10.12.2010
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Eric Barbazo : défendre un enseignement mathématique de qualité

Passionné tant par son métier que par la recherche, Eric Barbazo par­tage son temps entre les salles de classe et les centres uni­ver­si­taires. Le pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs de mathé­ma­tiques de l'enseignement public s'inquiète aujourd'hui de la réforme du lycée.

« La filière S n'est plus une filière scien­ti­fique », assène Eric Barbazo. Le pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs de mathé­ma­tiques de l'enseignement public (l'A.P.M.E.P.) fait entendre ses réserves au sujet de la réforme du lycée, dénon­çant la dimi­nu­tion des horaires des matières scien­ti­fiques : « En pre­mière S, les mathé­ma­tiques, la phy­sique et la SVT repré­sentent moins de 50% des heures de cours. » En cause ? L'accompagnement per­son­na­lisé. Les heures de tuto­rat sont en effet prises sur celles des dis­ci­plines scien­ti­fiques : « Nous approu­vons le prin­cipe de l'accompagnement per­son­na­lisé, mais la répar­ti­tion horaire n'est pas bonne. »

Une spé­cia­li­sa­tion brutale

Avec une pre­mière plus géné­rale fai­sant la part belle au fran­çais et à l'histoire-géographie, l'A.P.M.E.P. dénonce une spé­cia­li­sa­tion bru­tale en ter­mi­nale : « Le pas­sage entre les deux classes va s'avérer dif­fi­cile, car peu de notions auront été abor­dées en pre­mière. Le saut concep­tuel sera impor­tant et cer­tains élèves risquent d'être en dif­fi­culté. » Eric Barbazo s'inquiète égale­ment pour les autres sec­tions : « Les filières L et ES n'ont pas été épar­gnées, et accusent elles aussi une baisse des ensei­gne­ments scien­ti­fiques. »


Eric Barbazo en cinq dates

1993 : Obtient l'agrégation de mathé­ma­tiques et part ensei­gner au Qatar
1995 : Rentre à Bordeaux
2000 : Intègre l'Irem
2009 : Elu pré­sident de l'A.P.M.E.P
2010 : Publie avec Pascale Pombourcq un livre inti­tu­lée « 100 ans d'A.P.M.E.P. », Louis Jean édition

Première expé­rience au Qatar

Pour ce cher­cheur spé­cia­lisé sur l'histoire des réformes, l'enseignement est une voca­tion, qu'il défend par le biais de l'association : « J'ai choisi ce métier à l'âge de 16 ans lorsque j'ai ren­con­tré mon pro­fes­seur de maths de pre­mière. Je crois que je me suis iden­ti­fié à lui... » Eric Barbazo pour­suit dans cette voie jusqu'à l'obtention de l'agrégation en 1993. Il part ensuite faire ses pre­mières armes au Qatar : « J'intervenais dans un lycée fran­çais qui accueillait diverses natio­na­li­tés. Lors de cette expé­rience, je me suis rendu compte de la qua­lité de l'enseignement fran­çais. De nom­breux élèves étran­gers venaient pré­pa­rer le bac­ca­lau­réat, car ils savaient que le diplôme était d'un bon niveau. »

Chercheur à l'Irem

Deux ans plus tard, il rentre à Bordeaux, sa ville d'origine, et retrouve les salles de classe fran­çaises. Un ancien pro­fes­seur le contacte pour lui pro­po­ser de rejoindre l'Irem (Institut de recherche sur l'enseignement des mathé­ma­tiques). Tout en conti­nuant d'exercer dans le secon­daire, Eric Barbazo conduit plu­sieurs tra­vaux de recherche et assure la for­ma­tion conti­nue des pro­fes­seurs. Il trouve dans ses dif­fé­rentes cas­quettes une com­plé­men­ta­rité enri­chis­sante : « La recherche per­met de s'interroger sur le sens de l'enseignement, et sur la direc­tion à lui don­ner. Elle me donne du recul sur les pra­tiques péda­go­giques. » C'est à cette époque qu'il découvre l'A.P.M.E.P. Il s'engage auprès de l'association et est élu pré­sident en 2009.

Depuis, il défend, avec les adhé­rents, un ensei­gne­ment mathé­ma­tique de qua­lité : « Il faut per­mettre aux élèves inté­res­sés d'aller le plus loin pos­sible, tout en main­te­nant un ensei­gne­ment de maths pour tous. Les mathé­ma­tiques sont pré­sentes dans la vie quo­ti­dienne. Elles ont une uti­lité sociale et intel­lec­tuelle, j'en suis convaincu ! »


Coralie Bach

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Krokodilo
le 13 décembre 2010

On pour­rait aussi inci­ter les Français à adop­ter les sep­tante, octante et nonante, qui faci­li­te­raient très pro­ba­ble­ment au pri­maire l'apprentissage du cal­cul men­tal, en lieu et place du très bizarre quatre fois vingt plus dix-huit ! C'est plus ration­nel et régu­lier, c'est légal sur les chèques et docu­ments, et c'est déjà fran­co­phone.: pour­quoi ne pas adop­ter les bonnes idées de la francophonie ?

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