02.03.2011
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La série STI se convertit au développement durable

Grenelle de l'environnement oblige, la filière STI (sciences et tech­no­lo­gies indus­trielles) se réor­ga­nise autour des pro­blé­ma­tiques du déve­lop­pe­ment durable. Les expli­ca­tions de Jean-Michel Blanquer, direc­teur géné­ral de l'enseignement sco­laire (DGESCO) au minis­tère de l'Education nationale.

Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire, au ministère le vendredi 26 novembre 2010 - ©Philippe Devernay

Autrefois divi­sée en treize spé­cia­li­tés, la filière STI se trans­for­mera, à la ren­trée 2011, en série STI2D (sciences et tech­no­lo­gies de l'industrie et du déve­lop­pe­ment durable) ne comp­tant plus que quatre spé­cia­li­tés. Pourquoi ce changement ?

Cette forte spé­cia­li­sa­tion limi­tait les pos­si­bi­li­tés d'orientation des élèves, dans le supé­rieur notam­ment. D'où une chute de 20 % des effec­tifs de la filière depuis dix ans, alors que notre pays a besoin de tech­ni­ciens hau­te­ment qua­li­fiés. Unanimement atten­due, cette moder­ni­sa­tion fait donc place à plus de poly­va­lence, afin de rendre son attrac­ti­vité à l'enseignement tech­no­lo­gique. En par­ti­cu­lier auprès des filles, qui repré­sentent moins de 10% du total, et des futurs ingé­nieurs. Mais les élèves, en effet, pour­ront faire leur choix entre quatre spé­cia­li­tés, com­plé­tant les ensei­gne­ments trans­ver­saux : archi­tec­ture et concep­tion, éner­gie et envi­ron­ne­ment, inno­va­tion tech­no­lo­gique et éco-conception, sys­tèmes d'information et numérique.

Toutes intègrent les enjeux du déve­lop­pe­ment durable...

Oui, puisque ceux-ci se placent aujourd'hui au cœur des pré­oc­cu­pa­tions du monde indus­triel. Le Grenelle de l'environnement a mis en évidence l'opportunité d'en faire un levier de crois­sance. Au même titre que les impé­ra­tifs de sécu­rité ou de fia­bi­lité, les contraintes envi­ron­ne­men­tales seront donc sys­té­ma­ti­que­ment prises en compte dans l'enseignement : de la concep­tion des pro­duits à leur recy­clage, en pas­sant par leur impact sur les écosys­tèmes. La poli­tique éduca­tive s'inscrit ainsi dans une logique d'évolution de la société, comme le prouve la réfé­rence au déve­lop­pe­ment durable, dans le nom même de la série.


Une série : quatre spécialités

- Architecture et construc­tion : ana­lyse, concep­tion et inté­gra­tion dans son envi­ron­ne­ment d'une construc­tion durable.

- Energie et envi­ron­ne­ment : ges­tion, trans­port, dis­tri­bu­tion, uti­li­sa­tion de l'énergie, dans une optique d'efficacité et de réduc­tion de l'impact environnemental.

- Innovation tech­no­lo­gique et éco-conception : étude de nou­velles solu­tions pour les pro­duits manu­fac­tu­rés, inté­grant les dimen­sions du design et de l'ergonomie.

- Systèmes d'information et numé­rique : de l'acquisition de l'information à sa res­ti­tu­tion, toutes les facettes des sys­tèmes vir­tuels, leur impact et l'optimisation de leur cycle de vie.

Avec quels débou­chés pour les élèves ?

Les bache­liers tech­no­lo­giques indus­triels conser­ve­ront leurs débou­chés actuels tout en élar­gis­sant leurs pers­pec­tives. Plus poly­va­lents, ils pour­ront accé­der plus faci­le­ment à l'ensemble des for­ma­tions supé­rieures courtes, Bac+2 à Bac+3. Grâce à une for­ma­tion en mathé­ma­tiques, en phy­sique et en chi­mie plus équi­li­brée, ils pour­ront aussi envi­sa­ger des études plus longues, jusqu'à Bac+5, et pré­pa­rer les grandes écoles d'ingénieur.

