27.10.2010

Québec : Les enseignants dénoncent une politique d'inclusion à tout prix

La ministre qué­bé­coise de l'Education, Line Beauchamp, a orga­nisé avant-hier un forum sur l'intégration des "élèves han­di­ca­pés ou en dif­fi­culté d'adaptation ou d'apprentissage" (EHDAA). Plus d'une cen­taine de repré­sen­tants du milieu de l'éducation y étaient atten­dus. La ministre insis­tait, dans un docu­ment de réflexion, sur l'importance de la for­ma­tion, afin que les ensei­gnants soient à même de pra­ti­quer une péda­go­gie dif­fé­ren­ciée dans leurs classes. Mais les ensei­gnants ne veulent plus d'une poli­tique d'intégration à tout prix. La pré­si­dente de la Fédération des syn­di­cats d'enseignement (FSE), Manon Bernard, affirme que "passé un cer­tain seuil d'intégration, la classe ordi­naire ne répond plus aux besoins de per­sonne." La FSE évalue actuel­le­ment à 20% le pour­cen­tage d'élèves en dif­fi­culté inté­grés dans les classes, un pour­cen­tage qu'elle sou­hai­te­rait voir dimi­nuer de moi­tié. Elle sug­gère de créer plus de classes spé­ciales, de classes-répit(1), et des par­cours spé­ci­fiques pour ces élèves en dif­fi­culté. Pour en avoir les moyens, elle pré­co­nise notam­ment la fin des sub­ven­tions publiques aux écoles privées.


Note(s) :
  • (1) Dans le cadre du programme Répit-Transit, un élève présentant des difficultés de comportement ou d'adaptation à sa classe peut être confié à des éducateurs spécialisés (orthopédagogues, psychoéducateurs) pendant quelques semaines, pendant lesquelles il travaillera en autonomie. En plus du travail scolaire normal, l'accent est mis sur la gestion de son comportement. L'élève est ensuite réinséré progressivement dans sa classe d'origine lorsque ses progrès sont jugés suffisants.
Source(s) :
  • La Presse - 20 octobre,
  • Le Soleil - 19 octobre