04.05.2011
7 réactions

Comment utiliser Facebook en classe ?

Initialement créé pour ras­sem­bler les lycéens et étudiants des pays anglo­phones, Facebook, le réseau social le plus uti­lisé par les élèves est aujourd'hui très peu exploité par le per­son­nel ensei­gnant. Comment uti­li­ser cet outil de manière inno­vante et sécu­ri­sée en classe ?

West McGowan/Flickr

Utiliser Facebook en cours ? La plu­part des ensei­gnants n'y songent même pas. Ils pensent ne pas avoir une maî­trise de l'outil suf­fi­sante de l'outil ou craignent de "perdre le contrôle". Pourtant, les fonc­tion­na­li­tés de Facebook se prêtent par­ti­cu­liè­re­ment à un usage péda­go­gique et les élèves sont friands de ce genre d'expérience en classe. Ce guide vous pro­pose des res­sources et des pistes pour exploi­ter de manière sécu­ri­sée le poten­tiel éduca­tif du réseau social le plus uti­lisé par les étudiants.

Protéger la confi­den­tia­lité des don­nées personnelles

Beaucoup d'enseignants hésitent à uti­li­ser Facebook en classe car ils ne sou­haitent pas que les élèves aient accès à leurs infor­ma­tions personnelles.

Il existe pour­tant des moyens simples de com­mu­ni­quer via un pro­fil Facebook avec les étudiants, sans mettre en dan­ger la confi­den­tia­lité de ses infor­ma­tions personnelles.

La solu­tion la plus facile reste de créer un deuxième pro­fil sur lequel l'enseignant ne par­ta­gera que des infor­ma­tions rela­tives au cours et pourra donc accep­ter ses élèves comme "amis". Il est conseillé d'y rem­pla­cer sa photo de pro­fil par un ava­tar et de choi­sir l'option « Ne pas affi­cher ma date de nais­sance sur mon pro­fil » dans les Informations de base.


Facebook en quelques mots

Facebook est un réseau social per­met­tant aux membres ins­crits de publier des infor­ma­tions et les par­ta­ger avec ses contacts ("amis") enre­gis­trés. A l'origine réservé aux uni­ver­si­taires d'Harvard, il est ouvert à tous depuis 2006. Son suc­cès est tel (plus de 500 mil­lions d'inscrits en 2010 selon le fon­da­teur M.Zuckerberg) que le terme est entré dans le dic­tion­naire anglais Collins.

Lexique français-Facebook

Fan, page, mur, tous les termes spé­ci­fiques à Facebook sont défi­nis dans le dic­tion­naire des réseaux sociaux d'e-mondeos.fr

Cependant, la créa­tion d'un deuxième pro­fil n'est pas obli­ga­toire puisqu'un réglage adapté des para­mètres de sécu­rité per­met de res­treindre ou d'autoriser l'accès aux infor­ma­tions per­son­nelles, selon les contacts. Facebook dis­pose en effet d'une fonc­tion­na­lité per­met­tant de clas­ser ses amis dans des listes aux­quelles l'on peut attri­buer dif­fé­rents droits d'accès. Un article de blog à des­ti­na­tion des ensei­gnants détaille la démarche à effec­tuer pour créer une liste de contact dédiée à vos élèves, avec des droits d'accès restreints.

Vous trou­ve­rez égale­ment sur Momiclic, un espace public numé­rique wal­lon, une pré­sen­ta­tion très com­plète des risques liés à l'utilisation de Facebook en classe, ainsi qu'un guide des para­mètres de sécu­rité et de confi­den­tia­lité offerts par le réseau social.

Utiliser les fonc­tion­na­li­tés de Facebook à des fins pédagogiques

Une fois la ques­tion de confi­den­tia­lité réglée, l'enseignant dis­pose de plu­sieurs choix d'outils selon la fina­lité du pro­jet péda­go­gique qu'il sou­haite mener.

Créer une page Facebook pour la classe per­met­tra à l'enseignant de pro­po­ser aux élèves des res­sources sup­plé­men­taires rela­tives aux cours ou à l'actualité de la classe. Sur une page, l'administrateur (en l'occurrence l'enseignant) peut publier des liens, des images ou des vidéos. Il décide égale­ment si les fans peuvent y par­ta­ger du contenu. L'enseignant peut donc contrô­ler le flux d'information sur le mur de la page.