Comment les pro­fes­seurs sont-ils pré­pa­rés à cette nou­velle approche ?

Un plan de for­ma­tion d'une ampleur inédite a été conçu pour les ensei­gnants de sciences et tech­no­lo­gie indus­trielles, après presque vingt ans de statu quo dans les pro­grammes. Il concer­nera quelque 7000 pro­fes­seurs sur trois ans. Intégrant les pro­blé­ma­tiques du déve­lop­pe­ment durable, il s'appuie en par­tie sur des méthodes de for­ma­tion en ligne. Les séquences ont déjà débuté dans toutes les aca­dé­mies et des conte­nus sont dis­po­nibles sur une plate-forme nationale.

Nadia Gorbatko

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un enseignant blessé
le 3 mars 2011

Bonjour,
Il faut savoir ce qui se cache der­rière :
– sup­pres­sion d'un poste sur 3 d'enseignants en indus­triel.
– Les séances en groupe réduite à peau de cha­grin (vive l'enseignement de la tech­no­lo­gie à 30 élèves par sec­tion à la place des 24 actuel­le­ment).
– sup­pres­sion des sys­tèmes réels et des ate­liers au pro­fit de "simu­la­tion sur ordi­na­teur". Adieux les mani­pu­la­tions. Nous aurons donc des tech­ni­ciens "simu­lés"
– le plan de for­ma­tion est une vaste plai­san­te­rie. A titre d'exemple, je suis logi­que­ment en for­ma­tion lundi pro­chain. Vous savez qui assu­rera la for­ma­tion ? Personne ! Il n'y a per­sonne de prévu pour assu­rer les for­ma­tions qui sont d'ailleurs extrê­me­ment super­fi­cielles : 80 heures de for­ma­tion pour deve­nir aussi com­pé­tent dans une dis­ci­pline quant on a été recruté à bac + 5 dans notre dis­ci­pline d'origine ! Je vais être un exé­crable pro­fes­seur ! l'éducation natio­nale invente le niveau taxo­no­mique zéro : "le pro­fes­seur a entendu par­ler de". Quant au contenu de la for­ma­tion en ligne, elle est com­plè­te­ment inadap­tée.
– Je vais ensei­gner une heure de cours de tech­no­lo­gie en anglais. J'ai eu 05/20 au bac et pas de for­ma­tion depuis. Ça va être beau !
La tech­no­lo­gie en lycée s'apprête à vivre des jours douloureux...

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Droit de réponse
le 4 mars 2011

Comment peut-on lais­ser pas­ser de tels pro­pos?
Cette réforme n'est pas una­ni­me­ment sou­hai­tée! Elle a été reje­tée par deux fois par le CSE, et une fois par le CIC qui repré­sente le monde de l'industrie. Elle est reje­tée par la grande majo­rité du monde ensei­gnant. Effectivement une réforme est sou­hai­tée, mais pas celle-ci...
Quant aux actions de for­ma­tion, elles sont a minima quand elles ne sont pas tout sim­ple­ment inexis­tantes. Elles ne sont en plus abso­lu­ment pas adap­tées à l'immensité de la réforme envi­sa­gée. Les pro­fes­seurs de l'enseignement tech­nique ont été recru­tés à par­tir de dis­ci­plines qu'ils maî­trisent et qu'ils savent trans­mettre. On leur demande à pré­sent d'être omni­scient et multi-polyvalent dans l'immense champ dis­ci­pli­naire qu'est la tech­no­lo­gie avec une for­ma­tion au rabais. Comment être per­for­mant dans l'enseignement de l'architecture ou de l'électronique quand ce sont des domaines que nous n'avons jamais étudiés? Comment croire qu'une for­ma­tion de six ou dix heures en élec­tro­nique peuvent rem­pla­cer plu­sieurs années d'étude?
Les élèves qui venaient en for­ma­tion tech­no­lo­gique, par l'approche péda­go­gique qui était pro­po­sée, repre­naient goût aux études, à l'envie d'apprendre... Cela ne sera plus le cas!
Cette réforme doit entrer en vigueur en sep­tembre 2011, et rien n'est fait pour que cela soit une réus­site. Cet échec ser­vira de fait à ache­ver ce bel outil qu'était l'enseignement tech­nique.
Un pro­fes­seur blessé par ces propos...

