18.07.2011
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José-Mario Horenstein : « Profitez des vacances pour vous fixer de nouvelles priorités ! »

Plus de devoirs à cor­ri­ger, ni de cours à pré­pa­rer… l'heure des vacances d'été a enfin sonné ! José-Mario Horenstein, psy­chiatre spé­cia­lisé dans la santé men­tale des ensei­gnants, vous donne quelques conseils pour pro­fi­ter de cette pause esti­vale bien méritée.

Dr José-Mario Horenstein, psychiatre spécialisé dans la santé mentale des enseignants

Quels conseils pourriez-vous don­ner à un ensei­gnant pour lui per­mettre de prendre du recul pen­dant ses vacances ?

La période des vacances est le moment idéal pour cla­ri­fier nos valeurs psy­cho­lo­giques, les choses qui sont vrai­ment impor­tantes pour nous. Il faut s'adapter à ce nou­veau contexte de congés pour fixer de nou­velles prio­ri­tés par rap­port à dif­fé­rents domaines : les loi­sirs, la spi­ri­tua­lité, les rela­tions de couples et fami­liales, sans oublier la santé.

Certaines erreurs, très répan­dues, sont à éviter. Les vacances, par exemple, ne doivent pas être une période de relâ­che­ment dans les heures de som­meil ou dans la façon de se nour­rir. Dormir beau­coup pour récu­pé­rer le som­meil perdu tout au long de l'année risque de déré­gler la machine et va à l'encontre de la logique de la ges­tion du stress. L'été est égale­ment la bonne période pour prê­ter atten­tion à la façon dont notre corps se mani­feste, sans néces­sai­re­ment être dans l'évaluation ou le juge­ment, sans déclen­cher notre machine à pen­ser, ni rem­plir sa tête de maux.

Quelles pour­raient être les vacances idéales ?

Il n'y a pas de vacances idéales, mais c'est vrai qu'il existe actuel­le­ment une nou­velle ten­dance qui semble en adé­qua­tion avec la logique de la ges­tion du stress. Je pense au « slow tou­risme » (1), par exemple. Ce nou­veau concept de vacances incite à prendre son temps pour per­ce­voir ce qu'il y a autour de nous et de ne pas être constam­ment dans le fait de tout vou­loir voir, mais plu­tôt de voir les choses de manière plus appro­fon­die. C'est ce que l'on appelle aussi la recherche du plai­sir mini­ma­liste : ne pas être dans la satu­ra­tion de nos sens, mais aller vers les nuances et les subtilités.

Comment expliquez-vous, que pour cer­tains ensei­gnants, cette période de vacances soit source d'angoisses ?

Les vacances laissent le temps à la réflexion et peuvent donc être res­sen­ties par cer­tains comme une période dou­lou­reuse. Beaucoup vont se plon­ger dans des acti­vi­tés phy­siques pour exté­rio­ri­ser leurs angoisses. C'est une erreur. Il faut au contraire accep­ter que notre tête, y com­pris pen­dant cette période de vacances, pro­duise des émotions et des pen­sées qui sont liées à des évène­ments dif­fi­ciles que l'on a pu vivre pen­dant l'année. Plus nous essayons de lut­ter pour faire ces­ser ce type de pen­sées, et plus ces der­nières risquent de reve­nir avec une inten­sité émotion­nelle plus forte et de façon plus fré­quente. Il faut donc prê­ter atten­tion à ce qui se passe à l'intérieur de nous et créer des espaces dans les­quels nous sommes capables de nous obser­ver. Une fois que l'on a pris acte de nos émotions, il est inutile de conti­nuer à cher­cher des expli­ca­tions ou des solu­tions. Il faut alors diri­ger son atten­tion vers des acti­vi­tés que nous valo­ri­sons, comme les loi­sirs par exemple. Une bonne ges­tion de son temps fait ainsi par­tie de l'outillage anti-stress.

Comment se pré­pa­rer à affron­ter la ren­trée après deux mois de coupure ?

Il faut accep­ter que toute reprise soit dif­fi­cile, et d'autant plus si l'arrêt a été long puisque vous per­dez alors vos auto­ma­tismes. Vous devez à nou­veau trou­ver un équi­libre entre votre tra­vail et votre vie per­son­nelle. Pour faci­li­ter les choses et se pré­pa­rer à la ren­trée, l'enseignant doit se pré­ser­ver, pen­dant ses vacances, des moments consa­crés à déve­lop­per de nou­velles com­pé­tences ou main­te­nir celles qu'il a uti­li­sées pen­dant l'année. La lec­ture peut-être, par exemple, un bon outil de déve­lop­pe­ment des connaissances.

Stéphanie Marpinard


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Note(s) :
  • (1) Le slow tourisme prône l’éloge de la lenteur. Son leitmotiv : prendre son temps pour découvrir une destination et vivre au rythme de la population locale.
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le blaireau
le 23 juillet 2011

Et le tour de France cycliste ?? Les vacances sont faites pour se caler devant la télé et de 13 h à 18 h suivre le Tour (sans oublier la petite sieste de 13h 30). Puis, le soir venu, se pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment à une soi­rée télé jusqu'à très tard (après un petit gue­le­ton arrosé de rosé). C'est ça les vacances : la RUPTURE avec le quo­ti­dien de l'année. Mais bon, pour appré­cier ça, faut avoir la télé, c'est sûr ! (et du rosé).

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beyana
le 20 août 2011

Bravo, doc­teur: les ensei­gnants doivent lire pen­dant les vacances pour faire une bonne ren­trée ! Il vous a fallu com­bien d'années d'études pour en arri­ver à cette conclusion ?

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