22.04.2011
15 réactions

Josette Théophile : « La meilleure formation pour les enseignants commence par la pratique »

Début avril, Luc Chatel annon­çait avoir demandé aux pro­vi­seurs de recru­ter, via Pôle emploi, des rem­pla­çants en cas d'absence des pro­fes­seurs. Comment se déroule ce recru­te­ment et sur quels cri­tères ? Josette Théophile, Directrice Générale des Ressources Humaines de l'Education Nationale, nous répond.

Le recru­te­ment des ensei­gnants via Pôle Emploi pour rem­pla­cer des titu­laires absents est-il désor­mais systématique ?

Non, puisque pour rem­pla­cer les ensei­gnants absents, il y a d'abord les titu­laires en zone de rem­pla­ce­ment. Au nombre de 50.000, ils repré­sentent approxi­ma­ti­ve­ment 8 % de nos effec­tifs pour envi­ron 5 % d'absents. Nous avons recours à Pôle Emploi pour des situa­tions de rem­pla­ce­ment qui ne peuvent être assu­rées par ces titu­laires déjà occu­pés sur des périodes longues et des absences pré­vi­sibles. Le recours aux contrac­tuels répond donc à des absences ponc­tuelles qui néces­sitent une grande réactivité.

Qui sont ces futurs ensei­gnants et sur quels cri­tères sont-ils recru­tés via Pôle Emploi ?

Nous pri­vi­lé­gions très natu­rel­le­ment les per­sonnes qui ont déjà ensei­gné. Ensuite, notre vivier de contrac­tuels est tra­di­tion­nel­le­ment consti­tué par des étudiants titu­laires d'une licence ou d'un mas­ter. Nous comp­tons égale­ment sur les jeunes retrai­tés, ayant toutes les com­pé­tences, et le niveau de garan­tie néces­saire pour ensei­gner. Nous sol­li­ci­tons ceux qui viennent tout juste de quit­ter l'Education natio­nale, qui connaissent l'exercice du métier et qui sou­haitent inter­ve­nir ponctuellement.

Comment se déroule ce recrutement ?

Très sim­ple­ment et de manière assez clas­sique. Il est d'ailleurs déjà cou­rant au niveau des aca­dé­mies et des établis­se­ments. Dans un pre­mier temps, le Rectorat ou le chef d'établissement concerné fait pré­ci­sé­ment connaître à Pôle Emploi le type d'enseignant qu'il recherche : sa dis­ci­pline et ses carac­té­ris­tiques d'intervention. Une fois sélec­tion­née par Pôle Emploi, cette per­sonne passe un entre­tien d'accueil auprès du res­pon­sable d'établissement, puis prend ses fonc­tions. Une ins­pec­tion per­met de vali­der, par la suite, ses com­pé­tences pour enseigner.

Ce mode de recru­te­ment est-il véri­ta­ble­ment adapté à l'Education Nationale et plus pré­ci­sé­ment au métier d'enseignant ?

Il est adapté aux com­pé­tences que nous recher­chons pour un ensei­gnant : un cer­tain niveau dans la dis­ci­pline et une capa­cité à ensei­gner. Même si, à la dif­fé­rence des titu­laires rem­pla­çants, ils n'ont pas passé le concours, ils ont cepen­dant via l'acquisition de leur diplôme, le niveau demandé et par consé­quent les com­pé­tences pour ensei­gner. Je crois que la meilleure for­ma­tion pour les ensei­gnants com­mence par l'exercice de la pratique.

Quelles autres mesures ont été prises pour faci­li­ter le rem­pla­ce­ment des ensei­gnants absents ?

Au niveau des aca­dé­mies et des établis­se­ments, la mise en place de réfé­rents faci­lite désor­mais la coor­di­na­tion des rem­pla­ce­ments. A cela s'ajoute l'assouplissement des zones d'intervention des titu­laires rem­pla­çants. Ils peuvent main­te­nant, via des conven­tions pas­sées entre les aca­dé­mies, inter­ve­nir beau­coup plus faci­le­ment d'une zone aca­dé­mique à une autre. Des mesures qui per­mettent une col­la­bo­ra­tion directe, rapide et effi­cace entre les rec­to­rats et les établis­se­ments pour pal­lier les absences des enseignants.


