13.04.2011
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Twitter en classe : une pratique qui séduit professeurs et élèves

Les ensei­gnants sont de plus en plus nom­breux à uti­li­ser les réseaux sociaux en cours. Twitter se prête par­ti­cu­liè­re­ment à la mise en place d'initiatives péda­go­giques ori­gi­nales, de la mater­nelle à l'université. Qu'apporte l'utilisation d'un tel outil en classe et com­ment exploi­ter ses fonc­tion­na­li­tés dans le cadre scolaire ?

Rosaura Ochoa

Ils sont nom­breux à avoir emboîté le pas de Laurence Juin, l'une des pre­mières ensei­gnantes à avoir pris conscience du poten­tiel péda­go­gique de l'outil de micro-blogging. Cette pro­fes­seure d'histoire-géographie et de fran­çais en lycée pro­fes­sion­nel a en effet depuis près de deux ans plei­ne­ment inté­gré Twitter à son ensei­gne­ment. Aujourd'hui, même si les "Twittclasses" (1) res­tent rela­ti­ve­ment mar­gi­nales (seules 72 "Twittclasses" fran­co­phones, de la mater­nelle à l'enseignement supé­rieur, sont réfé­ren­cées), un nombre crois­sant de pro­jets péda­go­giques se construisent autour du réseau social le plus actif du Web.

Twitter en pri­maire : un vec­teur pour l'apprentissage du français

Jean-Roch Masson, ins­ti­tu­teur de pri­maire à Dunkerque, expé­ri­mente depuis la ren­trée 2010 l'utilisation de Twitter en cours, un "humble tâton­ne­ment" pour l'instant, comme il le défi­nit lui-même. Sur le fil de sa classe de CP (@classe_masson), les élèves sont invi­tés à twee­ter chaque jour autour d'une acti­vité réa­li­sée en classe : la réso­lu­tion col­lec­tive d'une énigme ou d'un pro­blème mathé­ma­tique posé par le pro­fes­seur par exemple. Jean-Roch fait état d'un fort engoue­ment des élèves pour l'outil : "La moti­va­tion de l'utilisation de Twitter fonc­tionne plei­ne­ment. J'exerce depuis 10 ans en CP, et c'est la pre­mière année que tant d'élèves veulent écrire." L'initiative de Jean-Roch Masson a fait l'objet d'un repor­tage dif­fusé au JT de 20h sur France 2 :

Amandine Terrier, pro­fes­seur de CE2, CM1 et CM2, uti­lise égale­ment Twitter avec ses élèves, notam­ment lors des sor­ties scolaires, suite aux­quelles les enfants peuvent twee­ter leurs découvertes. 


Twitter en quelques mots

Twitter est un réseau social per­met­tant de par­ta­ger de très courts mes­sages (moins de 140 carac­tères) avec une com­mu­nauté d'utilisateurs. Ces mes­sages ("tweets") seront publiés sur le fil d'informations de tous les uti­li­sa­teurs ayant choisi de les rece­voir (vos "abonnés").

Les blogs des enseignants utilisant Twitter

Pour les ensei­gnants sou­hai­tant exploi­ter les pos­si­bi­li­tés de Twitter en classe, voici une liste de blogs d'enseignants en "Twittclasses" et pro­po­sant des pistes :
Laurence Juin : from­pen­ny­lane
Jean-Roch Masson : élucu­bra­tions péda­go­giques
Amandine Terrier: jour­nal Twitter
Jeff Tavernier : tice his­toire géo
Eric Delcroix : les z'ed
David Cordina : blog

Twitter au col­lège et lycée : un moteur pour l'implication de l'élève

Laurence Juin est l'une des pre­mières ensei­gnantes à avoir expé­ri­menté l'utilisation de Twitter en classe. Ses classes de bac pro sont sur Twitter depuis la ren­trée 2009. Très vite, elle a inté­gré l'outil à sa péda­go­gie quo­ti­dienne. L'élève y devient acteur en twee­tant sur le fil de la classe des infor­ma­tions et res­sources com­plé­men­taires, pen­dant un cours magis­tral ou après le vision­nage d'un docu­men­taire par exemple. Pendant la dif­fu­sion de la pièce de théâtre Seznec, les élèves étaient ainsi invi­tés à twee­ter sous les hash­tags #cou­pable ou #non­cou­pable, en déve­lop­pant leurs argu­ments dans les tweets.