Quelques pistes pour exploi­ter votre page de classe Facebook

  • pro­po­ser des res­sources en rela­tion avec le cours, des exer­cices, des liens Internet, comme sur la page de 5eA du col­lège André Maurois.
  • Présenter l'avancement d'un pro­jet péda­go­gique réa­lisé en groupe réduit, comme ces élèves qué­bé­cois de secon­daire : la page Facebook de leur pro­jet "Eau secours de la Yamaska" pré­sente en temps réel l'avancée de leur tra­vail à l'enseignant qui peut com­men­ter les dif­fé­rentes publications.
  • Exploiter les appli­ca­tions de visio-conférence ou de par­tage de docu­ments pour mon­ter des classes vir­tuelles (aide indi­vi­dua­li­sée, ensei­gne­ment à dis­tance) comme Jean-Marc Dumont.

L'avantage d'une page Facebook tient au fait que le contenu publié sur celle-ci appa­rait égale­ment sur le fil d'actualité des fans de la page (en l'occurrence celui des élèves.).

Un groupe Facebook offre les mêmes fonc­tion­na­li­tés qu'une page, mais le para­mé­trage des contrôles d'accès est plus fin : l'enseignant peut choi­sir d'accepter ou de refu­ser un membre pré­cis dans le groupe, alors qu'il ne peut res­treindre l'accès à une page que selon l'âge ou la zone géo­gra­phique des membres.

Quelques pistes pour exploi­ter les groupes Facebook

  • Fédérer les élèves autour d'un pro­jet impli­quant toute la classe, à l'image de cette ensei­gnante en his­toire qui a monté un groupe Facebook consa­cré à la 2nde guerre mon­diale. Les élèves y publient tout au long de l'année des res­sources (pho­tos, vidéos ou liens), au jour-anniversaire des évène­ments les plus mar­quants du conflit.
  • Effectuer un suivi des élèves en stage ou en alter­nance, en leur pro­po­sant d'échanger régu­liè­re­ment sur leur expé­rience pen­dant leur absence de la classe.

Une autre option consiste à créer une appli­ca­tion péda­go­gique pour Facebook avec les élèves. Ce type d'usage est beau­coup moins répandu puisqu'il néces­site quelques bases de pro­gram­ma­tion. On trouve néan­moins sur Internet des tuto­riels assez clairs (comme celui du blog "Apprendre Facebook") pour les néo­phytes sou­hai­tant se lan­cer dans la créa­tion d'une application.

Quelques pistes autour de la créa­tion d'une appli­ca­tion avec les élèves

  • Créer des tests, des quizz, comme dans cette ini­tia­tive des élèves du lycée Louis Armand de Chambéry , qui ont créé un test de lec­ture sur Bel-Ami de Maupassant, sous forme d'application Facebook.
  • Créer un outil de révi­sion ludique, grâce à une appli­ca­tion qui se sub­sti­tue aux fiches en publiant aléa­toi­re­ment les points-clés à rete­nir : Françoise Cahen, pro­fes­seur de lycée, a créé avec ses ter­mi­nales lit­té­raires une appli­ca­tion Facebook affi­chant de manière aléa­toire des cita­tions d'Homère, rele­vées et sai­sies par les élèves.

Alors que Luc Chatel vient d'annoncer son inten­tion de fer­mer les comptes Facebook des élèves har­ce­leurs, inté­grer l'outil à ses pra­tiques péda­go­giques est aussi l'occasion de sen­si­bi­li­ser les élèves à une uti­li­sa­tion rai­son­née du Web 2.0.

Elsa Doladille

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Vos réactions :

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Krokodilo
le 5 mai 2011

On apprend aux enfants à lais­ser peu d’infos sur Internet, n’est-il pas contra­dic­toire de les pous­ser à uti­li­ser un réseau notoi­re­ment connu pour la dif­fi­culté qu’il y a à en sor­tir ?
Cela revient aussi à obli­ger tous les élèves à y adhé­rer, c’est-à-dire à faire la pub de Facebook, alors qu’une par­tie des acti­vi­tés pro­po­sées peuvent être réa­li­sées sur de simples blogs. Et quid des élèves qui n’ont pas d’ordi ?
En outre, l’apprentissage et la mani­pu­la­tion de tout ça est très chro­no­phage ; est-ce un plus ou un gad­get pédagogique ?

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FC
le 6 mai 2011

Bonjour,
J’utilise face­book en com­plé­ment d'un site inter­net pour par­ta­ger l'actualité scien­ti­fique avec mes élèves. A noter qu'ils n'ont pas besoin de pos­sé­der un compte Facebook pour accé­der au mur.
Le site : http://www.monanneeaucollege.com
Le mur : https://www.facebook.com/pages/Mon-annee-au-coll%C3%A8ge/123018724428215

Cordialement
F Crégut

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ablachair
le 6 mai 2011

"La solu­tion la plus facile reste de créer un deuxième pro­fil sur lequel l'enseignant ne par­ta­gera que des infor­ma­tions rela­tives au cours et pourra donc accep­ter ses élèves comme "amis"."

