Rythmes scolaires: des syndicats s'inquiètent de la méthode de Chatel
Le syndicat des enseignants (SE) de l'Unsa et le Sgen-CFDT ont chacun critiqué mardi la méthode choisie par le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, pour faire évoluer les rythmes scolaires, après la remise d'un rapport sur le sujet.
Lundi, M. Chatel a annoncé à l'AFP que sur deux sujets, raccourcir les congés d'été et accorder aux écoliers et collégiens une vraie pause déjeuner, il allait ouvrir des "concertations" avec les syndicats pour annoncer "à l'automne" des décisions qui pourraient entrer en vigueur à la rentrée 2013.
Le rapport sur les rythmes a aussi prôné le retour à la semaine de quatre jours et demi en primaire, une baisse des horaires quotidiens de classe (cinq heures du CP à la 5e) et une présence pour tous de 8h30 à 17h à l'école et au collège, avec accompagnement éducatif "obligatoire" après les cours.
Pour le SE-Unsa, "ce dossier des rythmes ne souffre pas un traitement à la découpe, où pour des motifs électoralistes, seules quelques mesures emblématiques et démagogiques seraient annoncées".
"Instruit par le calamiteux passage à la semaine de quatre jours imposé par Xavier Darcos, le ministre (Luc Chatel, ndlr) ne peut ignorer que les mesures simplistes et les passages en force sont à proscrire", ajoute-t-il.
"La balle est maintenant dans le camp du ministre", mais "d'un côté, il annonce une large concertation dès la rentrée et de l'autre, il ne retient que deux propositions sur lesquelles agir rapidement : la pause méridienne et le raccourcissement des vacances d'été", relève le syndicat.
La journée, la semaine et l'organisation de l'année sont en effet "autant de leviers à actionner simultanément si l'on veut que les évolutions aient du sens. C'est ainsi que la réorganisation des périodes de congés peut permettre de modifier le temps de présence journalier des élèves", ajoute-t-il.
Pour le Sgen-CFDT, "ça commence mal!", car "si le ministre veut un débat de qualité pour prolonger le rapport sur les rythmes, il faut qu'il renonce à ne choisir que les propositions qui l'arrangent parmi celles dont l'intérêt principal est justement la cohérence".
"La question des rythmes, et particulièrement l'hypothèse des deux semaines de vacances en moins, ne doivent pas être l'occasion de la mise en scène d'un conflit avec le monde enseignant pour reconquérir l'opinion publique en vue de l'élection présidentielle!", conclut le syndicat.
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