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Jo Rabbit
le 4 mars 2011

Prenons les choses par le bon bout. La désaf­fec­tion des filières n'est pas la cause de la réforme, mais l'aboutissement de l'abandon depuis 1992 par l'État des filières tech­no­lo­giques. Comment peut-on ensei­gner avec cré­di­bi­lité des tech­niques vieilles de 19 ans sans pro­vo­quer un "dés­in­té­rêt" des élèves ?

L'enseignement tech­nique coûte cher et sa sup­pres­sion entraî­nera des écono­mies cer­taines à court terme.

Que pen­ser du ministre Besson qui veut main­te­nir le tissu indus­triel fran­çais alors que dans le même temps on saborde l'enseignement tech­no­lo­gique. Il y a le dis­cours d'un côté et la réa­lité qui est elle aux anti­podes du discours.

Le plan de for­ma­tion d'une ampleur inédite, sur le papier sûre­ment, dans la réa­lité, mes for­ma­teurs sont très sou­vent des titu­laires en zone de rem­pla­ce­ment qui ont tout au plus une semaine d'avance sur les profs for­més. 70 logi­ciels uti­li­sables "gra­tuits" pour 36 semaines de cours... Quant à la fina­lité de la réforme, elle est tel­le­ment claire qu'à part sup­pri­mer des postes d'enseignants, per­sonne ne com­prend où on va.

Certains pro­vi­seurs refusent de mettre en place cette réforme arguant l'aspect bâclé de cette réforme.

Une der­nière pour rire, les profs du tech­nique vont deve­nir multi-profs puisqu'ils vont ensei­gner les maths, la phy­sique, la techno, la SVT en col­lège et et et l'Anglais...

A part ça, tout va bien...

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un enseignant en colère
le 4 mars 2011

"Cette forte spé­cia­li­sa­tion limi­tait les pos­si­bi­li­tés d'orientation des élèves, dans le supé­rieur notamment. "

C'est faux ! je suis moi même ensei­gnant en STI et j'ai passé un bac F2 puis un BTS. Un ami agrégé de Génie Electrique a com­mencé par un BEP. Toujours à mon époque, les écoles d'ingénieur ouvraient de plus en plus leurs portes à ceux qui ont obtenu un DUT. J'ai beau­coup d'autres exemples ...
Ce mon­sieur n'a aucune idée de ce que l'on enseigne et la manière dont on enseigne dans la filère STI (ce qui aussi est le cas de beau­coup de nos col­lègues). Il ne fait que répé­ter ce qui est mar­qué dans les dia­po­ra­mas de l'inspection géné­rale. Un ensei­gnant d'une école d'ingénieur (une ENI) me fai­sait la remarque à pro­pos de la grande auto­no­mie dont les élèves de STI et de S option SI, font preuve par rap­port aux autres qui sont encore trop sco­laires.
De plus l'inspection nous a clai­re­ment fait com­prendre que si on veut péren­ni­ser la filière tech­nique, il fau­dra aug­men­ter les effec­tif de 35% quitte à les prendre à d'autres filières comme la STG par exemple.
Il faut bien com­prendre que cette réforme est une réforme pure­ment comp­table et rien d'autre.

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clintmattei
le 4 mars 2011

je me per­mets de vous écrire quant à l’inquiétude des phy­si­ciens appli­qués .
Le nou­veau pro­gramme de STI exclut qua­si­ment tout ensei­gne­ment de l’électricité dans le domaine de la phy­sique. Quelle en est la rai­son ?
Pourtant, au regard du col­lège, l’électricité est un cha­pitre impor­tant dans les classes de cin­quième à troi­sième. Elle dis­pa­raît tota­le­ment en phy­sique dans les secondes géné­rales et qua­si­ment dans les classes supé­rieures ( STI, STL ,S).

