Floride : des professeurs remplacés par des ordinateurs

09.06.2011 1
En Floride, pour réduire le nombre d'élèves par classe, des établis­se­ments ont adopté une solu­tion radi­cale : créer des classes sans pro­fes­seurs, où l'enseignement est dis­pensé par Internet.

WT Librarian

En Floride, quelque 7000 lycéens ont pu expé­ri­men­ter à la ren­trée der­nière le tout nou­veau pro­gramme sco­laire lancé par les établis­se­ments publics du comté de Miami-Dade. Pour pou­voir répondre à l'amendement à la Constitution de Floride visant à réduire le nombre d'élèves par classe, cer­taines écoles ont en effet créé plu­sieurs classes sans pro­fes­seurs, mais avec des ordi­na­teurs. Dans ces "labos d'apprentissage élec­tro­nique", les cours sont dis­pen­sés par Internet.

Des ensei­gnants joi­gnables par SMS

Dans les salles de classe, pas de pro­fes­seur mais un assis­tant pour gérer les pro­blèmes tech­niques et contrô­ler l'avancée du tra­vail des élèves. Les cours, assu­rés par l'Ecole vir­tuelle de Floride, sont acces­sibles à par­tir d'un site Internet auquel les élèves se connectent depuis la salle de classe. Pour répondre à leurs ques­tions ou se faire aider, ils ont la pos­si­bi­lité de contac­ter un ensei­gnant par télé­phone, mail ou SMS.

Si cer­tains élèves ont décidé de suivre ces cours d'enseignement élec­tro­nique de leur plein gré, d'autres n'ont pas eu le choix. "Pour l'enseignement vir­tuel, il faut vrai­ment être motivé, et c'est ter­rible d'être obligé d'y aller alors qu'on ne l'a pas choisi", déclare une lycéenne de Miami Beach dans un article du New-York Times.

Un dis­po­si­tif "néces­saire parce qu'il n'y a aucun autre moyen de répondre aux exigences"

L'amendement à la Constitution limite le nombre d'élèves par classe à 25 dans les matières prin­ci­pales. Une mesure qui ne concerne pas les effec­tifs des "labos d'apprentissage élec­tro­nique". Si les chefs d'établissement ne cau­tionnent pas tou­jours ce nou­veau dis­po­si­tif, ils affirment ne pas avoir d'autres solu­tions : les labos vir­tuels sont néces­saires parce qu'"il n'y a aucun autre moyen de répondre aux exi­gences en matière d'effectifs", selon Jodi Robins, prin­ci­pale adjointe au lycée de Miami Beach. Du côté des pro­fes­seurs et des parents, les réac­tions sont sou­vent miti­gées, voire hos­tiles : "La façon qu'a notre Etat de gérer la ques­tion des effec­tifs est presque cri­mi­nelle !", estime un pro­fes­seur du lycée de Coral Reef. "Ils pro­cèdent à une stan­dar­di­sa­tion de la pire des façons, et c'est mani­feste dans les cours virtuels."

Après les rem­pla­çants de Pôle Emploi et les étudiants en alter­nance, le minis­tère de l'Education utilisera-t-il bien­tôt les ordi­na­teurs pour pal­lier la pénu­rie de pro­fes­seurs dans les établis­se­ments français ?


Elsa Doladille

 

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Vos réactions :

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stoc
le 10 juin 2011

Je suis ensei­gnante, je trouve cela excellent, plus de pro­blème de dis­ci­pline, à quand en France ?!

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1 réaction