Revue du 19 janvier 2011
Tunisie : Diplômés, étudiants et enseignants au coeur de la Révolution du Jasmin
Les jeunes diplômés ont été au coeur de la "Révolution du Jasmin" qui secoue la Tunisie depuis un mois. La Tunisie est le pays du Maghreb qui consacre le plus à l'éducation (7,2% du PIB, 18ème rang mondial) et forme chaque année quelque 80.000 diplômés du supérieur. Mais il n'y a que 20.000 postes à pourvoir, et le chômage fait des ravages.
Un diplômé du supérieur sur cinq n'a pas d'emploi. Les jeunes sont deux fois plus touchés par le chômage que le reste de la population (30% des 15–29 ans). Les jeunes diplômés ressentent d'autant plus durement la corruption et la hausse du coût de la vie. Mohamed Bouazizi, 26 ans, qui a initié le mouvement de protestation national en s'immolant par le feu le 17 décembre devant des bâtiments administratifs, était obligé de vendre à la sauvette des fruits et légumes pour vivre.
Le 11 janvier, alors que Tunis commence à être touchée par les émeutes qui ont suivi, les autorités ont décidé de fermer écoles et universités pour une durée indéterminée, notamment dans l'espoir de conduire les étudiants à quitter la capitale pour rejoindre leurs villes natales. Tunis abrite en effet plusieurs dizaines d'universités, fréquentées par des étudiants de tout le pays. Mais la mesure n'a pas calmé les jeunes manifestants.
Les enseignants n'ont pas été en reste. Ils ont répondu à l'appel d'un mouvement de grève dès le 7 janvier, quelques jours à peine après la réouverture des classes après les congés. Leur engagement a culminé le 13 janvier, quand le chercheur franco-tunisien Hatem Bettahar est mort sous les balles de la police lors d'une manifestation. Quelque 300 professeurs se sont alors réunis à la faculté de droit de Tunis, pour dénoncer "l'assassinat d'un confrère". Ils ont ensuite manifesté à l'extérieur du campus contre la présence de forces de sécurité à l'université avant d'être dispersés par la police.
Mise à jour. Ce lundi 24 janvier était le jour de reprise officielle des cours dans les maternelles, le primaire et pour les lycéens de terminale. Mais la reprise a été compromise par l'annonce d'une grève illimitée des instituteurs, qui réclament le départ des anciens ministres de Ben Ali du gouvernement de transition.
- Le Monde - 15 janvier,
- Liberation - 23 janvier,
- Le Figaro - 12 janvier,
- L'Express - 12 janvier,
- Nord Éclair - 14 janvier,
- Al Jazeera - 11 janvier,
- Deutsche Presse-Agentur - 7 janvier,
- AFP - 24 janvier
Vatican : Le Pape contre les cours obligatoires d'éducation sexuelle ou civique
Lors de la traditionnelle cérémonie des voeux du Nouvel An, en présence des diplomates accrédités auprès du Vatican, Benoît XVI a dénoncé comme une "atteinte à la liberté religieuse des familles" la participation "imposée" à des cours d'éducation sexuelle ou civique dans certains pays européens. Des cours "véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison", selon le souverain pontife. En Espagne notamment, le programme de cours d'éducation à la citoyenneté introduits en 2007 –abordant par exemple le rejet de l'homophobie, le droit au divorce et à l'avortement ou encore l'acceptation des familles homoparentales– a été jugé trop "progressiste" par l'Eglise. Le Pape "exhorte tous les gouvernements à promouvoir des systèmes éducatifs qui respectent le droit primordial des familles à décider de l'éducation des enfants et qui s'inspirent du principe de subsidiarité, fondamental pour organiser une société juste."
- AFP,
- vatican.va
Angleterre : Fin de l'EMA, une prime de présence pour les lycéens défavorisés
A partir de cette année, les Anglais ne pourront plus postuler pour l'Educational Maintenance Allowance, ou EMA, une aide financière pour les jeunes de 16 à 19 ans scolarisés issus de foyers modestes. L'EMA s'échelonnait de 12 à 35 euros par semaine environ, suivant les revenus du foyer. Les familles gagnant plus de 36.900 euros par an n'étaient pas concernées. Cette aide était versée directement sur le compte de l'élève par le biais de son établissement, qui pouvait suspendre le paiement en cas d'absences injustifiées. Près de 650.000 jeunes en bénéficiaient. Sa suppression a été décidée dans un souci d'économie, car l'EMA coûtait plus de 700 millions d'euros par an à l'administration anglaise. Les syndicats étudiants et le gouvernement s'opposent sur le nombre de jeunes défavorisés qui décrocheront des études avec la suppression de l'EMA : un sur dix pour le gouvernement, jusqu'à sept sur dix selon les organisations étudiantes. Mais cette phase ne sera que transitoire. En effet, l'âge de fin de scolarité obligatoire en Angleterre, actuellement fixé à 16 ans, passera à 17 ans en 2013 puis à 18 en 2015. Les élèves seront donc obligés d'aller en cours, même en l'absence de motivation financière.
- BBC - 18 janvier
Îles Fidji : L'éducation à la finance bientôt dès l'école primaire
Le ministre fidjien de l'éducation Filipe Bole a procédé le 18 janvier au lancement officiel du Fiji Financial Education Curriculum Development Project, pour intégrer l'éducation à la finance dans les programmes scolaires primaire et secondaire. Cette initiative vise à ce que la prochaine génération possède des compétences pour mieux gérer ses dépenses, ses économies et ses investissements tout au long de la vie. Le projet est financé par AusAID, le fonds australien d'aide au développement des pays étrangers. Il sera d'abord expérimenté dans 18 écoles jusqu'en décembre 2012, avant d'être généralisé à l'ensemble des établissements.
- radiofiji.com - 18 janvier,
- fijivillage.com - 18 janvier
Québec : Les professeurs dépassés par les nouvelles technologies
Alors que l'intérêt des enseignants québécois envers les applications pédagogiques des TIC est "plutôt élevé" dans la majorité des cas, ils reconnaissent pour la moitié d'entre eux ne pas posséder une maîtrise suffisante des TIC pour "les intégrer dans l'enseignement". En fait, dans deux tiers des établissements secondaires, seule "une minorité" des enseignants font un usage plus avancé des ordinateurs qu'un traitement de texte : utilisation des emails ou de forums, logiciels d'auto-apprentissage, etc. Et ce, malgré la mise à disposition d'un ordinateur pour quatre élèves en moyenne. C'est ce qui ressort d'une enquête du ministère québécois de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Signe évident du malaise des enseignants face à ces nouvelles technologies : un tiers des ordinateurs des établissements publics secondaires ne seraient toujours pas connectés à Internet.
- Le Journal de Montréal - 3 janvier,
- mels.gouv.qc.ca