L’enseignement de l’électricité ne pourra être effec­tive qu’en post-bac .J’avoue être tota­le­ment perdu dans ce choix de pro­gramme. Rien n’empêcher d’élaborer un pro­gramme conte­nant de l’énergétique, de l’électricité ( moteurs élec­triques) asso­ciés aux nou­velles éner­gies ( éolienne, solaire….).Le mariage rêvé entre l’électrotechnique, l’électronique,l’énergétique et les nou­velles éner­gies n’aura pas lieu.

Nos ins­pec­teurs nous indiquent que « seule la méthode d’enseignement est impor­tante , les connais­sances peuvent tou­jours être acquises , un scien­ti­fique l’est pour toutes les sciences , mutua­li­sez les connais­sances , uti­li­sez l’outil inter­net ».
Permettez moi un désac­cord avec cette réflexion. Nous avons fait un choix de matières dans nos études , nous avons déli­bé­ré­ment choisi celles-ci en fonc­tion de nos affi­ni­tés .
Pour ma part la chi­mie n’en fai­sait pas parti .Ma crainte c’est de perdre toute envie de trans­mettre après 17 ans d’enseignement.

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Franck
le 4 mars 2011

"Un plan de for­ma­tion d'une ampleur inédite "

Ce plan de for­ma­tion n'existe pas ... en tout cas ce n'est pas une for­ma­tion. Modules bâclés et inadap­tés, déploie­ment dans l'urgence avec une effi­ca­cité proche de zéro. Encadrement non qua­li­fié ... quand il existe !
Et trois petits mois de for­ma­tion pour atteindre bac+3 mini­mum en élec­tro­nique, élec­tro­tech­nique, méca­nique, éner­gé­tique, génie civil ...etc.
M. Blanquer, sor­tez de votre petit bureau et allez voir la réa­lité du ter­rain. L'autosatisfaction ne chan­gera pas la réa­lité.
On ne s'y pren­drait pas autre­ment pour tuer une réforme déjà très dis­cu­table dans les conte­nus.
Il s'agit de toute façon d'une réforme comp­table, les ensei­gnants sou­haitent une réforme pédagogique.

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une autre réforme
le 4 mars 2011

Je conseille aux lec­teurs de cet article d'allez jeter un coup d'oeil sur le site sui­vant : http://reforme-sti.forumactif.com/, pour se faire une idée un peu plus de proche de la réa­lité de cette réforme sti2d.

Une autre réforme est possible.

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coralie
le 5 mars 2011

bon­jour,
mais non, il y a bien des for­ma­teurs ! des for­ma­teurs bac + 4 ou 5 dési­gnés, pré­ssen­tis dans leur 1ère ou 2ème année d'enseignemant qui sont sou­vent inca­pables de répondre aux ques­tions un peu poin­tues, un peu trop pré­cises ! Parfois ils ne com­prennent pas la ques­tion et répondent... hors-sujet mais ils, elles sont for­ma­teurs et non plus élèves ou étudiants !

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team99
le 8 mars 2011

Cette réforme n'est qu'une mas­ca­rade et y par­ti­ci­per me montre l'étendue du désastre. Nos diri­geants ont quand même eu la géniale idée d'exiger des profs spé­cia­li­sés dans une dis­ci­pline d'enseigner des conte­nus autres dont ils ignorent tout. Pourquoi pas alors deman­der à un prof de math d''enseigner la philo tant que l'on y est! En plus, on nous fait croire que l'on met de la mau­vaise volonté.
Mettre des fonc­tion­naires dans une situa­tion dif­fi­cile... Il me semble qu'il y a des précédents

