Revue du 27 octobre 2010

27.10.2010

Royaume-Uni : Impact du plan d'austérité sur l'éducation

Tout comme la France, le Royaume-Uni a annoncé un plan de révi­sion des poli­tiques publiques, pour réduire son défi­cit colos­sal. Le Royaume-Uni dépense actuel­le­ment 43 mil­liards de livres(1) chaque année pour rem­bour­ser les inté­rêts de sa dette, soit davan­tage que son inves­tis­se­ment public annuel dans les écoles d'Angleterre.

Dans le cadre du plan bud­gé­taire 2010–2015 dévoilé le 20 octobre der­nier, George Osborne, le chan­ce­lier de l'Échiquier (ministre bri­tan­nique des finances et du tré­sor), a annoncé la sup­pres­sion de 500.000 postes de fonc­tion­naires, dont 40.000 enseignants.

Le plan d'austérité ménage rela­ti­ve­ment la petite enfance, le pri­maire et le secon­daire. Le pro­gramme de crèches "Sure Start" est main­tenu. A par­tir de 2012–2013, les enfants issus de milieux désa­van­ta­gés béné­fi­cie­ront dès l'âge de 2 ans de 15 heures d'éducation gra­tuites par semaine. Le pro­gramme "Building Schools for the Future" sera pro­longé, pour per­mettre la recons­truc­tion ou la réno­va­tion de quelque 600 écoles. L'âge de fin de sco­la­rité obli­ga­toire devrait être fixé à 18 ans, contre 16 actuellement.

Le finan­ce­ment de l'enseignement supé­rieur hors recherche sera par contre réduit de 40% sur 5 ans, pas­sant de 7,1 à 4,2 mil­liards de livres.

Pour com­pen­ser cette perte, les uni­ver­si­tés pour­raient bien­tôt fixer libre­ment le mon­tant des frais de sco­la­rité (actuel­le­ment limi­tés à 3.290 livres par an), avec une rede­vance gou­ver­ne­men­tale qui sera pré­le­vée sur les frais au-delà d'un seuil de 6.000 livres. C'est du moins la pré­co­ni­sa­tion de Lord John Browne, auteur d'un rap­port sur le finan­ce­ment de l'enseignement supé­rieur, rendu public le 12 octobre. Pour éviter que les étudiants croulent sous les dettes, il pro­pose que les diplô­més ne com­mencent à rem­bour­ser leurs prêts étudiants que lorsqu'ils tou­che­ront un salaire de 21.000 livres par an.

Note(s) :
  • (1) 1 livre sterling = 1,12 euro
Source(s) :
  • direct.gov.uk,
  • The Guardian - 12 et 19 octobre,
  • Cambridge News - 22 octobre
27.10.2010

Etats-Unis : Peu d'enseignants recrutés parmi les bons élèves

Les Etats-Unis recrutent une mino­rité de leurs ensei­gnants parmi les meilleurs diplô­més, contrai­re­ment aux pays dont les sys­tèmes éduca­tifs sont les plus per­for­mants : Singapour, Finlande, Corée du Sud. Dans ces pays, les ensei­gnants sont tous issus du tiers supé­rieur des bache­liers et des étudiants, la pro­fes­sion est per­çue comme pres­ti­gieuse et le salaire suit, avec notam­ment des sys­tèmes de primes au mérite. Tandis que seuls 23% des ensei­gnants amé­ri­cains sont issus du tiers supé­rieur du bas­sin aca­dé­mique, selon une étude récente. Dans les quar­tiers défa­vo­ri­sés, ce pour­cen­tage tombe à seule­ment 14%. D'après les auteurs de l'étude, le salaire est un fac­teur déter­mi­nant : un pro­fes­seur débu­tant à New York gagne par exemple 45.000 dol­lars par an (32.000 euros) — contre 160.000 dol­lars pour un avo­cat. En moyenne, un ensei­gnant amé­ri­cain gagne 67.000 dol­lars (48.000 euros) annuels en fin de carrière.

Consultée sur le sujet, Kate Walsh, pré­si­dente du Conseil natio­nal sur la qua­lité des ensei­gnants, estime que la sélec­tion des futurs ensei­gnants devrait être plus forte, pour éviter des choix de car­rière "par défaut". "Il est plus facile de ren­trer dans une école de for­ma­tion à l'enseignement que de ren­trer dans un pro­gramme de foot­ball uni­ver­si­taire," affirme-t-elle. Les pro­grammes de sports-études à l'université requièrent en effet une bonne moyenne et un score mini­mum au SAT (l'examen stan­dar­disé d'entrée à l'université), ce qui n'est pas le cas de tous les pro­grammes de pré­pa­ra­tion à l'enseignement.