Gérald Dudouet


-

Vous souhaitez réagir sur cet article :

Open-close

Modération par la rédaction de VousNousIls.

Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Vos réactions :

Open-close
jm
le 22 avril 2011

Quelle tris­tesse de lire pareils âneries:-( la meilleure for­ma­tion com­mence par la pra­tique... et on devrait com­men­cer par mettre le futur bou­lan­ger au four­nil, le futur menui­sier sur sa machine...
Quant aux rem­pla­çants... Dans notre école, ensei­gnants solides ;-) ...13 jours d'absences sur l'année... 1 jour rem­placé, aujourd'hui !!!
Tout arrive

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

bachaga
le 22 avril 2011

Autrefois, quand j'étais ensei­gnant, on ne man­quait pas de rap­pe­ler que les appren­tis­sages s'appuyaient for­te­ment sur la répé­ti­tion. En terme de recru­te­ment il semble que l'on pense à reve­nir à des bonnes habi­tudes qui étaient mon­naie cou­rante dans les ensei­gne­ments à recru­te­ment dif­fi­cile (techniques).......chercher dans une zone bien déter­mi­née des poten­tia­li­tés dis­po­nibles tant chez les actifs, les retrai­tés que parmi ceux en recherche d'emploi ayant les capa­ci­tés (diplômes de recru­te­ment) et une dis­po­ni­bi­lité suffisante......j'ai même connu des recru­te­ments d'actifs, en accord avec les entre­prises "employeurs" pour des heures de cours (2,4 voire 6 heures heb­do­ma­daires durant une période déter­mi­née qui a pu atteindre l'année, et ainsi nous dis­po­sions de contrac­tuels volon­taires, encou­ra­gés: par l'entreprise pour de très nom­breuses rai­sons (emploi de pré-retraités, de retrai­tés ou d'actifs déga­gés d'un temps de tra­vail pour les besoins de la cause: il s'agissait alors de dis­ci­plines tech­niques, ou para-techniques......je constate aujourd'hui que l'on pense à toutes les dis­ci­plines et peut-être que l(Université peut consti­tuer un fameux vivier......ET un moyen de tes­ter capa­ci­tés, com­pé­tences et voca­tion. Ces pra­tiques sont connues du Ministère et d'Associations qui pra­tiquent ainsi dans les Pays fran­co­phones.
A; neu­veut, ensei­gnant et ex pro­vi­seur de Collège tech­nique, puis lycée professionnel.

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

Florence Castincaud
le 22 avril 2011

Bonjour,
Les pro­pos de Mme Théophile (" la meilleure for­ma­tion pour les ensei­gnants com­mence par l'exercice de la pra­tique") entre­tiennent (au mieux) la confu­sion entre une for­ma­tion qui allie assez tôt contacts avec le ter­rain et for­ma­tion réflexive, et une absence de for­ma­tion jus­ti­fiée par l'idée déso­lante que de jeunes étudiants pro­je­tés dans les classes vont trou­ver ex nihilo, avec quelques bons conseils de leurs pairs, les façons de faire pro­fes­sion­nelles. Un de ces jeunes étudiants, arrivé en rem­pla­ce­ment dans mon établis­se­ment, et pour­tant accueilli et épaulé, a démis­sionné en trois jours, avec un sen­ti­ment d'échec dom­ma­geable, sans comp­ter le regret­table effet pro­duit sur les élèves...
Retrouvons une vraie poli­tique de for­ma­tion et de recru­te­ment, avec un corps de rem­pla­çants digne de ce nom !
Florence Castincaud

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

enseignant C unMétier
le 22 avril 2011

Je crois que je rêve !!!! Madame Josette Théophile, DRH (quel affreux titre) ne sait pas qu'un ensei­gnant est un pro­fes­sion­nel qui doit apprendre son métier. Alors je sug­gère à cette dame, lorsqu'elle aura besoin d'une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale, qu'elle embauche, (en CDD bien sûr), un titu­laire de licence ou mas­ter de bio, et qu'il se fasse la main sur son foie ou son pou­mon. Après tout,"la meilleure for­ma­tion pour les ensei­gnants com­mence par l'exercice de la pra­tique", pour les chi­rur­giens, c'est sûre­ment pareil, non ?