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paquet
le 8 mars 2011

Chute des effec­tifs depuis 10 ans ? Pas en STI Génie Civil où les élèves conti­nuent sou­vent en BTS à l'issue duquel il y a de l'emploi. Pourquoi ne pas avoir gar­der un bac spé­ci­fique au BTP comme on l'a fait en Arts Appliqués ?
Développement durable ? Il n'y en a que dans le libellé de la for­ma­tion mais très peu dans les pro­grammes.
Formation impor­tante des pro­fes­seurs ? 12 jours seule­ment dans l'académie de Dijon pour for­mer des néo­phytes en élec­tro­nique, en méca­nique, en élec­tri­cité, en architecture...(les nou­veaux pro­fes­seurs sont recru­tés à bac +5 !). La for­ma­tion a débuté en jan­vier, les équi­pe­ments ne sont pas défi­nis (encore moins com­man­dés et arri­vés dans les lycées) et la réforme s'applique en sep­tembre 2011.
Sans comp­ter que les pro­grammes n'ont rien d'attractif (que du vir­tuel, sur tout et n'importe quoi) et que les élèves risquent rapi­de­ment de se détour­ner de la voie tech­no­lo­gique. Comment le minis­tère envisage-t-il de bâtir une indus­trie forte en sabor­dant ainsi la formation ?

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CLARENC
le 8 mars 2011

Le but inavoué de cette "réforme" est de dimi­nuer les moyens actuels des filières STI qui, aujourd'hui, fonc­tionnent très bien : voir les orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles qui sont oppo­sées à la réforme.
Les résul­tats sui­vant les filières sont cepen­dant inégaux : pour­quoi n'avoir pas conservé celles qui donnent entière satis­fac­tion ?
Quant au "plan de for­ma­tion", il est réduit à peau de cha­grin et orga­nisé dans des condi­tions déplo­rables au détri­ment des cours et sans moyens.
La réforme vise à des for­ma­tions vir­tuelles pour des diplômes sans valeurs, inadap­tés à l'université, inadap­tés aux besoins des entre­prises, et sans bas­sin d'élèves...
Le dis­cours offi­ciel est pathétique !

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Anakin
le 8 mars 2011

C’est par­fai­te­ment hon­teux de men­tir avec un tel aplomb. Car c’est bien de men­songes dont il s’agit.
Un plan de for­ma­tion d'une ampleur inédite a été conçu pour les ensei­gnants de sciences et tech­no­lo­gie indus­trielles.
Cette affir­ma­tion laisse pan­tois. Le pro­gramme de ce bac n’est même pas défini, il est rem­placé par un ver­biage pon­ti­fiant décon­necté du réel, et les for­ma­teurs sont char­gés d’écrire les conte­nus. Même les équi­pe­ments pré­co­ni­sés dans les établis­se­ments prêtent à sou­rire.
Prétendre que la néces­sité admise par tous de réno­ver les ensei­gne­ments tech­no­lo­giques conduit for­cé­ment à cette réforme, relève de la mal­hon­nê­teté intel­lec­tuelle.
La poli­tique éduca­tive s'inscrit ainsi dans une logique d'évolution de la société, comme le prouve la réfé­rence au déve­lop­pe­ment durable, dans le nom même de la série.

Quelle belle preuve, en effet !
Cette réforme est un plan social, rien d’autre. Une escro­que­rie vis-à-vis des élèves et des parents, le Développement Durable n’est qu’un alibi pour don­ner bonne conscience à ceux qui la portent.
Pourquoi ne s’engagent-ils pas publi­que­ment sur les objec­tifs, en pro­met­tant de tirer les consé­quences qui s’imposeront en cas d’échec ?
N’est-ce pas, Monsieur le Directeur Général de l’Enseignement Scolaire ?