Twitter dans l'enseignement supé­rieur : un outil de tra­vail collaboratif

Dans l'enseignement supé­rieur, c'est l'aspect com­mu­nau­taire de Twitter qui consti­tue un atout non négli­geable dans l'enrichissement du tra­vail per­son­nel des étudiants. A l'université de Lille 3, la pro­mo­tion 2010 de Master SID  d'Eric Delcroix se ser­vait de Twitter pour mutua­li­ser les prises de notes sous un hash­tag (2) com­mun (#internet2010). Eric espé­rait ainsi trans­cen­der les "sem­pi­ter­nels expo­sés, où trop sou­vent les étudiants écoutent mais res­tent rela­ti­ve­ment pas­sifs et res­sortent avec [son] seul avis sur cer­taines pro­blé­ma­tiques ! ". Twitter a aussi per­mis à des per­sonnes exté­rieures à la classe de "suivre" l'exposé en direct et y appor­ter des com­plé­ments d'information (liens, res­sources...). Eric Delcroix s'est exprimé sur cette ini­tia­tive ori­gi­nale dans une vidéo pos­tée sur le site de La Voix du Nord.

David Cordina, pro­fes­seur de FLE à Lille 1 uti­lise égale­ment Twitter comme outil péda­go­gique de l'écrit pour sa matière depuis 2009. Il en a isolé deux prin­ci­paux usages : la prise de notes col­lec­tive sur un compte com­mun ( @flelille1) et l'accompagnement des étudiants au cours de leur stage, pen­dant lequel ils tweetent sous un hash­tag com­mun (#DAE).

Twitter serait-il en passe de deve­nir l'outil incon­tour­nable des salles de cours? Les retours posi­tifs des ensei­gnants en Twittclasse semblent aller dans ce sens !

Elsa Doladille

Note(s) :
  • (1) Classes utilisant Twitter dans leurs travaux quotidiens
  • (2) moyen pour ajouter des informations additionnelles au tweets pour les catégoriser selon un contexte. une information permetant de les lier à un groupe de tweets décrivant un évenement ou un lieu (définition Twitteradar.com

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Marico
le 14 avril 2011

Démarches inté­res­santes. Seulement, elles me semblent bien incom­pa­tibles avec le carac­tère public de Twitter, où se côtoient indi­vi­dus, marques, blog­gers, sources d'information diverses et variées. Je trou­ve­rais ça plus inté­res­sant d'appliquer le prin­cipe de la pla­te­forme à un réseau un peu plus res­treint, l'intranet de l'établissement en ques­tion, par exemple.

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DAvidCordina
le 15 avril 2011

Bonjour
Merci de ce mes­sage. Rectificatif : je suis actuel­le­ment en Inde à la direc­tion des cours de l'Alliance Française de Bombay et je conti­nue lar­ge­ment à uti­li­ser Twitter en classe et dans nos centres. Je réponds à Marico. Oui, certes, il faut pro­té­ger et sur­tout éduquer les appre­nants à la publi­ca­tion dans des espaces publics mais fer­mer le réseau (comme pour un intra­net), c'est se pri­ver de la séren­di­pité qui nous a per­mis Laurence Juin et moi-même de nous ren­con­trer vir­tuel­le­ment, et sur­tout de faire ren­con­trer nos classes pour des pro­jets com­muns. Alors, fer­mer, non mais ouvrir et res­ter conscient de ce que l'on lit et écrit oui. (je ne parle pas des balises #hash­tags qui per­mettent égale­ment de fil­trer le débit des messages)

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Marico
le 15 avril 2011

Effectivement, votre mes­sage est un bon com­plé­ment. Et vous avez rai­son sur un point essen­tiel : il n'est jamais trop tôt pour apprendre à cette nou­velle jeu­nesse connec­tée que tout contenu publié sur Internet l'est d'abord par un être humain, qui se trouve être le pre­mier et meilleur filtre de l'information qu'il dif­fuse.
Et je vous suis égale­ment pour trai­ter Twitter non pas comme un réseau social ou une pla­te­forme de micro-blogging, mais plu­tôt comme une source d'information qua­li­fiable qui laisse à ses usa­gers des mil­liers de pos­si­bi­li­tés d'exploitation :)
Bonne continuation !

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