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

Eric
le 22 avril 2011

Et c'est pour cela que le concours de ensei­gnants ne se base qua­si­ment que sur un niveau théo­rique. On se serait trompé dans le recru­te­ment depuis des décen­nies et on se trom­pe­rait encore ! Un poids, deux mesures ? Qui Mme Théophile veut convaincre ? Quels argu­ments doit-elle avan­cer pour faire ava­ler la cou­leuvre du recru­te­ment des rem­pla­ce­ments via PoelEmploi. Comme dans toute DRH, pri­vée ou publique main­te­nant, la fin jus­ti­fie les moyens ! Aberrant !

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

Lonepsi
le 22 avril 2011

Je me demande com­ment ce cadre de l'Éducation Nationale réagi­rait si elle était confron­tée à un maçon, un méde­cin, un archi­tecte, un répa­ra­teur, un gara­giste qui lui annon­ce­rait qu'il est en for­ma­tion "sur le tas" au risques et périls du client. Approuverait-elle ? J'imagine la scène ... sur­tout face à un den­tiste qui soi­gne­rait son enfant ...

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

Bianca
le 23 avril 2011

Que dirait cette bonne dame si lors d'une opé­ra­tion, elle voyait arri­ver un étudiant en licence de bio et que le direc­teur de l'hôpital la ras­sure en lui affir­mant que la meilleure for­ma­tion de chi­rur­gien c'est de com­men­cer par la pratique?

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

Caroudel
le 23 avril 2011

1. Dire 8% de rem­pla­çants laisse sup­po­ser qu'il serait pos­sible de rem­pla­cer les 5% d'absents, comme si les absents pou­vaient être carac­té­ri­sés par une moyenne ou comme si on lais­sait sup­po­ser que des rem­pla­çants ne sont pas uti­li­sés...
2. Je croyais qu'à la retraite (même "jeune") le fonc­tion­naire n'avait pas le droit d'être employé par L'E.N. et pas­sons sur le cumul de revenu et sur­tout la place occu­pée inter­di­sant à un vrai jeune d'occuper le poste...
3. Affirmer que dis­po­ser du niveau est suf­fi­sant pour ensei­gner (cela don­ne­rait "les com­pé­tences pour ensei­gner") me fait pen­ser à ce sujet d'examen de fin d'année en for­ma­tion : "est-il suf­fi­sant de dis­po­ser des connais­sances qu'on doit ensei­gner ou alors faut-il dis­po­ser de com­pé­tences com­plé­men­taires ? Lesquelles ? "
4. Et si la meilleure for­ma­tion est pra­tique que n'a-t-on conservé la for­ma­tion en alter­nance où l'étudiant dis­po­sait de temps pré­cieux pour digé­rer les ensei­gne­ments tirés de ses pre­miers cours et inté­grer les nou­velles connais­sances acquises pour amé­lio­rer son ensei­gne­ment.
5. Faut-il rap­pe­ler que les sup­pres­sions de postes ont d'abord affecté les rem­pla­ce­ments ? Et quel rôle devrait jouer tout rem­pla­çant non posté auprès des élèves en dif­fi­culté...? etc.
6. Espérons des jours meilleurs pour la for­ma­tion ini­tiale et conti­nue et les remplacements

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

flavy
le 23 avril 2011

J'ai l'impression encore une fois que cette façon de fonc­tion­ner va bien finir par conten­ter de nom­breuses per­sonnes (profs à la retraite qui veulent retour­ner devant les classes, cer­tains par envie, d'autres par besoin; des étudiants, cer­tains qui vou­dront essayer le métier, la plu­part atti­rés par une rému­né­ra­tion décente je l'espère, sou­vent les deux à la fois); donc ceux qui vont réagir comme je le fais vont pas­ser pour des râleurs....
Mais fran­che­ment où est l'ambition dans cette atti­tude???? celle d'éduquer, de don­ner à un maxi­mum d'élèves un bagage qui donne envie de conti­nuer à apprendre dans la vie, et une culture qui per­met de se réa­li­ser autre­ment que par l'argent?? celle de for­mer des futurs ensei­gnants à savoir pour­quoi ils enseignent et donc à savoir trans­mettre des connais­sances et du sens??
A force de ne pen­ser qu'à trou­ver des solu­tions dans l'urgence on oublie de regar­der où l'on va....
J'aimerais entendre de temps en temps par­ler d'éducation de qualité!!

