01.07.2011
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Bruno Julliard : « On a perdu beaucoup de temps »

Gel des fer­me­tures de classes dans le pri­maire en 2012, per­son­na­li­sa­tion des par­cours au col­lège, déve­lop­pe­ment des pas­se­relles entre ensei­gne­ments géné­ral et pro­fes­sion­nel... Le pré­sident de la République a récem­ment mul­ti­plié les annonces sur l'éducation. Mais pour Bruno Julliard, res­pon­sable des ques­tions d'éducation au Parti socia­liste, il s'agit d'abord d'un constat d'échec.

D'une manière géné­rale, com­ment analysez-vous la mul­ti­pli­ca­tion des annonces et l'implication du pré­sident de la République ?

C'est de l'agitation, et cette agi­ta­tion est révé­la­trice d'une panique car les ques­tions éduca­tives consti­tue­ront, je le pense, un des sujets majeurs de la cam­pagne pré­si­den­tielle. C'est aussi la tra­duc­tion d'un échec impor­tant des gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs de Nicolas Sarkozy et du carac­tère désas­treux de ses choix éduca­tifs. De la fin de la semaine des quatre jours à la for­ma­tion des ensei­gnants, en pas­sant par  le gel annoncé des fer­me­tures de classes dans le pri­maire, sur pra­ti­que­ment tous les points, le pré­sident de la République est en effet obligé de reve­nir sur ce dont il était par­fois lui-même à l'origine, voire d'en prendre le contrepied.

Plus en détail, que vous ins­pire l'annonce de Nicolas Sarkozy de ne fer­mer aucune classe dans le pri­maire en 2012 ?

Il s'agit déjà d'un bel exemple de retour en arrière par rap­port à ce qu'il avait lui-même décidé aupa­ra­vant ! Parmi les choix éduca­tifs désas­treux du chef de l'État, figure effec­ti­ve­ment en bonne place la sup­pres­sion, tota­le­ment idéo­lo­gique et irres­pon­sable, d'un fonc­tion­naire sur deux pre­nant sa retraite. Mais cette pro­messe de gel est d'abord un men­songe, dans la mesure où l'objectif est irréa­li­sable. Le bud­get 2012 pré­voit envi­ron 16.000 nou­velles sup­pres­sions de postes. Or, dans le secon­daire, on touche l'os ! Il ne sera donc tout sim­ple­ment pas pos­sible de ne pas sup­pri­mer de postes, et par consé­quent de ne pas fer­mer de classes, dans le pri­maire. La manœuvre est d'ailleurs assez cynique car ensei­gnants, parents et élèves ne pour­ront s'en rendre compte qu'à la ren­trée 2012, donc après les élec­tions présidentielles.

Que pensez-vous des pro­po­si­tions sur le collège ?

Là non plus, je ne vois pas com­ment par­ve­nir à « une per­son­na­li­sa­tion des par­cours sco­laires » et à un « col­lège pour tous » avec les 16.000 sup­pres­sions de postes pro­gram­mées pour 2012. C'est donc encore une pro­messe sans grand len­de­main. En revanche, sur le fond, il y a du vrai et du posi­tif dans ce qui est dit. Je suis très favo­rable à l'individualisation des par­cours, ou à la mul­ti­pli­ca­tion des pas­se­relles entre ensei­gne­ments géné­ral, pro­fes­sion­nel et tech­no­lo­gique. Le terme de « col­lège pour tous » est uti­lisé par beau­coup d'acteurs du monde éduca­tif. Sur le papier, ces décla­ra­tions vont dans le bon sens. Le pro­blème, c'est que l'on ne peut que consta­ter que le col­lège est, jusqu'à pré­sent, le grand oublié des poli­tiques éduca­tives du gou­ver­ne­ment alors qu'il est l'un des maillons faibles de notre sys­tème éducatif.

Quel est votre avis sur l'évolution du dis­cours sur la for­ma­tion des ensei­gnants et les rythmes scolaires ?

