04.02.2011
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Sophie Coignard : « Les politiques ont abandonné l'Education nationale »

Dans son der­nier ouvrage(1), Sophie Coignard, jour­na­liste d'investigation au Point, dénonce avec viru­lence le fonc­tion­ne­ment du minis­tère de l'Education natio­nale et l'immense gâchis que repré­sente, à ses yeux, l'évolution du sys­tème éduca­tif français.

Votre livre s'intitule « Le pacte immo­ral ». Pour vous, la situa­tion du sys­tème éduca­tif résulte donc d'un accord entre plu­sieurs acteurs, d'une volonté délibérée....

Ce titre s'est imposé tard dans la conduite de l'enquête et même dans la rédac­tion du livre. J'y ai vu clair quand j'ai com­pris que les poli­tiques, depuis une ving­taine d'années, avaient décidé dans une sorte d'abandon de sous-traiter la ques­tion de l'éducation natio­nale aux experts. Depuis, en vertu d'un pacte vir­tuel, c'est une sorte de clergé qui gère l'éducation natio­nale, et les ministres qui essaient d'exercer leur auto­rité s'y cassent les dents : Fillon, avec ce qu'il a voulu faire sur la dic­tée ; de Robien, avec le syl­la­bique ; plus récem­ment la réforme des pro­grammes de fran­çais... Les direc­tives ne vont pas jusqu'aux ensei­gnants parce qu'il y a un blo­cage, notam­ment des ins­pec­teurs d'académie.

Dans ce « clergé », vous incluez ministres, ins­pec­teurs, syn­di­cats, péda­gogues... Vous n'épargnez pas grand monde !

C'est un peu plus com­pli­qué, et j'ai d'ailleurs mis du temps à le com­prendre. Ce clergé est effec­ti­ve­ment large. Il com­prend des experts, des gens qui ont occupé tous les postes impor­tants de l'Education natio­nale et qui, aujourd'hui, jugent la catas­trophe et écrivent des rap­ports ! J'y inclus les péda­gogues. Ils nous expliquent que les publics ont changé, qu'ils sont davan­tage sol­li­ci­tés et qu'il faut leur apprendre des choses sans le moindre rap­port direct avec la trans­mis­sion du savoir. Mais je ne vois tou­jours pas pour­quoi les nou­veaux publics seraient moins capables de com­prendre que les anciens ! On trouve aussi dans ce clergé de nom­breux syn­di­ca­listes, qui jouent un rôle dans l'omerta, même s'il est trop simple de se réfu­gier der­rière leur puis­sance pour expli­quer l'immobilisme. Il y a enfin le ministre, qui ne pense qu'à sa com­mu­ni­ca­tion et nous annonce trois plans par semaine. Le sys­tème res­semble un peu à la roue du ham­ster qui tourne sur elle-même. Mais en même temps, à tous les étages, beau­coup de gens sont indi­gnés par cet état de jachère et d'abandon.

Vous n'êtes ni ensei­gnante, ni spé­cia­liste des sciences de l'éducation. En quoi êtes-vous légi­time pour por­ter de tels jugements ?

Je reven­dique mon incom­pé­tence et je n'ai pas voulu écrire un livre de spé­cia­liste. Je suis jour­na­liste et je mène des enquêtes. Je suis donc allée au contact du plus grand nombre d'acteurs pos­sible, sans le moindre a priori. Et, je per­siste à croire que la que­relle de clo­cher entre « répu­bli­cains » et « péda­gogues » consti­tue une spé­ci­fi­cité fran­çaise très nui­sible. Maintenant, au-delà de qui a tort et rai­son, la ques­tion consiste sur­tout à savoir qui a le pou­voir. Et j'en reviens aux péda­gogues. C'est vrai qu'ils semblent pas­sés de mode. Mais, là aussi, c'est plus com­pli­qué. Ils ont ins­piré beau­coup de réformes et, en par­ti­cu­lier, toutes les épreuves de péda­go­gie et de didac­tique qui servent au recru­te­ment des ins­pec­teurs et des cadres inter­mé­diaires de l'Education natio­nale. Leur influence reste donc très importante.

Mais, vous l'écrivez vous-même, le vrai pou­voir en matière d'éducation se situe désor­mais plus à Bercy que rue de Grenelle...

