23.11.2010
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Apprendre la Bourse au lycée

Le lycée Paul Verlaine à Rethel par­ti­cipe depuis deux ans au concours en ligne Apprendre la Bourse, orga­nisé par l'association Finances et Pédagogie. Mini-reportage.

C'est dans la cam­pagne arden­naise que se situe le lycée Paul Verlaine, qui entre le lycée d'enseignement géné­ral et celui d'enseignement pro­fes­sion­nel, compte quand même 840 élèves.
Cette année, une quin­zaine d'élèves du lycée géné­ral ont choisi de par­ti­ci­per au concours Apprendre la Bourse. Ils sont en seconde option PFEG et en ter­mi­nale STG, la bourse fait donc direc­te­ment par­tie de leur pro­gramme, mais ce concours s'adresse à toute classe dési­reuse de s'initier de façon pra­tique à un des rouages majeurs de l'économie.

Modalités pra­tiques

Il s'agit d'un concours natio­nal : 270 équipes d'élèves y par­ti­cipent actuel­le­ment en France. Les établis­se­ments inté­res­sés par le concours doivent s'adresser à leur cor­res­pon­dant local Finances et Pédagogie. A Rethel par exemple, Dominique Claudel, le cor­res­pon­dant Finances et Pédagogie en Lorraine Champagne-Ardenne, est le coor­don­na­teur du pro­jet. Il tra­vaille avec deux ensei­gnantes d'économie-gestion de l'établissement, qui encadrent les élèves.
Concrètement, les élèves, répar­tis en équipes, dis­posent tous d'un capi­tal vir­tuel de départ de 50 000 euros, et peuvent faire leur choix parmi 150 actions. Ils ont dix semaines (le concours prend fin le 14 décembre au soir) pour faire fruc­ti­fier  leur capi­tal fic­tif en uti­li­sant une stra­té­gie d'investissement intel­li­gente. Les titres sont donc négo­ciés sur la base des vrais cours du CAC 40, mais avec de l'argent virtuel.

La com­pé­ti­tion

Les élèves ont cha­cun un code d'accès qui leur per­met d'accéder en ligne à leur por­te­feuille et de bour­si­co­ter quand ils veulent en temps réel. Ils sont clas­sés chaque semaine en fonc­tion de leurs résul­tats : au niveau régio­nal, au niveau natio­nal, et même au niveau euro­péen, puisque d'autres pays d'Europe y par­ti­cipent.
Les élèves du lycée Paul Verlaine se défendent par­ti­cu­liè­re­ment bien : en tête du clas­se­ment régio­nal, ils sont même arri­vés en tête du clas­se­ment natio­nal. Mais atten­tion, le com­bat est rude –et sur­tout sou­mis aux fluc­tua­tions bour­sières et aux stra­té­gies d'investissement. Les élèves ont perdu leur titre de cham­pion et doivent le recon­qué­rir !
Comme il s'agit d'un concours, les gagnants au niveau natio­nal seront récom­pen­sés : ils auront droit cette année à un week-end à Paris, où ils pour­ront ren­con­trer les autres équipes gagnantes européennes.

L'enjeu péda­go­gique

Mme Zwein, une des ensei­gnantes d'économie-gestion enca­drant le pro­jet, explique que ce concours est très posi­tif pour les élèves, parce qu'il crée une dyna­mique. Il y a une com­pé­ti­tion, et les élèves se prennent au jeu, suivent l'actualité bour­sière sur BFM, s'intéressent du coup aussi plus géné­ra­le­ment à l'actualité de la finance et de l'économie. Enfin, ajoute-elle, ce concours déve­loppe "l'esprit d'équipe". Il faut noter que les élèves ici sont tous volon­taires : les ensei­gnants ont choisi de ne pas impo­ser la par­ti­ci­pa­tion au concours (ce qui est une option pos­sible), mais de le pro­po­ser en dehors des cours, à l'heure du déjeu­ner.
Pour le pro­vi­seur, M. Vanderstee, ce concours péda­go­gique est extrê­me­ment béné­fique : il per­met aux élèves d'être en contact direct avec une réa­lité écono­mique, et com­plète par­fai­te­ment les ensei­gne­ments plus théo­riques. C'est pour­quoi il a choisi de le recon­duire cette année.
Les élèves eux appré­cient l'aspect ludique du concours, et cette forme de péda­go­gie autre, cepen­dant tota­le­ment en phase avec les programmes.


