13.05.2011
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Un directeur d'école plein d'humour fait un livre sur son métier

Parents révol­tés, bles­sure à soi­gner, pro­blème de ravi­taille­ment à la can­tine, course pour­suite pour cou­per l'alarme-incendie… rien n'est épar­gné au direc­teur d'école pri­maire Yann Bloyet, qui témoigne dans « Chut ! le jour­nal d'un direc­teur d'école » aux éditions Jacob-Duvernet. Portrait d'un direc­teur qui garde un sens de l'humour en toute circonstance.

Yann Bloyet a eu la fibre ensei­gnante très tôt, son hobby après l'école étant de... don­ner des cours à ses frères et sœurs ! « Même en voyage, c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de faire le prof ! », s'amuse-t-il. Néanmoins il atten­dra quelques années après le bac pour pas­ser le concours, se pas­sion­nant pour ses études de bio­lo­gie et la radio. « J'ai com­mencé dans les radios pirates, deve­nues les radios libres ». Il débute égale­ment sur les planches dans une troupe ama­teur. « Le théâtre a été très for­ma­teur, car j'ai réin­vesti tout à l'école », explique Yann Bloyet, qui en a gardé un sens du pro­jet.
Sur un coup de tête, il quitte l'Essonne pour sa Bretagne natale. Formé à l'école nor­male de St-Brieuc, il se sou­vient avec pré­ci­sion de sa pre­mière salle de classe : « C'était une classe d'enfants du voyage. Je suis entré accom­pa­gné du direc­teur, de la conseillère péda­go­gique, et deux profs étaient pré­sents : cela n'empêchait pas les 11 enfants de cou­rir sur les tables ! ». S'il manque de démis­sion­ner au bout de 2 jours, Yann Bloyet tient fina­le­ment bon, s'accrochant à ses expé­riences heu­reuses avec les enfants en centres de vacances. Il est ensuite confronté à des élèves en grandes dif­fi­culté au sein d'IMP (1), « à 10 ans ils étaient non-lecteurs », se sou­vient l'enseignant, qui demande à quit­ter le poste qui peuple ses nuits de cauchemars.

Sur 10.000 ensei­gnants, 2.500 demandent à par­tir chaque année !

En 1988, il doit rejoindre Paris, et obtient la Seine-St Denis, ne pen­sant pas qu'il serait si dur d'en par­tir : « Sur 10.000 ensei­gnants, 2.500 demandent à en par­tir chaque année ! ». Il lui fau­dra 2 années pour s'habituer « à la péda­go­gie du 93 ». Après une pre­mière expé­rience comme Zil(2), Yann rejoint l'école de Vaujours où il s'épanouit dans la réa­li­sa­tion de pro­jets d'envergure avec ses élèves. Spectacles avec des musi­ciens, réa­li­sa­tion de films avec la ciné­ma­thèque dans le cadre du dis­po­si­tif "le Cinéma 100 ans de jeu­nesse" : Retrouvailles ; La grande aven­ture ... Il emmène même ses élèves au Stade de France l'année du Mondial (98).  L'enseignant, seul homme de l'école Vaujours, s'y plaît beau­coup : « l'équipe était for­mi­dable, j'étais un peu materné par mes col­lègues fémi­nines, et l'école était riche à tous points de vue ». Lorsque la direc­trice part, on lui pro­pose de la rem­pla­cer, ce qui lui donne à réflé­chir : « Pour tra­vailler sur des pro­jets, j'avais besoin d'autonomie, un poste de direc­tion m'ouvrait ces portes ». Finalement le poste fut pourvu, et c'est à l'école de Romainville que Yann Bloyet fit ses pre­miers pas de direc­teur : «  Je ne savais pas où j'arrivais, et j'envoyais des mails à mes anciennes col­lègues pour rire avec elles de mes aven­tures ».
Ses mails, truf­fés d'anecdotes crous­tillantes, sont plé­bis­ci­tés par ses col­lègues qui les trans­mettent à d'autres ensei­gnants... Au fur et à mesure, ses mails sont de plus en plus tra­vaillés. « Chaque mail est devenu un cha­pitre de mon livre ! »  se réjouit Yann Bloyet, qui a envoyé ses exem­plaires aux mai­sons d'édition et a reçu une réponse posi­tive de la mai­son Jacob-Duvernet dès le lendemain !