J'ai effec­ti­ve­ment décou­vert que la plu­part des réformes n'étaient en fait que des injonc­tions bud­gé­taires dégui­sées en mesures péda­go­giques. C'est le cas pour la for­ma­tion des maîtres, qui repré­sente la solu­tion trou­vée pour sup­pri­mer plus de 10.000 postes d'enseignants d'un trait de plume au cours d'une année bud­gé­taire. C'est le cas de la semaine de quatre jours, qui n'a été déci­dée que pour déga­ger du temps de ser­vice... Mais cela tient tou­jours à ce dés­in­té­rêt géné­ral que j'évoquais au début. Le minis­tère des Finances a d'autant plus de poids pour dic­ter ses choix à la rue de Grenelle que la volonté poli­tique est faible, dif­fuse et incons­tante. S'il y avait une volonté poli­tique forte, le pou­voir de l'énarque chargé du bud­get de l'Éducation natio­nale dimi­nue­rait d'autant.

Votre livre a déjà déclen­ché une forte polé­mique. Que vous inspire-t-elle ?

Honnêtement, j'en suis un peu sur­prise, car je n'avais pas le sen­ti­ment d'avoir rédigé un brû­lot. Ce livre est assez fac­tuel, avec beau­coup de chiffres et de réfé­rences. La quasi-totalité de ce que j'ai écrit peut être véri­fié. C'est vrai que le livre contient des choses déran­geantes. Mais j'ai tou­jours pensé qu'il valait mieux savoir qu'ignorer.  Malgré tout, je fais ce genre de tra­vail depuis une ving­taine d'années. Et, très sin­cè­re­ment, je ne crois pas avoir vu, dans aucun autre domaine, un tel écart entre les dis­cours et la réa­lité. C'est peut-être pour cela que la polé­mique est si forte. Je crois vrai­ment qu' à ce niveau, l'Education natio­nale tient le pom­pon ! Si, comme l'affirmait la loi Jospin en 1989, l'éducation était vrai­ment la prio­rité abso­lue, nous n'aurions pas 150.000 jeunes qui sortent chaque année du sys­tème sans diplôme ni formation.


Patrick Lallemant

Note(s) :
  • (1) Le pacte immoral, comment ils sacrifient l'éducation de nos enfants. Sophie Coignard, Albin-Michel

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saf
le 4 février 2011

Bonjour,
Je n'ai pas lu le livre. Cependant, je suis ensei­gnant et je me suis rendu compte que, fina­le­ment, au plus haut niveau poli­tique, ni la droite ni la gauche n'a inté­rêt à ce que TOUS les élèves réus­sissent. En cari­ca­tu­rant, bien sûr, (il y a des gens altruistes de tous bords), les poli­tiques de droite accep­te­raient l'idée qu'il faut des mana­gers qui dirigent et d'autres qui exé­cutent et ceux de gauche ne sou­haitent pas perdre leur élec­to­rat (les pauvres, les lais­sés pour compte...).

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caroudel
le 4 février 2011

Bonjour,

Le Test de la sou­ris verte : trem­pez les contemp­teurs dans une école, pro­fes­seurs des écoles durant un an, ils en res­sor­ti­ront assa­gis. Leurs 30 élèves, tous dif­fé­rents, psy­cho­lo­gi­que­ment, socia­le­ment, intel­li­gem­ment, etc. auront eu rai­son de leurs rai­sons de cri­ti­quer aussi faci­le­ment le dur labeur des pro­fes­seurs. Encore faudra-t-il qu'ils aient su se plier aux injonc­tions suc­ces­si­ve­ment contra­dic­toires de la hié­rar­chie, qu'ils aient la capa­cité et la péda­go­gie néces­saires pour faire com­prendre à tous les élèves l'histoire, l'histoire de l'art, la géo­gra­phie, le temps et l'espace, le pour­quoi de la rete­nue en addi­tion et en sous­trac­tion, le concept de nombre, bien loin de la réci­ta­tion de la suite numé­rique, qu'ils aient su nager (au sens propre et figuré) pour ensei­gner la nata­tion, qu'ils maî­trisent suf­fi­sam­ment une langue pour l'enseigner, que la gram­maire ...etc. Un col­lègue disait : quand j'ai envie de pleu­rer ou de me mettre en colère, je retourne à mon bureau et je relis, sous le verre, le mon­tant de mon salaire. C'est pru­dent si on ne veut pas se sui­ci­der. Donnez des solu­tions fiables, arrê­tez de reprendre le refrain de la défaite ! Je ne lirai pas ce livre..