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micos
le 8 mars 2011

Beaucoup de choses ont déjà été écrites dans les réac­tions que j'ai lu et je par­tage. Cette réforme, c'est vrai­ment une grosse blague... La for­ma­tion en ligne ; mais quelle for­ma­tion!!!, le site ne marche même pas, il n'y a rien dedans puisque les pro­grammes ne sont pas écrits. Alors vrai­ment ceux qui nous ont pon­dus un "machin" pareil, sont vrai­ment des bons. Ils s'imaginent que de balan­cer des belles phrases pleines de termes tech­niques dans le désordre, ça va pas­ser ; faut vrai­ment qu'ils changent de bou­lot.
Nous, les profs, on en prend plein la tête, mais les pauvres élèves ; avec ce qui les attends avec ça, ils sont bien par­tis dans la vie!!!
Voilà l'avis d'un prof avec 3 cartes sco­laire au comp­teur et qui ne compte pas s'arêter là...

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Jean-Paul de l'automobile
le 9 mars 2011

Et pour le bac STI Systèmes Motorisés ? Qu'en est-il des chiffres ? Tout le monde recon­naît à voix basse que cette filière conti­nuait de recru­ter avec des débou­chés ensuite (après pour­suite d'études) dans la recherche et le déve­lop­pe­ment, le com­merce auto­mo­bile, le diag­nos­tic, la ges­tion d'atelier, la com­pé­ti­tion, la for­ma­tion, etc... Pourquoi a-t-on donc sacri­fié les filières qui fonc­tion­naient cor­rec­te­ment ? Un élève de 3ème aujourd'hui avec 12–13 de moyenne au col­lège et pas­sionné par l'automobile, est-il prêt à inté­grer un bac Pro (au risque de perdre son niveau) ? Ou va-t-il inté­grer la filière STI2D au risque de s'ennuyer mor­tel­le­ment ?
Finalement, les poli­tiques ont donc décidé de mettre tout le monde dans le même panier ! On sacri­fie tous les bacs STI ! Pourquoi ? Financièrement, ils coûtent trop cher à la société ! En effet, un pro­fes­seur devant 12 élèves à l'atelier, coûte 3 fois plus qu'un pro­fes­seur devant 36 élèves en salle. Le cal­cul est simple et vite fait par nos diri­geants !
Poursuivons le rai­son­ne­ment ! En auto­mo­bile, si ces élèves vont en BTS AVA, ils mettent ensuite moins de 2 mois pour trou­ver leur 1er job ! Un élève bien formé et inté­grant faci­le­ment un emploi ne coûte-t-il pas fina­le­ment moins cher à la société ?

Messieurs les poli­ti­ciens qui nous gou­vernent, pensez-y !

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Jean-Paul de l'automobile
le 9 mars 2011

Si on regarde les chiffres depuis 15 ans (et ça, les poli­ti­ciens savent le faire quand cela les arrange), en effet, cer­taines filières STI étaient en dif­fi­culté, d'autres pas du tout. Pour celles en dif­fi­culté au niveau du recru­te­ment, on a laissé pour­rir la situa­tion. En effet, on fait aujourd'hui de la pro­mo­tion dans les médias pour l'alternance, alors, pour­quoi n'en a-t-on pas fait pour ces filières ? Pourquoi n'a-t-on pas cher­ché tout en gar­dant la spé­ci­fi­cité à les rendre davan­tage attrac­tives ? Surtout qu'à la sor­tie, après un BTS ou un DUT, c'est sou­vent l'emploi garanti !
Un élève bien formé et qui intègre faci­le­ment un emploi ne coûte-t-il pas fina­le­ment là aussi moins cher à la société ?

Messieurs les poli­ti­ciens qui nous gou­vernent, pensez-y !

