2 et 3 (éduca­tion musi­cale et chant cho­ral), puis coor­donne des pro­jets d'envergure comme « L'oiseau de feu ». « Une asso­cia­tion d'ados avait créé les décors, cos­tumes, et les chants étaient accom­pa­gnés par l'harmonie de la ville et un orchestre à cordes », se sou­vient Séverine. La même année, elle se pas­sionne pour le chant, et prend la direc­tion de la cho­rale d'adultes de Dieppe. « Nous avons monté le Requiem de Fauré, ça res­tera un grand moment artis­tique de ma vie ».

Une grande liberté pour mener des pro­jets artistiques

Les pro­jets s'enchaînent pour l'artiste qui s'épanouit, sous la hou­lette du dyna­mique direc­teur du conser­va­toire de Dieppe. « J'ai pu mon­ter des pro­jets de plus en plus ambi­tieux. Et aujourd'hui je viens de décro­cher un poste à la mai­son des Arts de St– Herblain, il m'a encore recom­man­dée », sou­rit Séverine. De 2005 à 2007, alors que Séverine sou­hai­tait rega­gner la région pari­sienne, elle est embau­chée au conser­va­toire d'Aubervilliers-La Courneuve (93) en tant qu'intervenante musi­cale et coor­di­na­trice  des CHAM (4) et des actions en direc­tion des centres de loi­sirs. La jeune femme a depuis rejoint le conser­va­toire de Rennes et s'est pas­sion­née pour les per­cus­sions cor­po­relles. Une tech­nique qu'elle a sou­haité trans­mettre auprès d'un public éloi­gné du milieu artis­tique, en foyer de la PJJ : « il a fallu se réadap­ter. Les jeunes  avaient un rap­port dif­fi­cile au corps et ce n'était pas le bon mode d'expression », explique la jeune femme, qui sou­ligne com­bien le rela­tion­nel et la péda­go­gie compte dans son métier où  il faut se remettre en ques­tion, sur­tout pour tra­vailler main dans la main avec les par­te­naires, les ensei­gnants. « Il faut être poly­va­lent pour faire face à des pro­jets très dif­fé­rents,  mobile pour aller à la ren­contre des publics, où qu'ils soient. Mais cette dimen­sion citoyenne, faire décou­vrir la musique à tous, et la grande liberté  ainsi octroyée pour mon­ter de véri­tables pro­jets artis­tiques est un vrai moteur », conclut l'intervenante.

Elise Pierre

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Note(s) :
  • (1) Le DUMI (Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant), a été créé en France en 1984, par les Ministères de la Culture et de l'Éducation Nationale. On appelle musicien intervenant (anciennement dumiste) le détenteur de ce diplôme. Le musicien intervenant en milieu scolaire travaille en lien avec l'équipe pédagogique de l'école primaire (maternelle et élémentaire) ; il aide à développer chez l'enfant l'esprit critique, la créativité sonore et musicale, la culture musicale. Il peut se spécialiser pour le travail auprès des adolescents (musiques actuelles...), des adultes (direction de chœurs, ...), de la petite enfance, en crèches, dans la santé.
  • (2) 9 centres de formations préparant au Dumi existent en France.
  • (3) Centre de formation de musiciens intervenants
  • (4) Classes à Horaires Aménagés Musicales

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