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Paul L'Expatrié
le 4 février 2011

Je suis plu­tôt d'accord avec le pre­mier com­men­taire. Je suis fils d'enseignants et ai vécu la dif­fi­culté pour une mino­rité de ceux-ci de main­te­nir le niveau nor­mal, sim­ple­ment nor­mal, des connais­sances des élèves qui leur étaient confiés.
J'y ajou­te­rai une men­tion appuyée de ce mélange d'idéologie marxisante-jargonnante res­sas­sée avec un cor­po­ra­tisme en béton. La réfé­rence idéo­lo­gique est deve­nue d'autant plus sec­taire et viru­lente que les évalua­tions inter­na­tio­nales (PISA, clas­se­ment de Shanghaï, etc...) ont mon­tré l'inefficacité du modèle cor­po­ra­tiste d'organisation de l'Éducation en France. Quant au cor­po­ra­tisme, il réus­sit tou­jours à se cacher der­rière une pseudo-défense du "ser­vice public".... Il fau­drait un Molière d'aujourd'hui pour décrire ces Trissotins et autre Tartuffe du syn­di­ca­lisme ensei­gnant fran­çais....., mais les pro­fes­seurs actuels ne savent plus très bien qui était Molière, et donc leurs mal­heu­reux encore moins..!
Les diri­geants fran­çais de tous bords se sont à leur tour cachés der­rière ce syn­di­ca­lisme archaïque pour main­te­nir un sys­tème qui de facto devient un sys­tème "à deux vitesses": il est iro­nique que ce soit les défen­seurs de l'égalitarisme arti­fi­ciel qui soient pro­mo­teurs de cette évolution....

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damala
le 5 février 2011

Tout à fait, et j'ajoute que ceux qui sont lais­sés pour comptes dans cette situa­tion ce sont les pre­miers inté­res­sés sans les­quels il n'a y aurait pas d'enseignement/éducation et donc de minis­tère de tutelle avec ses bureau­crates qui s'éloignent de plus en plus de la réa­lité et du ter­rain... Aurons-nous un jour un sys­tème éduca­tif "auto­géré" (profs/élèves et pour­quoi pas parents?) à l'image d'un établis­se­ment pari­sien sur lequel j'ai vu un repor­tage ? Ce serait cer­tai­ne­ment de loin plus béné­fique car tout le monde serait impli­qué et concerné et sur­tout res­pon­sable de sa destinée...

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Chris
le 5 février 2011

La meilleure réponse à ce "livre" est celle de P. Meirieu:

Le jour­na­liste a ses pri­vi­lèges : cour­tisé par le pou­voir, il en pro­fite, comme Sophie Coignard, pour cro­quer avec talent les tra­vers des princes qui nous gou­vernent. Le jour­na­liste rend ser­vice quand, comme Sophie Coignard, il pointe quelques– uns des para­doxes sur les­quels nous devrions nous pen­cher plus sérieu­se­ment... Mais le jour­na­liste croit par­fois iden­ti­fier des enjeux essen­tiels quand il décrit sim­ple­ment des plans de car­rière. Il confond sou­vent les pres­crip­tions offi­cielles et les pra­tiques réelles sur le ter­rain. Il est amné­sique quand il parle de l'Éducation natio­nale sans prendre la peine d'évoquer Jean Zay, Berthoin, Haby ou Savary. Résultat : on ne com­prend pas com­ment, depuis, près d'un siècle, la France tâtonne avec son école. Elle a cru y démo­cra­ti­ser la réus­site quand elle n'en a démo­cra­tisé que l'accès.

Suite et fin ici
http://www.profencampagne.com/article-philippe-meirieu-repond-a-sophie-coignard-le-point-et-auteur-d-un-nieme-pamphlet-66422940.html

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chris
le 5 février 2011

"Je reven­dique mon incompétence"

Belle luci­dité !