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

pierrejean88
le 23 avril 2011

com­ment peut-on accep­ter que de telles contre –véri­tés se disent, se pensent et s'écrivent?
Décidément, plus l'ânerie est grosse et plus on cherche à la faire avaler !

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

BORROPIMP
le 24 avril 2011

Mais bien sûr,... les TZR (Titulaires sur Zone de Remplacement) sont des pions cor­véables à merci...
Merci Madame la DRH.

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

mbourlier
le 27 avril 2011

Informations men­son­gères ! Je suis ensei­gnant en congé longue durée depuis 1 an 1/2 et depuis le début de ma mala­die, je n'ai jamais été rem­placé que par des contrac­tuels sans aucune expé­rience, tant sur le plan dis­ci­pli­naire que le plan péda­go­gique ! La sup­pres­sion annon­cée de 9 000 ensei­gnants ne fera qu'aggraver les choses. On assiste à un tra­vail de sape orga­ni­sée du ser­vice public d'éducation par le gou­ver­ne­ment actuel qui n'a pour seul objec­tif la mort de celui-ci au béné­fice de l'enseignement privé.

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

fred
le 10 mai 2011

Les contrac­tuels ne sont pas seule­ment recru­tés pour des rem­pla­ce­ment de courte durée. Ils sont recru­tés de plus en plus sou­vent pour des postes à l'année et dans des pro­por­tions qui ne sont pas du tout ano­dines. La pra­tique est la meilleure des for­ma­tions pour les ensei­gnants ? Soit mais de quelle pra­tique s'agit-il ? Ils ont sup­pri­més l'année de for­ma­tion qui per­met­tait aux jeunes ensei­gnants la pre­mière année de ne pas effec­tuer un ser­vice à temps plein. La meilleure des for­ma­tione sup­pose d'avoir le temps de se for­mer, d'avoir du recul sur la pra­tique qu'on découvre, ce qui a été anéanti de manière aber­rante par la soi-disant réforme de la for­ma­tion. Un dis­cours de com­mu­ni­ca­tion par­fai­te­ment à l'image de ce qu'est devenu ce minis­tère : un minis­tère du men­songe sans ver­gogne où tout va très bien madame la marquise.

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

Mireille
le 19 août 2011

Cette per­sonne a oeu­vré en son temps à la RATP, mais sou­vent pas au goût des sala­riés de l'entreprise. Je crains qu'il en soit de même pour l'éducation natio­nale.
S'il y a 8% de rem­pla­çants pour 5% d'absents, com­ment se fait-il qu'il y ait autant de non rem­pla­cés pen­dants l'année sco­laire ? Je ne savais pas qu'un diplôme don­nait les com­pé­tences pour ensei­gner, que fait-on de la péda­go­gie ? Cela ne doit plus exis­ter. Tout ce que je sais c'est qu'il y a quelques années, j'ai été rem­pla­cée par une contrac­tuelle qui venait ensei­gner pour payer les frais de res­tau­ra­tion de sa mai­son, ce doit être ça qui s'appelle "pédagogie".

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

carole
le 21 août 2011

Cette inter­view est juste hon­teuse ! recru­ter de jeunes retrai­tés ... ou des contrac­tuels, on est dans l'économie pure — et la notion de qua­lité de l'éducation ?? La for­ma­tion ini­tiale, la valo­ri­sa­tion du sta­tut (car ce n'est pas valo­ri­ser que de dire en gros, tout le monde peut faire ce métier!), encou­ra­ger les débu­tants ... rien dans cette inter­view ! La France est déjà poin­tée par PISA et pire, der­nière de l'OCDE dans le ratio enseignant/élèves ... et on essaye encore de réduire les moyens humains ! On tue la voca­tion ... car on dégoûte les jeunes qui ont vrai­ment envie d'enseigner, on sape une vraie for­ma­tion alter­nant théorie/pratique... Et on rentre dans une logique pure­ment écono­mique de recru­te­ment alors que c'est une mis­sion d’intérêt géné­ral, ce n'est pas un métier comme les autres !

Signaler un com­men­taire inap­pro­prié

15 réactions