05.07.2011

Rythmes scolaires: des syndicats s'inquiètent de la méthode de Chatel

Le syn­di­cat des ensei­gnants (SE) de l'Unsa et le Sgen-CFDT ont cha­cun cri­ti­qué mardi la méthode choi­sie par le ministre de l'Education natio­nale, Luc Chatel, pour faire évoluer les rythmes sco­laires, après la remise d'un rap­port sur le sujet.

Lundi, M. Chatel a annoncé à l'AFP que sur deux sujets, rac­cour­cir les congés d'été et accor­der aux écoliers et col­lé­giens une vraie pause déjeu­ner, il allait ouvrir des "concer­ta­tions" avec les syn­di­cats pour annon­cer "à l'automne" des déci­sions qui pour­raient entrer en vigueur à la ren­trée 2013.

Le rap­port sur les rythmes a aussi prôné le retour à la semaine de quatre jours et demi en pri­maire, une baisse des horaires quo­ti­diens de classe (cinq heures du CP à la 5e) et une pré­sence pour tous de 8h30 à 17h à l'école et au col­lège, avec accom­pa­gne­ment éduca­tif "obli­ga­toire" après les cours.

Pour le SE-Unsa, "ce dos­sier des rythmes ne souffre pas un trai­te­ment à la découpe, où pour des motifs élec­to­ra­listes, seules quelques mesures emblé­ma­tiques et déma­go­giques seraient annoncées".

"Instruit par le cala­mi­teux pas­sage à la semaine de quatre jours imposé par Xavier Darcos, le ministre (Luc Chatel, ndlr) ne peut igno­rer que les mesures sim­plistes et les pas­sages en force sont à pros­crire", ajoute-t-il.

"La balle est main­te­nant dans le camp du ministre", mais "d'un côté, il annonce une large concer­ta­tion dès la ren­trée et de l'autre, il ne retient que deux pro­po­si­tions sur les­quelles agir rapi­de­ment : la pause méri­dienne et le rac­cour­cis­se­ment des vacances d'été", relève le syndicat.

La jour­née, la semaine et l'organisation de l'année sont en effet "autant de leviers à action­ner simul­ta­né­ment si l'on veut que les évolu­tions aient du sens. C'est ainsi que la réor­ga­ni­sa­tion des périodes de congés peut per­mettre de modi­fier le temps de pré­sence jour­na­lier des élèves", ajoute-t-il.

Pour le Sgen-CFDT, "ça com­mence mal!", car "si le ministre veut un débat de qua­lité pour pro­lon­ger le rap­port sur les rythmes, il faut qu'il renonce à ne choi­sir que les pro­po­si­tions qui l'arrangent parmi celles dont l'intérêt prin­ci­pal est jus­te­ment la cohérence".

"La ques­tion des rythmes, et par­ti­cu­liè­re­ment l'hypothèse des deux semaines de vacances en moins, ne doivent pas être l'occasion de la mise en scène d'un conflit avec le monde ensei­gnant pour recon­qué­rir l'opinion publique en vue de l'élection pré­si­den­tielle!", conclut le syndicat.


 

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