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"vieux" prof
le 9 mars 2011

J’ai lu les réac­tions dis­po­nibles actuel­le­ment, je les par­tage par­fai­te­ment.
Il est bien évident que cette réforme est avant tout une réforme comp­table asso­ciée à une com­mu­ni­ca­tion qui per­met de la faire pas­ser pour une réforme dans l’intérêt des élèves, à com­men­cer par le nou­veau nom de cette filière : «Développement Durable » vocable de plus en plus détourné à des fins pas tou­jours louables !
Dans l’expression « non rem­pla­ce­ment d’un fonc­tion­naire sur deux par­tant à la retraite », la fin est de trop ou erro­née, il s’agit en fait de «…quit­tant la fonc­tion publique ».
Pour ma part, pro­fes­seur de construc­tion d’un âge «avancé », l’effet immé­diat de cette réforme c’est la sup­pres­sion du poste dont je suis titu­laire depuis la ren­trée 1981 (3ème le plus ancien parmi 9 col­lègues estam­pillés STI de mon établis­se­ment). Je vais donc me retrou­ver dans une incon­for­table situa­tion qui, je le crains, risque de me conduire à un départ à la retraite pré­ma­turé (dès l’âge légal, dans 2 ans et quelques mois compte tenu de mon année de nais­sance), alors que j’envisageais de faire un mini­mum de 5 années sco­laires pour avoir une pen­sion «mini­male » conve­nable (annui­tés obligent !) ………. Ce scé­na­rio per­son­nel est, je pense plau­sible, tant les moyens de « pour­rir la vie » des «pions » dont je fais par­tie désor­mais, sont nom­breux. La situa­tion des plus jeunes col­lègues sur­nu­mé­raires est cer­tai­ne­ment encore plus difficile !

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Lecteur assidu
le 9 mars 2011

Lecteur régu­lier de votre site jamais un article a reçu autant de réac­tions néga­tives ...c'est dire le malaise des profs de sti!

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dudu
le 9 mars 2011

Ce n'est pas la peine d'en rajou­ter.
Je pro­pose à l'auteur de com­men­cer par se ren­sei­gner et de refaire un papier sur le sujet qui aille plus loin que de reprendre les inep­ties et ana­lyses éron­nées de cer­tains "offi­ciels".
Un seul point : pen­dant les der­nière dix années les effec­tifs de STI Génie-Civil et Génie-Energétique ont aug­menté de 60%! (vous avez bien lu). Les métiers de ces deux spé­cia­li­tés ne sont pas délo­ca­li­sables et neces­sitent beau­coup plus de MO et tech­ni­ciens que d'ingénieurs. Croyez-vous vraie­ment que cette réforme répond aux besoins du pays, de nos jeunes ? Croyez-vous que la perte des com­pé­tences des maîtres dans ces deux domaines va pou­voir un jour être retrou­vée si neces­saire ?
J'espère que la vérité sor­tira avant le désastre et inflé­chira les fan­fa­rons de l'anti-fonctionnaire à tout crin.

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Flots
le 14 mars 2011

Bonjour,
Comment peut-on être aussi affir­ma­tif dans le men­songe M. BLANQUER ? Vos (hautes) études ne vous ont-elles pas amené à vous docu­men­ter avant de publi­que­ment étaler les direc­tives qui vous ont été dic­tées ?
Cette réforme dénon­cée par tous les acteurs tou­chés est un sui­cide orga­nisé, entre autre pour les filères qui se portent à mer­veille, le Génie Civil par exemple (et bien d'autres encore).
Une défi­ni­tion du Développement Durable : Le déve­lop­pe­ment durable est un déve­lop­pe­ment qui répond aux besoins du pré­sent sans com­pro­mettre la capa­cité des géné­ra­tions futures à répondre aux leurs (Rapport Brundtland, 1987).
Il y a comme un oubli là-dessous : a-t-on au moins une fois pensé aux ELEVES et à leur ave­nir avec un tel diplôme en poche. "Avoir entendu par­ler de beau­coup de choses mais ne se sou­ve­nir de rien", voilà quel pour­rait être l'intitulé réel de ce nou­veau BAC.
Quant aux ensei­gnants dont je suis, il y a bien long­temps qu'ils ont com­pris qu'ils étaient "lâchés" par leurs pairs et qu'ils ne sont pour l'Etat que de la res­source NUMEN, mal­heu­reu­se­ment sasn aucune consi­dé­ra­tion de leurs com­pé­tences.
Le compte n'y est pas, ni pour les élèves, ni pour les ensei­gnants, à part peut-être pour vous ?

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