Sandra Ktourza

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echamel
le 26 novembre 2010

Quel mal­heur ! Notre monde s'effondre, en rai­son de la finan­cia­ri­sa­tion démente de nos écono­mies. Ainsi,ne mino­rité s'enrichit de façon éhon­tée alors que les gens, les citoyens, les sala­riés s'enfoncent dans des dif­fi­cul­tés consi­dé­rables. Et on apprend dès le lycée à bour­si­co­ter !! On for­mate nos jeunes à la com­pé­ti­tion au lieu de les ini­tier à la coopé­ra­tion ! On leur apprend à spé­cu­ler alors qu'il faut leur apprendre des valeurs humaines fon­da­men­tales, à vivre ensemble ! Quelle triste époque Comme Jean Vilar je pense que cette société est triste, sans esprit et sans ave­nir parce qu’on ne lui donne qu’à pen­ser fric ! ! Heureusement que de nom­breuses voix se mobi­lisent contre cette évolu­tion dramatique !

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etchup
le 26 novembre 2010

Je ne suis pas d'accord avec echa­mel. Je fais confiance aux ensei­gnants pour inté­grer cette "com­pé­ti­tion" dans une véri­table démarche péda­go­gique. Sinon je doute que le pro­vi­seur aurait donné son accord pour un tel pro­jet! Si ces jeunes sont ini­tiés à la bourse, ils sont for­cé­ment sen­si­bi­li­sés en même temps aux dan­gers de la chose, et aux pertes pos­sibles. Tant mieux. Autant le faire tôt et avec de l'argent vir­tuel, ça devrait leur éviter de prendre des risques incon­si­dé­rés à l'avenir. L'exercice leur donne des clés pour com­prendre, et ne pas être les jouets d'un sys­tème trop sou­vent opaque.

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pilou
le 26 novembre 2010

Bonjour,
La modi­fi­ca­tion des pro­grammes a sup­primé l'enseignement des théo­ries écono­miques, pour­tant indis­pen­sables à la com­pré­hen­sion et à l'analyse objec­tive de notre société. A contra­rio, on incite les élèves à entrer par le jeu dans le temple d'une seule et unique doc­trine : le libé­ra­lisme écono­mique.
Question : au même titre que pour la laï­cité, ne devrait-on pas se limi­ter à l'enseignement objec­tif des fon­de­ments de chaque prin­ci­pale théo­rie, sans entrer dans la pra­tique exclu­sive d'une d'entre elle ? J'imagine le haro si une fon­da­tion orga­ni­sait un jeu inter­na­tio­nal basé sur les prin­cipes de la mutualisation/coopération. Peuples de tous pays...

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pilou
le 26 novembre 2010

Re-bonjour,
etchup, je ne doute pas de la capa­cité des pro­fes­seurs à tirer parti des cotés posi­tifs de la com­pé­ti­tion, mais ce n'est pas le pro­pos. Je ne doute pas non plus que les risques pris par le capi­tal soient ana­ly­sés et que les leçons des risques spé­cu­la­tifs soient tirées.
Ce dont je doute, c'est de la sen­si­bi­li­sa­tion aux risques de la recherche de ren­ta­bi­lité à deux chiffres dans un contexte de crois­sance à 2 ou 3 %. Je doute que la phi­lo­so­phie du jeu soit d'amener tout le monde à bon port, mais bien seule­ment ses petits euros. C'est facile de jouer à la bourse, c'est moins facile de jouer à l'économiste, mais beau­coup plus inté­res­sant. Et la bourse est tout sauf un modèle que je veux pour mes enfants ! spé­cu­ler sur tout et rien, sur­tout sur la chute de cer­tains, la pénu­rie, les divi­dendes poten­tiels sous réserve de plan social ou/et de délo­ca­li­sa­tion, etc... je cari­ca­ture volon­tai­re­ment, mais nous somme loin d'un idéal de valeurs et de société.

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pat
le 29 novembre 2010

Je suis scan­da­li­sée par ce genre de pra­tique. Dans le contexte de crise actuel où la finance inter­na­tio­nal veut impo­ser sa loi aux peuples que des ensei­gnants fassent par­ti­ci­per leurs élèves à ce type de jeux, c'est hon­teux !!! Je sup­pose qu'ils n'ont pas l'intention de les ini­tier au syndicalisme...Patricia Prof. d'économie gestion

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Dorothee
le 3 décembre 2010

Je ne suis pas d'accord avec Pat! je pense que connaître per­met de ne pas se faire piéger.

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Marc Anglaret
le 3 décembre 2010

Je suis extrê­me­ment cho­qué de l'absence totale de recul et d'esprit cri­tique dans la pré­sen­ta­tion de cet "appren­tis­sage". Explique-t-on à ces élèves que les pro­fits bour­siers qu'ils recherchent vir­tuel­le­ment sont notam­ment fon­dés sur les licen­cie­ments mas­sifs dans des entre­prises qui font du pro­fit et sur l'exploitation de tra­vailleurs, qui ont par­fois leur âge ou même moins, pour des salaires de misère et dans des condi­tions abso­lu­ment contraires aux plus élémen­taires droit de l'homme ?

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