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dauvergne
le 5 février 2011

Bien vu, même si d'autres ana­lyses sont pos­sibles. La réfé­rence au clergé est très juste. Un uni­ver­si­taire gene­vois, Ph. Perrenoud, avait parlé d'une "noo­sphère", sorte de com­mu­nauté hété­ro­clite réunis­sant des cher­cheurs, des didac­ti­ciens, des ins­pec­teurs, des auteurs de textes péda­go­giques, etc., qui se posait en guide de la pié­taille ensei­gnante, prompte à lui faire la leçon. Le drame, c'est que ce sont les ensei­gnants qui subissent cet amon­cel­le­ment d'injonctions contra­dic­toires et sont jugés inca­pables de les mettre en oeuvre. L'inspection géné­rale illustre par­fai­te­ment cette évolu­tion vers le modèle clé­ri­cal: il suf­fit de lire son rap­port sur l'application des pro­grammes de 2008, très contes­tés, qu'elle élève au niveau du dogme digne de celui de la vierge Marie: les pro­fes­seurs sont des inca­pables, seuls les IA sont au top! Cette noo­sphère clé­ri­cale a prê­ché d'enthousiasme la croi­sade du "pilo­tage par la per­for­mance", aveugle aux dégats dans les écoles, sourde aux ana­lyses sur l'inadéquation du modèle, naïve ou tout sim­ple­ment inculte. Ce haut clergé mobi­lise le clergé moyen et les ins­pec­teurs des­ser­vants pour obser­ver fré­né­ti­que­ment le moindre écart de confor­mité (par exemple pour l'évaluation natio­nale du CM2) et tra­quer le déso­béis­seur pré­sumé. Le sys­tème est en train de détruire les métiers: il ne veut que des exé­cu­tants. Des OS en quelque sorte, muets et obéis­sants (on dit "loyaux").

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bobdelac
le 6 février 2011

Bonjour,
Enfin, une ana­lyse claire, pré­cise, non par­ti­sane. J'aurai beau­coup de choses à dire sur l'éducation natio­nale et la manière d'enseigner, mais je tiens sim­ple­ment à illus­trer un des aspects du livre de Mme Coignard.
Mon épouse (Institutrice, euh par­don, pro­fes­seur des écoles, encore un qua­li­ta­tif sorti du cha­peau sans aucun contenu, mois je pré­fère ins­ti­tu­trice, métier noble...) enseigne depuis plus de 20 ans. Chaque nou­vel éche­lon (pro­gres­sion dans la car­rière) lui était signi­fié, par le syn­di­cat des ensei­gnants, alors qu'elle n'est ni syn­di­quée, ni sym­pa­thi­sante, mais sim­ple­ment neutre. . Jamais sa hié­rar­chie ne lui a com­mu­ni­quée quoi que ce soit. Cette année, une nou­velle étape est fran­chie dans la déli­ques­cence des ser­vices publics. Elle vient d'apprendre, via le site inter­net, qu'elle a consul­tée par hasard, qu'elle a fran­chi un nou­vel éche­lon et ce depuis plus de 5 mois!. Aucune infor­ma­tion de qui que ce soit, ni modi­fi­ca­tion sur le bul­le­tin de salaire avec le sup­plé­ment de salaire qui cor­res­pond. Elle va attendre quelques semaines encore pour voir jusqu'où la "plai­san­te­rie" va durer. Enfin n'oublions pas les chiffres de la ren­trée dans le public : 10 mil­lions d'élèves 798700 ensei­gnants soit 12,52 élèves / ensei­gnant. Chercher l'erreur! Les res­sources humaines, ça existe et ça se gère.
Très cordialement.

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jlh314
le 11 février 2011

Retraité depuis un an, je suis encore triste d'avoir exercé 40 ans avec aussi peu d'efficacité et je réflé­chis sou­vent sur les rai­sons de ce gâchis. Je constate que je ne suis pas le seul à éprou­ver ces inquié­tudes. Dans ma famille, on en est à quatre géné­ra­tions d'enseignants et il faut que l'on conti­nue à y croire. Ce livre décrit tout un pro­ces­sus et je par­tage tout à fait ces points de vue. Mais pour­quoi y-aurait-il une volonté der­rière tout ça et n'y aurait-il pas de volonté contre tout ça ? Le coût de l'enseignement est-il com­pa­tible avec une écono­mie de mar­ché, tout comme celui de la jus­tice, de la santé, de la sécu­rité ? Qui fait ces choix et la démo­cra­tie permet-elle à un popu­la­tion d'exercer son pou­voir pour faire en sorte que ces choix soient les siens ?