Source(s) :
  • Huffington Post - 15 octobre,
  • mckinsey.com
27.10.2010

Allemagne : Bientôt une reconnaissance des diplômes étrangers

La ministre alle­mande de l'Education, Annette Schavan, a annoncé le 18 octobre der­nier un pro­jet de loi visant la recon­nais­sance des diplômes étran­gers en Allemagne. Le texte, en cours d'élaboration, pré­voit une pro­cé­dure de recon­nais­sance de moins de trois mois, et cible­rait avant tout les métiers de la santé et des soins, de l'artisanat, et des emplois dans la for­ma­tion. Il devrait per­mettre le recru­te­ment de 300.000 tra­vailleurs qua­li­fiés. En paral­lèle, le ministre de l'Economie Rainer Brüderle a fait part d'un pro­jet de plate-forme inter­net, pour que les employeurs découvrent rapi­de­ment l'équivalence alle­mande des for­ma­tions étran­gères. Les deux pro­jets devraient être opé­ra­tion­nels avant la fin de l'année, assurent les deux ministres.

L'Allemagne souffre actuel­le­ment d'une pénu­rie de main d'oeuvre qua­li­fiée. Le pays a en outre connu un solde migra­toire néga­tif en 2009 (plus d'émigration que d'immigration).

Source(s) :
  • Financial Times Deutschland - 18 octobre,
  • Süddeutsche Zeitung,
  • AEF
27.10.2010

Québec : Les enseignants dénoncent une politique d'inclusion à tout prix

La ministre qué­bé­coise de l'Education, Line Beauchamp, a orga­nisé avant-hier un forum sur l'intégration des "élèves han­di­ca­pés ou en dif­fi­culté d'adaptation ou d'apprentissage" (EHDAA). Plus d'une cen­taine de repré­sen­tants du milieu de l'éducation y étaient atten­dus. La ministre insis­tait, dans un docu­ment de réflexion, sur l'importance de la for­ma­tion, afin que les ensei­gnants soient à même de pra­ti­quer une péda­go­gie dif­fé­ren­ciée dans leurs classes. Mais les ensei­gnants ne veulent plus d'une poli­tique d'intégration à tout prix. La pré­si­dente de la Fédération des syn­di­cats d'enseignement (FSE), Manon Bernard, affirme que "passé un cer­tain seuil d'intégration, la classe ordi­naire ne répond plus aux besoins de per­sonne." La FSE évalue actuel­le­ment à 20% le pour­cen­tage d'élèves en dif­fi­culté inté­grés dans les classes, un pour­cen­tage qu'elle sou­hai­te­rait voir dimi­nuer de moi­tié. Elle sug­gère de créer plus de classes spé­ciales, de classes-répit(1), et des par­cours spé­ci­fiques pour ces élèves en dif­fi­culté. Pour en avoir les moyens, elle pré­co­nise notam­ment la fin des sub­ven­tions publiques aux écoles privées.

Note(s) :
  • (1) Dans le cadre du programme Répit-Transit, un élève présentant des difficultés de comportement ou d'adaptation à sa classe peut être confié à des éducateurs spécialisés (orthopédagogues, psychoéducateurs) pendant quelques semaines, pendant lesquelles il travaillera en autonomie. En plus du travail scolaire normal, l'accent est mis sur la gestion de son comportement. L'élève est ensuite réinséré progressivement dans sa classe d'origine lorsque ses progrès sont jugés suffisants.
Source(s) :
  • La Presse - 20 octobre,
  • Le Soleil - 19 octobre
27.10.2010

Sénégal : L'Allemagne finance la progression du pays vers l'éducation universelle

Un contrat de finan­ce­ment a été signé le 19 octobre entre le ministre séné­ga­lais de l'Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, et l'ambassadeur d'Allemagne au Sénégal, Christian Clage, pour un mon­tant de 3.279 mil­liards de francs CFA (5 mil­lions d'euros). Ce mon­tant sera consa­cré à la construc­tion de 600 salles de classes et d'ouvrages annexes, dans trois régions du Sénégal (sur qua­torze) où la Coopération tech­nique alle­mande au déve­lop­pe­ment est déjà active(1). L'Allemagne veut ainsi saluer et encou­ra­ger les pro­grès spec­ta­cu­laires de cette ancienne colo­nie fran­çaise vers l'éducation pour tous. Le taux de sco­la­ri­sa­tion au Sénégal est d'environ 90% aujourd'hui, contre 69% en 2004, et la parité des sexes dans l'éducation est atteinte, avec une légère majo­rité de filles en 2009. Toutefois "le déve­lop­pe­ment démo­gra­phique et en consé­quence la crois­sance annuelle du chiffre des élèves exigent des efforts per­ma­nents", a rap­pelé Christian Clage.

Note(s) :
  • (1) La GTZ (Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit) assure le soutien technique des projets du Ministère fédéral de la Coopération économique, en vue d'améliorer les conditions de vie des populations locales. En savoir plus : http://www.gtz.de/fr/689.htm
Source(s) :
  • Agence de Presse Sénégalaise - 19 octobre,
  • Sénégal Actu - 20 octobre,
  • allafrica.com - 20 octobre