Ces deux marches arrière prouvent que l'on ne peut pas s'engager de façon idéo­lo­gique sur des sujets aussi com­plexes, contre l'avis de la plu­part des pro­fes­sion­nels concer­nés. Lorsque la seule volonté poli­tique est de réduire les coûts, cela se tra­duit par un désastre péda­go­gique. Je pense même que la sup­pres­sion de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle ini­tiale des jeunes ensei­gnants a été la régres­sion la plus grave impo­sée par le gou­ver­ne­ment. Je la met­trai même devant les sup­pres­sions de postes ! C'est dra­ma­tique pour les jeunes profs et cela consti­tue un mes­sage de déva­lo­ri­sa­tion abso­lue du métier des ensei­gnants, qui devient l'un des seuls au monde ne deman­dant aucune for­ma­tion particulière !

Finalement, que ressort-il de tout cela à vos yeux ?

Je pense que nous avons perdu beau­coup de temps. Les com­pa­rai­sons inter­na­tio­nales montrent que nous avons accu­mulé un retard impor­tant, notam­ment pour ce qui est de l'école pri­maire. Par rap­port à la moyenne des pays de l'OCDE, nous dépen­sons 15% de moins par élève dans le pri­maire, mais plus de 10% de plus pour un lycéen des filières géné­rales. C'est bien la démons­tra­tion que notre sys­tème favo­rise plu­tôt l'élite et ceux qui pré­sentent déjà les meilleures dispositions.


Patrick Lallemant

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hispanique
le 1 juillet 2011

Des pro­pos en vue des élections

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Nicolote2grasse
le 1 juillet 2011

Bien qu'étant de gauche moi-même, j'ose me deman­der quelle cré­di­bi­lité a ce mon­sieur concer­nant les affaires sco­laires, lui qui n'a jamais ensei­gné, ne sait pas ce qu'est être res­pon­sable d'une classe ... Je l'assimile à tous ces tech­no­crates pari­siens qui prennent des déci­sions à la place des autres sans en connaître véri­ta­ble­ment ni les enjeux ni les consé­quences. Pour exemple, à quoi ser­vi­raient vrai­ment, si ce n'est à de la gar­de­rie gra­tuite, deux semaines sup­plé­men­taires de classe pour des enfants alors qu'ils suf­foquent de cha­leur et de fatigue dans les classes aussi bien en juillet qu'en août ? (c'est que nous, nous n'avons pas de clim dans les classes ...)

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chleuss
le 2 juillet 2011

Espérons que le PS met­tra fin au fichage des enfants par Base élèves et le nou­veau Livret per­son­nel de com­pé­tences. Quant au socle com­mun! C'est vrai­ment le "machin" qui ne sert à rien.

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BAPTISTE
le 3 juillet 2011

Bien gen­til notre secré­taire natio­nal du PS à l'EN ! Assez d'accord avec ses ana­lyses.
Il serait encore plus cré­dible s'il se don­nait la peine de répondre aux cour­riers et cour­riels qu'on lui trans­met sur son domaine de com­pé­tence (?).....Hélas, je n'ai jamais pu avoir de retour à mes sug­ges­tions sur les évolu­tions à pro­po­ser sur le sys­tème éduca­tif dans le second degré !!
André Batignes
Proviseur honoraire

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Notsag
le 5 juillet 2011

Des écono­mies ? Quand elles sont pro­po­sées par un consul­tant expert auquel on a fait appel pour effec­tuer une recherche doit-on caté­go­ri­que­ment refu­ser ses conclu­sions ? ....Alors que celles-ci sont véri­fiables sur le terrain ?

C'est pour­tant le cas du rap­port Francois Grin, qui a été mis au pla­card;
Et pour­tant ce rap­port était tout à fait véri­fiable sur le ter­rain sim­ple­ment en pre­nant la peine de se dépla­cer un peu, ou tout sim­ple­ment en fai­sant quelques simples recherches sur le WEB.

Dans ce domaine pré­cis, nos amis anglo-américains n'ont pas eu à faire appel au pro­fes­seur F.Grin. Ils en ont fait l'économie ! Sachant que tous les pays s'acharnent à vou­loir par­ler aussi bien leur langue, pour­quoi donc devraient-ils faire des dépenses dans ce domaine ?
Voilà une démons­tra­tion de BON SENS n'est-ce pas ?
GR

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