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Caroline Oudot
le 17 mars 2011

Sophie Coignard dit « Je reven­dique mon incom­pé­tence et je n'ai pas voulu écrire un livre de spé­cia­liste ». Pourtant dans ce livre, elle prend net­te­ment posi­tion contre ce qu’elle nomme les « péda­go­gistes » ou les « pro­gres­sistes », par­lant même de « secte péda­go­giste » (p.182). Elle décrit un « clergé » mili­tant et idéo­lo­gique qui en effet pro­duit beau­coup de dégats mais qui est bien loin de la com­mu­nauté des cher­cheurs en matière d’apprentissages sco­laires. Et du coup, elle réa­lise –certes peut être sans l’avoir voulu– un amal­game regret­table. Elle semble consi­dé­rer ou laisse entendre que les « péda­gogues » de l’Education Nationale résument à eux seuls ce qu’est la péda­go­gie ! Or, de nom­breux experts tra­vaillent loin des idéo­lo­gies et appar­te­nance poli­tiques sur la ques­tion des appren­tis­sages sco­laires et des condi­tions qui favo­risent leur réus­site. Sur la base des recherches en Sciences Cognitives, ils pro­posent des cadres de réfé­rence et des pra­tiques por­teurs de réus­site. Aucun de ces experts n’adopte de pos­ture éthé­rée, perdu dans l’opacité de sa tech­ni­cité ! Tous se posi­tionnent de manière concrète, prag­ma­tique, en lien direct avec les exi­gences du tra­vail sco­laire, sans oppo­ser les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être, au contraire en les asso­ciant pour une meilleure effi­ca­cité. Depuis 9 ans, j’accompagne des élèves en m’inspirant de ces tra­vaux et j’en ai observé les béné­fices. Aussi, atten­tion, le « clergé péda­go­giste » de l’EN n’est pas la pédagogie !

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bmpq
le 5 avril 2011

Je sou­haite cor­res­pondre avec vous car je suis EXACTEMENT en accord avec vous sur ce sujet. J'essaie en étant aide sco­laire (en maths/sciences) depuis 7 ans dans ma com­mune de faire prendre conscience aux gens que depuis 40 ans si rien ne bouge c'est à cause de ceux que j'appelle "Les grands pen­seurs théo­riques iso­lés dans la for­te­resse de l'administration". Il faut donc média­ti­ser et affir­mer haut et fort cette réa­lité. Je suis alliée avec vous pour cela.

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caroline
le 19 août 2011

un lien: http://www.terre.tv/fr/3992_changer-le-paradigme-de-leducation
De plus, je trouve au contraire que tous les péda­gogues et cher­cheurs ne sont pas enten­dus, sinon, beau­coup de choses auraient changé depuis longtemps!

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sergent bauchat
le 19 août 2011

Je vais me pro­cu­rer rapi­de­ment ce livre. Enseignant depuis 1976, ayant exercé dans des milieux dif­fé­rents (en ville, à la cam­pagne, en ZEP, et main­te­nant dans un quar­tier pri­vi­lé­gié, je constate que les élèves en dif­fi­cul­tés plus ou moins grande ne sont pas aidés comme ils devraient l'être... et les ensei­gnants "de base" n'y peuvent rien. Honte aux ministres de l'éducation en poste depuis des années et des années !

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Baptiste
le 19 août 2011

Je par­tage à 100% l'analyse de Sophie COIGNARD ! C'est bien le sys­tème qui par ses dys­fonc­tion­ne­ments récur­rents pro­duit ce volant de 150 000 (voire plus) jeunes n'ayant rien obtenu à leur sor­tie de leur scolarité......La poli­tique conduite depuis au moins dix ans ne fait qu'accentuer ce gâchis ! J'ai depuis long­temps réflé­chi et écrit quels remèdes il convien­drait d'appliquer. Je me limi­te­rai ici à les énumé­rer......
– La for­ma­tion péda­go­gique à la conduite de classes dif­fi­ciles et hété­ro­gènes est de moins en moins assu­rée. Le tra­vail plu­ri­dis­pli­naire n'existe pas, car il se heur­te­rait ensuite aux corps d'inspections qui sont imper­méables aux péda­go­gies de groupe !
– Les pro­grammes sont trop dog­ma­tiques et ambi­tieux, sans que leur "sens" soit perçu et com­pris par beau­coup d'élèves
– Les corps d'inspections sont des cha­pelles cloi­son­nées qui s'ingénient à défendre leur dis­ci­pline, sans se sou­cier de l'intérêt des élèves, des plus faibles en par­ti­cu­lier, qui ne com­prennent pas le sens de l'enseignement qu'on leur dis­pense.
– Les ensei­gnants ne tra­vaillent pas assez en équipes plu­ri­dis­ci­pli­naires, sur de thèmes ou pro­jets fédé­ra­teurs, pour les élèves moyens ou faibles. Ils sont sou­te­nus en cela par la hié­rar­chie conser­va­trice qui se repro­duit depuis des décen­nies !!!
– Les syn­di­cats d'enseignants sont trop cor­po­ra­tistes et se retranchent der­rière leur corps d'inspection qui les évalue sui­vant des cri­tères uni­que­ment dis­ci­pli­naires, en se repro­dui­sant en vase clos de géné­ra­tions en générations !.....

