Eric Barbazo : défendre un enseignement mathématique de qualité

Passionné tant par son métier que par la recherche, Eric Barbazo partage son temps entre les salles de classe et les centres universitaires. Le président de l’Association des profs de maths s’inquiète de la réforme du lycée.

Eric Barbazopetit« La filière S n’est plus une filière scientifique », assène Eric Barbazo. Le président de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (l’A.P.M.E.P.) fait entendre ses réserves au sujet de la réforme du lycée, dénonçant la diminution des horaires des matières scientifiques : « En première S, les mathématiques, la physique et la SVT représentent moins de 50% des heures de cours. » En cause ? L’accompagnement personnalisé. Les heures de tutorat sont en effet prises sur celles des disciplines scientifiques : « Nous approuvons le principe de l’accompagnement personnalisé, mais la répartition horaire n’est pas bonne. »

Une spécialisation brutale

Avec une première plus générale faisant la part belle au français et à l’histoire-géographie, l’A.P.M.E.P. dénonce une spécialisation brutale en terminale : « Le passage entre les deux classes va s’avérer difficile, car peu de notions auront été abordées en première. Le saut conceptuel sera important et certains élèves risquent d’être en difficulté. » Eric Barbazo s’inquiète également pour les autres sections : « Les filières L et ES n’ont pas été épargnées, et accusent elles aussi une baisse des enseignements scientifiques. »

Première expérience au Qatar

Pour ce chercheur spécialisé sur l’histoire des réformes, l’enseignement est une vocation, qu’il défend par le biais de l’association : « J’ai choisi ce métier à l’âge de 16 ans lorsque j’ai rencontré mon professeur de maths de première. Je crois que je me suis identifié à lui… » Eric Barbazo poursuit dans cette voie jusqu’à l’obtention de l’agrégation en 1993. Il part ensuite faire ses premières armes au Qatar : « J’intervenais dans un lycée français qui accueillait diverses nationalités. Lors de cette expérience, je me suis rendu compte de la qualité de l’enseignement français. De nombreux élèves étrangers venaient préparer le baccalauréat, car ils savaient que le diplôme était d’un bon niveau. »

Chercheur à l’Irem

Deux ans plus tard, il rentre à Bordeaux, sa ville d’origine, et retrouve les salles de classe françaises. Un ancien professeur le contacte pour lui proposer de rejoindre l’Irem (Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques). Tout en continuant d’exercer dans le secondaire, Eric Barbazo conduit plusieurs travaux de recherche et assure la formation continue des professeurs. Il trouve dans ses différentes casquettes une complémentarité enrichissante : « La recherche permet de s’interroger sur le sens de l’enseignement, et sur la direction à lui donner. Elle me donne du recul sur les pratiques pédagogiques. » C’est à cette époque qu’il découvre l’A.P.M.E.P. Il s’engage auprès de l’association et est élu président en 2009.

Depuis, il défend, avec les adhérents, un enseignement mathématique de qualité : « Il faut permettre aux élèves intéressés d’aller le plus loin possible, tout en maintenant un enseignement de maths pour tous. Les mathématiques sont présentes dans la vie quotidienne. Elles ont une utilité sociale et intellectuelle, j’en suis convaincu ! »


Coralie Bach

Eric Barbazo en cinq dates

1993 : Obtient l’agrégation de mathématiques et part enseigner au Qatar
1995 : Rentre à Bordeaux
2000 : Intègre l’Irem
2009 : Elu président de l’A.P.M.E.P
2010 : Publie avec Pascale Pombourcq un livre intitulée « 100 ans d’A.P.M.E.P. », Louis Jean édition

1 commentaire sur "Eric Barbazo : défendre un enseignement mathématique de qualité"

  1. Krokodilo  13 décembre 2010 à 15 h 23 min

    On pourrait aussi inciter les Français à adopter les septante, octante et nonante, qui faciliteraient très probablement au primaire l’apprentissage du calcul mental, en lieu et place du très bizarre quatre fois vingt plus dix-huit ! C’est plus rationnel et régulier, c’est légal sur les chèques et documents, et c’est déjà francophone.: pourquoi ne pas adopter les bonnes idées de la francophonie ?Signaler un abus

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