La série STI se convertit au développement durable

Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire, au ministère le vendredi 26 novembre 2010 - ©Philippe Devernay
Autrefois divisée en treize spécialités, la filière STI se transformera, à la rentrée 2011, en série STI2D (sciences et technologies de l'industrie et du développement durable) ne comptant plus que quatre spécialités. Pourquoi ce changement ?
Cette forte spécialisation limitait les possibilités d'orientation des élèves, dans le supérieur notamment. D'où une chute de 20 % des effectifs de la filière depuis dix ans, alors que notre pays a besoin de techniciens hautement qualifiés. Unanimement attendue, cette modernisation fait donc place à plus de polyvalence, afin de rendre son attractivité à l'enseignement technologique. En particulier auprès des filles, qui représentent moins de 10% du total, et des futurs ingénieurs. Mais les élèves, en effet, pourront faire leur choix entre quatre spécialités, complétant les enseignements transversaux : architecture et conception, énergie et environnement, innovation technologique et éco-conception, systèmes d'information et numérique.
Toutes intègrent les enjeux du développement durable...
Oui, puisque ceux-ci se placent aujourd'hui au cœur des préoccupations du monde industriel. Le Grenelle de l'environnement a mis en évidence l'opportunité d'en faire un levier de croissance. Au même titre que les impératifs de sécurité ou de fiabilité, les contraintes environnementales seront donc systématiquement prises en compte dans l'enseignement : de la conception des produits à leur recyclage, en passant par leur impact sur les écosystèmes. La politique éducative s'inscrit ainsi dans une logique d'évolution de la société, comme le prouve la référence au développement durable, dans le nom même de la série.
Une série : quatre spécialités
- Architecture et construction : analyse, conception et intégration dans son environnement d'une construction durable.
- Energie et environnement : gestion, transport, distribution, utilisation de l'énergie, dans une optique d'efficacité et de réduction de l'impact environnemental.
- Innovation technologique et éco-conception : étude de nouvelles solutions pour les produits manufacturés, intégrant les dimensions du design et de l'ergonomie.
- Systèmes d'information et numérique : de l'acquisition de l'information à sa restitution, toutes les facettes des systèmes virtuels, leur impact et l'optimisation de leur cycle de vie.
Avec quels débouchés pour les élèves ?
Les bacheliers technologiques industriels conserveront leurs débouchés actuels tout en élargissant leurs perspectives. Plus polyvalents, ils pourront accéder plus facilement à l'ensemble des formations supérieures courtes, Bac+2 à Bac+3. Grâce à une formation en mathématiques, en physique et en chimie plus équilibrée, ils pourront aussi envisager des études plus longues, jusqu'à Bac+5, et préparer les grandes écoles d'ingénieur.
Comment les professeurs sont-ils préparés à cette nouvelle approche ?
Un plan de formation d'une ampleur inédite a été conçu pour les enseignants de sciences et technologie industrielles, après presque vingt ans de statu quo dans les programmes. Il concernera quelque 7000 professeurs sur trois ans. Intégrant les problématiques du développement durable, il s'appuie en partie sur des méthodes de formation en ligne. Les séquences ont déjà débuté dans toutes les académies et des contenus sont disponibles sur une plate-forme nationale.
Nadia Gorbatko



Bonjour,
Il faut savoir ce qui se cache derrière :
– suppression d'un poste sur 3 d'enseignants en industriel.
– Les séances en groupe réduite à peau de chagrin (vive l'enseignement de la technologie à 30 élèves par section à la place des 24 actuellement).
– suppression des systèmes réels et des ateliers au profit de "simulation sur ordinateur". Adieux les manipulations. Nous aurons donc des techniciens "simulés"
– le plan de formation est une vaste plaisanterie. A titre d'exemple, je suis logiquement en formation lundi prochain. Vous savez qui assurera la formation ? Personne ! Il n'y a personne de prévu pour assurer les formations qui sont d'ailleurs extrêmement superficielles : 80 heures de formation pour devenir aussi compétent dans une discipline quant on a été recruté à bac + 5 dans notre discipline d'origine ! Je vais être un exécrable professeur ! l'éducation nationale invente le niveau taxonomique zéro : "le professeur a entendu parler de". Quant au contenu de la formation en ligne, elle est complètement inadaptée.
– Je vais enseigner une heure de cours de technologie en anglais. J'ai eu 05/20 au bac et pas de formation depuis. Ça va être beau !
La technologie en lycée s'apprête à vivre des jours douloureux...
Signaler un commentaire inapproprié