André Batignes
Enseignant retraité : 23 ans pro­fes­seur tech­nique + 15 années pro­vi­seur dans 2 grands lycées

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chlafleur
le 19 août 2011

Voici une jour­na­liste qui regarde les choses en face. Mais fallait-il une telle enquête pour se rendre compte que l'Education Nationale est à l'abandon ? Fallait-il une telle enquête pour voir que la grande majo­rité des mesures prises le sont pour faire des écono­mies ? Fallait-il une telle enquête pour savoir que la Lolf est en train de détruire notre ensei­gne­ment public ? Vous don­nez comme exemple la for­ma­tion des maîtres, par­lons de la dis­pa­ri­tion des RASED, de l'augmentation des heures sup­plé­men­taires, du recru­te­ment "d'enseignants" via le pôle emploi, de la dimi­nu­tion du nombre d'assistants d'éducation...

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Gib
le 20 août 2011

Le seul inté­rêt de ce livre est de dénon­cer haut et fort le seul et unique objec­tif de ces der­nières années en matière de poli­tique éduca­tive (et je dirais plus pré­ci­sé­ment à par­tir de 2003) : FAIRE DES ECONOMIES (en enro­bant le tout d'une intense com­mu­ni­ca­tion pour brouiller les pistes). Voilà la seule et unique visée des poli­tiques qui nous gou­vernent. Tout le reste n'est que du bla bla...

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segolu
le 21 août 2011

...être sur­prise des réac­tions? Il suf­fi­rait de pas­ser une semaine dans un établis­se­ment pour sai­sir l'évolution dra­ma­tique que subit ce sys­tème. Le recru­te­ment des per­son­nels de direc­tion, et de tout autre res­pon­sable, est réa­lisé par les gens qui tiennent le sys­tème, donc refusent, pour la grande majo­rité d'entre eux toute évolu­tion. Les jeunes adolescent-e-s d'aujourd'hui valent bien celles et ceux d'hier, mais rien ne per­met de leur don­ner vrai­ment la parole, de les asso­cier à l'acte éduca­tif... que la volonté quo­ti­dienne et affir­mée du chef d'établissement, l'institution n'est en rien au contact de la vie d'une mai­son aussi essen­tielle que la nôtre. Si, quand même, ne pas oublier que le moindre fait divers amè­nera mes­sages, appels télé­pho­niques... et autre inter­ven­tion sou­vent dévas­ta­trice.
Y a-t-il un espoir de retour à une situa­tion réel­le­ment for­ma­trice? Il est vrai­ment ténu. C'est d'abord l'organisation géné­rale qu'il faut é l i m i n e r. Elle date de la fin du 19ème, et n'est plus d'actualité. L'animation de l'ECOLE se doit d'être locale, res­pon­sable, et conduite par des gens recru­tés et évalués selon les pro­jets qu'elles-ils ont déjà menés. L'université et ses man­dants (ins­pec­teurs d'académie, rec­teurs ou autres) sont peut-être d'habiles scrip­teurs pour l'agrégation ou tout autre concours, mais il en est peu qui ont vrai­ment mené une équipe ou un pro­jet dans une col­lec­ti­vité de quelqu'ordre qu'elle soit. Sans chan­ge­ment rapide de cet "habi­tus" de recru­te­ment, sans volonté de redon­ner un infime espoir à celles et ceux qui sont, ou vou­draient s'engager dans ce métier, pas d'espoir pour l'Ecole.
Toujours prêt à m'associer à tout chan­ge­ment si besoin est.

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