Le Sénat planche sur l'avenir des collégiens des zones sensibles

15.12.2010 1
Fabienne Keller, séna­trice UMP, est res­pon­sable d'une étude sur les années col­lège dans les ter­ri­toires urbains sen­sibles. Elle pré­sen­tait ce matin, lors d'une confé­rence de presse au Sénat, un pre­mier bilan d'étape.

Dans le cadre de la Délégation séna­to­riale à la pros­pec­tive, Fabienne Keller, ancien maire de Strasbourg, est char­gée depuis juin der­nier de réflé­chir, entou­rée de cadres de l'Education natio­nale, de socio­logues, de l'ONZUS(1)... à des pistes d'action pour amé­lio­rer la vie dans les col­lèges dif­fi­ciles. Un rap­port sur le sujet devrait être remis début février.

Pour cette étude, la séna­trice visite des établis­se­ments situés en ZUS, à Clichy, Montfermeil, Roubaix, Montbéliard, Marseille, Sevran, et ren­contre les ensei­gnants, les parents d'élèves, les acteurs sociaux, les anciens élèves...

Il s'avère que dans les quar­tiers sen­sibles les jeunes sont for­te­ment en situa­tion de décro­chage sco­laire, et sont guet­tés à chaque ins­tant par le dan­ger de la rue.

Les années col­lège : un moment crucial

Les années col­lège repré­sentent un moment cru­cial dans leur sco­la­rité, et le pas­sage du pri­maire au secon­daire se doit d'être réussi, car à ce moment-là, l'école n'est pas encore en concur­rence avec la rue. Une pre­mière piste pour­rait donc être de favo­ri­ser cette tran­si­tion, de tout mettre en œuvre pour qu'elle soit positive.

La séna­trice a remar­qué la réus­site de pro­jets péda­go­giques ori­gi­naux, autour du sport, des sciences, du théâtre, de l'actualité...Ils per­mettent de pré­pa­rer l'accès au savoir et au socle com­mun de connais­sances. Une péda­go­gie plus souple, plus inven­tive devrait être explo­rée. Mais n'est-ce pas là remettre en cause le sacro-saint col­lège unique ?

Environnement et accompagnement

L'environnement joue aussi un rôle essen­tiel : la réno­va­tion urbaine, loge­ments comme espaces publics, est très impor­tante, et ces quar­tiers devraient pou­voir res­sem­bler à tous les autres. Les habi­tants, comme le dit la séna­trice, ont un "droit à l'ordinaire".

Un mot revient fré­quem­ment dans ses pro­pos : celui d'accompagnement. Accompagnement des élèves, avec des péda­go­gies dif­fé­rentes, des ensei­gnants, en par­ti­cu­lier des jeunes ensei­gnants, avec entre autres une aide au loge­ment, des parents, avec des ini­tia­tives telles que la mal­lette des parents. L'accompagnement doit être déve­loppé sur tous les fronts possibles.

Enfin, il faut relan­cer l'activité com­mer­ciale et écono­mique de ces quar­tiers, avec une poli­tique d'incitation effi­cace. La prio­rité est bien évidem­ment aussi de faci­li­ter l'accès à l'emploi des jeunes, seul moyen de lut­ter contre l'attrait de l'argent facile. Le taux de chô­mage y est alar­mant : un rap­port de l'ONZUS révélé dans Le Monde aujourd'hui, fait état de près d'un homme jeune sur deux au chômage.


Sandra Ktourza

 
Note(s) :
  • (1) Observatoire national des zones urbaines sensibles

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zakhartchouk
le 20 décembre 2010

je trouve vrai­ment sur­pre­nant que soit écrit: ""Une péda­go­gie plus souple, plus inven­tive devrait être explo­rée. Mais n'est-ce pas là remettre en cause le sacro-saint col­lège unique ?
quelle concep­tion du col­lège unique avez-vous? Bien au contraire, ce type de péda­go­gie est la seule chance pour que le col­lège unique, dont je suis un ferme par­ti­san, ne soit pas le col­lège uni­forme, mais bien l'endroit com­mun où à par­tir d'un socle com­mun, cha­cun puisse aller au bout de ses poten­tia­li­tés, sans ren­fer­me­ment dans ce qu'on sait faire, sans indi­vi­dua­lisme extr^me, en conci­liant "pour tous" et "pour cha­cun". de même que la péda­go­gie souple est la seule chance pour que le socle com­mun soit autre chose qu'un slo­gan hypo­crite. C'est cette concep­tion –là que j'essaie de déve­lop­per dans mes écrits et sur­tout dans ma pra­tique de prof de col­lège et de for­ma­teur
JM Zakhartchouk, rédac­teur aux cahiers pédagogiques

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