Ce serait effec­ti­ve­ment l'idéal si c'était auto­risé par FB...
Ce genre de pra­tique est en effet expli­ci­te­ment inter­dit par leurs condi­tions d'utilisation :
http://fr-fr.facebook.com/terms.php?ref=pf, §4.2. :

"2. Vous ne crée­rez qu’un seul pro­fil personnel."

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Françoise
le 8 mai 2011

Bonjour, je suis Françoise Cahen, et je suis citée dans cet article inté­res­sant. Petite cor­rec­tion: le quiz "quel per­son­nage de Bel-Ami es'tu?" sur Facebook n'a pas été fait par le lycée de Chambéry, mais aussi par une de mes classes de seconde. Je vou­lais insis­ter sur le fait que je ne fais ouvrir à aucun élève un compte Facebook, et que pour élabo­rer les appli­ca­tions, nous fonc­tion­nons avant tout sur papier. En revanche, pour mon­trer aux élèves qu'un roman est un réseau social, nous avons créé des comptes Facebook à tous les per­son­nages de Bel-Ami, que mes élèves font ainsi vivre vir­tuel­le­ment le temps de l'étude du roman.

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Françoise
le 8 mai 2011

Je vous signale aussi l'utilisation de Facebook faite par Jean-Michel Le Baut au lycée de L'Iroise, qui a ouvert des comptes Facebook au nom des per­son­nages de Lorenzaccio de Musset.

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ericanto
le 7 août 2011

Partie 1

Dans votre article, vous par­lez de la confi­den­tia­lité, on peut y lire "Une fois la ques­tion de confi­den­tia­lité réglée...". Mais de quelle confi­den­tia­lité par­lez vous? Vous avez l'air de ne tenir compte que de la confi­den­tia­lité des infor­ma­tions per­son­nelles des pro­fes­seurs, et encore, que des pro­fes­seurs envers les élèves. Vous ne vous sou­ciez pas une seule seconde des don­nées des élèves et des pro­fes­seurs offertes à une entre­prise pour le moins obs­cure. Masquer sa date de nais­sance ne la fait pas dis­pa­raître et même ceux qui ne mettent "rien" sur face­book par­ti­cipent à la for­ma­tion d'une for­mi­dable base de don­née ras­sem­blant au mini­mum adresses IP et noms et en moyenne bien plus que l’horrible fichier Edvige.

Après, au delà de la confi­den­tia­lité, il y a la ques­tion du choix. Un pro­fes­seur, en uti­li­sant Facebook laisse t'il le choix à ses élèves, d'utiliser ou non Facebook? Le choix revient t-il au pro­fes­seur ou à l'élève et sa famille? Et même si l'élève n'est pas "obligé" de s'inscrire, n'est ce pas une stig­ma­ti­sa­tion et un mar­gi­na­li­sa­tion sup­plé­men­taire pour ceux qui font le choix de ne pas uti­li­ser Facebook? Ou même de ceux de plus en plus rares et de plus en plus stig­ma­ti­sés n'ayant pas accès à l'outil informatique?

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ericanto2
le 8 août 2011

Partie 2

Je sou­haite rap­pe­ler que les pro­fes­seurs et l'école ont une très grande influence sur les élèves; l'usage de tel ou tel logi­ciel s'apparente à une drogue numé­rique à laquelle les enfants sont habi­tués dès l'enfance et ne s'en détachent plus. Pourquoi les gens uti­lisent Windows? Tout sim­ple­ment parce qu'ils n'ont jamais rien uti­lisé d'autre et parce qu'ils ont été habi­tués dès l'enfance. C'est pour­quoi l'usage de pro­grammes et de ser­vices com­mer­ciaux doit être stric­te­ment enca­dré dans le milieu sco­laire, et ici, il est bien ques­tion de pro­grammes com­mer­ciaux, Facebook n'étant pas un œuvre de cha­rité, il faut se deman­der d'où vient leur ren­ta­bi­lité.
On assiste actuel­le­ment à une offi­cia­li­sa­tion de face­book qui n'a pas lieu d'être, face­book n'a pas à être uti­lisé par les ser­vices publics.
Ce n'est pas parce que Facebook uti­lise des petits visuels bleu et sobre qu'il faut le prendre pour un outil offi­ciel, et j'espère ne plus avoir à lire d'autres article comme celui-ci, j'imagine bien un "apprendre à comp­ter avec Pokémon" ou alors "faire cours sur msn" ou pour­quoi pas une "opé­ra­tion un sky­blog par élève".

De plus, comme indi­qué par abla­chair, il est inter­dit de créer plu­sieurs pro­fils sur Facebook.

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