Yann Bloyet en 5 dates

mars 1959 : nais­sance en Bretagne au bord de la mer
jan­vier 1986 : Ecole nor­male à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor)
16 juin 1998 : Adieux à la scène à l'Olympia : der­nière repré­sen­ta­tion avec la com­pa­gnie des Caramels fous pour "un zeste of Caramels fous". (comé­die musi­cale)
sep­tembre 2009 : pre­mier poste de direc­teur à Romainville
décembre 2010 : signa­ture du contrat chez l'éditeur Jacob-Duvernet pour « Chut! Le jour­nal d'un direc­teur d'école »

Directeur, point de conver­gence d'intérêts divergents

Si sa plus grande frayeur reste d'avoir cru perdre un élève lors d'une sor­tie -«  en fait, il était dans l'école »- Yann Bloyet aime son métier envers et contre tout.  « Le moment le plus magique est quand mes élèves de CP com­mencent à lire et écrire ». Sans cesse sol­li­cité entre son rôle d'enseignant et de direc­teur, Yann avait sur­tout peur de ne pas être à la hau­teur des tâches admi­nis­tra­tives. « Je venais très tôt, par­tais très tard... sub­mergé la pre­mière année, heu­reu­se­ment j'étais épaulé par le direc­teur de l'école voi­sine », explique Yann, qui aime­rait qu'un tuteur soit ins­tauré pour tout direc­teur débu­tant. Il aime la cita­tion d'un ins­pec­teur : « Un direc­teur est le point de conver­gence d'intérêts diver­gents ». Car pour ce poste où il faut s'improviser tour à tour plom­bier, psy­cho­logue, secou­riste voire poli­cier... il recom­mande une grande patience et un excellent rela­tion­nel, pour s'entendre avec son équipe, les élèves , les parents... : « Le direc­teur récolte les gros sou­cis de toutes les classes. Il faut aussi repré­sen­ter l'école auprès des col­lec­ti­vi­tés et nouer de bonnes rela­tions avec les parents, beau­coup débar­quaient en hur­lant dans mon bureau ! ». De plus en plus orga­nisé, Yann déclare désor­mais « lorsque je suis dans ma classe, on ne me dérange pas, sauf extrême urgence sur mon por­table ».
Son sou­hait pour l'avenir de l'école ? Un meilleur  rem­pla­ce­ment des ensei­gnants absents et un sta­tut mieux défini. Là encore, c'est du vécu : « Nous avons dû un jour répar­tir 100 élèves dans les classes, faute de profs ! Et notre liste des mis­sions s'allonge sans cesse : PPMS (3), diverses évalua­tions (CM2, CE1, sciences, langues...), navettes de cour­rier avec les parents, réunions avec les ins­tances publiques... Toutes ces acti­vi­tés sont chro­no­phages. Sans comp­ter les sou­cis qui sur­gissent au quo­ti­dien, l'ensemble ne tient pas en une semaine ! ». Alors, à quand une reva­lo­ri­sa­tion du sta­tut de direc­teur, et une prime s'il est capable de tra­ver­ser l'école en un temps record pour éteindre l'alarme-incendie et reprendre son cours où il en était ?

Elise Pierre

Note(s) :
  • (1) Les Instituts Médico-Pédagogiques (IMP) se nomment désormais SEES Section d'Education et d'Enseignement Spécialisé, sont des centres de soins et éducation spéciaux (enseignement et pratique) qui accueillent des enfants et adolescents handicapés de 3 à 14 ans, présentant une déficience à prédominance intellectuelle liée à des troubles neuropsychiatriques (troubles de la personnalité, moteurs et sensoriels, de la communication... ).
  • (2) Dans le 1er degré, les fonctions de remplacement sont assurées par des instituteurs et des professeurs d’école remplaçants. Ceux-ci sont appelés ZIL s’ils sont affectés sur une ZIL (Zone d'Intervention Localisée). Ils ont pour vocation d'assurer des remplacements de courte durée. Ceux qui assurent des remplacements plus longs sont Brigades (zone départementale).
  • (3) L’objectif du Plan Particulier de Mise en Sûreté (PPMS) est de mettre en place une organisation interne à l’établissement scolaire permettant d’assurer la sécurité des élèves et des personnels, en attendant l’arrivée des secours. Son élaboration est de la responsabilité de l’Education Nationale. Il doit être réalisé par le chef d’établissement ou le directeur d’écoles.

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Vos réactions :

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andré-henri
le 14 mai 2011

il y a lon­gemps, jai ete "Directeur d'ECOLE" . Je découvre que la fonc­tion ne s'est pas amé­lio­rée et qu'il faut de fortes convic­tions pour l'exercer : ce qui explique la pénu­rie de can­di­dats. Bravo Collègue! et merci pour ton dévoue­ment. Il faut sau­ver l'Ecole Publque. Tu y contri­bues .Bien amicalement.

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Jessica M
le 23 septembre 2011

Yann Bloyet un excellent pro­fes­seur, en tout point de vue! Bravo pour sa fonc­tion de direc­teur :)
Une de ses anciennes élèves

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ydill
le 25 octobre 2011

Comment peut-on faire l'éloge de ce bou­quin farci de fautes gram­mai­cales , fade et si loin de la réa­lité de la vie des écoles de ZEP?

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