Josette Théophile : « La meilleure formation pour les enseignants commence par la pratique »

Début avril, Luc Chatel annonçait avoir demandé aux proviseurs de recruter, via Pôle emploi, des remplaçants en cas d'absence des professeurs. Comment se déroule ce recrutement et sur quels critères ? Josette Théophile, Directrice Générale des Ressources Humaines de l'Education Nationale, nous répond.

josetteTPETITLe recrutement des enseignants via Pôle Emploi pour remplacer des titulaires absents est-il désormais systématique ?

Non, puisque pour remplacer les enseignants absents, il y a d’abord les titulaires en zone de remplacement. Au nombre de 50.000, ils représentent approximativement 8 % de nos effectifs pour environ 5 % d’absents. Nous avons recours à Pôle Emploi pour des situations de remplacement qui ne peuvent être assurées par ces titulaires déjà occupés sur des périodes longues et des absences prévisibles. Le recours aux contractuels répond donc à des absences ponctuelles qui nécessitent une grande réactivité.

Qui sont ces futurs enseignants et sur quels critères sont-ils recrutés via Pôle Emploi ?

Nous privilégions très naturellement les personnes qui ont déjà enseigné. Ensuite, notre vivier de contractuels est traditionnellement constitué par des étudiants titulaires d’une licence ou d’un master. Nous comptons également sur les jeunes retraités, ayant toutes les compétences, et le niveau de garantie nécessaire pour enseigner. Nous sollicitons ceux qui viennent tout juste de quitter l’Education nationale, qui connaissent l’exercice du métier et qui souhaitent intervenir ponctuellement.

Comment se déroule ce recrutement ?

Très simplement et de manière assez classique. Il est d’ailleurs déjà courant au niveau des académies et des établissements. Dans un premier temps, le Rectorat ou le chef d’établissement concerné fait précisément connaître à Pôle Emploi le type d’enseignant qu’il recherche : sa discipline et ses caractéristiques d’intervention. Une fois sélectionnée par Pôle Emploi, cette personne passe un entretien d’accueil auprès du responsable d’établissement, puis prend ses fonctions. Une inspection permet de valider, par la suite, ses compétences pour enseigner.

Ce mode de recrutement est-il véritablement adapté à l’Education Nationale et plus précisément au métier d’enseignant ?

Il est adapté aux compétences que nous recherchons pour un enseignant : un certain niveau dans la discipline et une capacité à enseigner. Même si, à la différence des titulaires remplaçants, ils n’ont pas passé le concours, ils ont cependant via l’acquisition de leur diplôme, le niveau demandé et par conséquent les compétences pour enseigner. Je crois que la meilleure formation pour les enseignants commence par l’exercice de la pratique.

Quelles autres mesures ont été prises pour faciliter le remplacement des enseignants absents ?

Au niveau des académies et des établissements, la mise en place de référents facilite désormais la coordination des remplacements. A cela s’ajoute l’assouplissement des zones d’intervention des titulaires remplaçants. Ils peuvent maintenant, via des conventions passées entre les académies, intervenir beaucoup plus facilement d’une zone académique à une autre. Des mesures qui permettent une collaboration directe, rapide et efficace entre les rectorats et les établissements pour pallier les absences des enseignants.


Gérald Dudouet

16 commentaires sur "Josette Théophile : « La meilleure formation pour les enseignants commence par la pratique »"

  1. jm  22 avril 2011 à 14 h 43 min

    Quelle tristesse de lire pareils âneries:-( la meilleure formation commence par la pratique… et on devrait commencer par mettre le futur boulanger au fournil, le futur menuisier sur sa machine…
    Quant aux remplaçants… Dans notre école, enseignants solides ;-)…13 jours d’absences sur l’année… 1 jour remplacé, aujourd’hui !!!
    Tout arriveSignaler un abus

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  2. bachaga  22 avril 2011 à 15 h 03 min

    Autrefois, quand j’étais enseignant, on ne manquait pas de rappeler que les apprentissages s’appuyaient fortement sur la répétition. En terme de recrutement il semble que l’on pense à revenir à des bonnes habitudes qui étaient monnaie courante dans les enseignements à recrutement difficile (techniques)…….chercher dans une zone bien déterminée des potentialités disponibles tant chez les actifs, les retraités que parmi ceux en recherche d’emploi ayant les capacités (diplômes de recrutement) et une disponibilité suffisante……j’ai même connu des recrutements d’actifs, en accord avec les entreprises « employeurs » pour des heures de cours (2,4 voire 6 heures hebdomadaires durant une période déterminée qui a pu atteindre l’année, et ainsi nous disposions de contractuels volontaires, encouragés: par l’entreprise pour de très nombreuses raisons (emploi de pré-retraités, de retraités ou d’actifs dégagés d’un temps de travail pour les besoins de la cause: il s’agissait alors de disciplines techniques, ou para-techniques……je constate aujourd’hui que l’on pense à toutes les disciplines et peut-être que l(Université peut constituer un fameux vivier……ET un moyen de tester capacités, compétences et vocation. Ces pratiques sont connues du Ministère et d’Associations qui pratiquent ainsi dans les Pays francophones.
    A; neuveut, enseignant et ex proviseur de Collège technique, puis lycée professionnel.Signaler un abus

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  3. Florence Castincaud  22 avril 2011 à 15 h 12 min

    Bonjour,
    Les propos de Mme Théophile ( » la meilleure for­ma­tion pour les ensei­gnants com­mence par l’exercice de la pratique ») entretiennent (au mieux) la confusion entre une formation qui allie assez tôt contacts avec le terrain et formation réflexive, et une absence de formation justifiée par l’idée désolante que de jeunes étudiants projetés dans les classes vont trouver ex nihilo, avec quelques bons conseils de leurs pairs, les façons de faire professionnelles. Un de ces jeunes étudiants, arrivé en remplacement dans mon établissement, et pourtant accueilli et épaulé, a démissionné en trois jours, avec un sentiment d’échec dommageable, sans compter le regrettable effet produit sur les élèves…
    Retrouvons une vraie politique de formation et de recrutement, avec un corps de remplaçants digne de ce nom !
    Florence CastincaudSignaler un abus

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  4. enseignant C unMétier  22 avril 2011 à 16 h 35 min

    Je crois que je rêve !!!! Madame Josette Théophile, DRH (quel affreux titre) ne sait pas qu’un enseignant est un professionnel qui doit apprendre son métier. Alors je suggère à cette dame, lorsqu’elle aura besoin d’une intervention chirurgicale, qu’elle embauche, (en CDD bien sûr), un titulaire de licence ou master de bio, et qu’il se fasse la main sur son foie ou son poumon. Après tout, »la meilleure for­ma­tion pour les ensei­gnants com­mence par l’exercice de la pratique », pour les chirurgiens, c’est sûrement pareil, non ?Signaler un abus

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  5. Eric  22 avril 2011 à 17 h 07 min

    Et c’est pour cela que le concours de enseignants ne se base quasiment que sur un niveau théorique. On se serait trompé dans le recrutement depuis des décennies et on se tromperait encore ! Un poids, deux mesures ? Qui Mme Théophile veut convaincre ? Quels arguments doit-elle avancer pour faire avaler la couleuvre du recrutement des remplacements via PoelEmploi. Comme dans toute DRH, privée ou publique maintenant, la fin justifie les moyens ! Aberrant !Signaler un abus

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