18.10.2010
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Ma maison, ma planète... et moi !

La Main à la pâte lance son tout nou­veau pro­gramme : un pro­jet d'éducation au déve­lop­pe­ment durable pour le cycle 3, cen­tré sur l'éco-habitat. David Wilgenbus, res­pon­sable de ce pro­jet, nous en explique les enjeux pédagogiques.

Comment est née l'idée de pro­po­ser un pro­jet péda­go­gique EDD, "Ma mai­son, ma planète...et moi !", cen­tré sur l'éco-habitat ? C'est un angle inédit. Le bâti­ment n'est pas en effet for­cé­ment le pre­mier mode d'entrée dans l'EDD auquel on pense pour des petits...

Il est vrai que les thèmes clas­siques pour l'éducation au déve­lop­pe­ment durable sont plu­tôt la bio­di­ver­sité, les déchets...Il y a deux ans, nous avons lancé un pro­jet sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques, Le cli­mat, ma pla­nète et moi, qui a eu un très grand suc­cès, puisque 12000 classes l'ont suivi. Pour ter­mi­ner le pro­jet, il était prévu de poser une ques­tion en classe  : com­ment conce­voir des loge­ments économes en éner­gie ? Or cette ques­tion était trai­tée trop rapi­de­ment et les ensei­gnants nous ont dit que c'était dom­mage. Pour eux, cette ques­tion de l'habitat, et avec lui les ques­tions de maté­riau, de ges­tion d'énergie, d'eau, méri­tait un pro­jet en soi. L'idée est donc venue des enseignants !

Outre des scien­ti­fiques et des ensei­gnants, avez-vous fait appel à des archi­tectes, à des urba­nistes pour construire votre projet ?

Pour construire ce pro­jet et ses outils péda­go­giques, nous avons mobi­lisé qua­rante per­sonnes sur un an et demi. Des scien­ti­fiques –phy­si­ciens, bio­lo­gistes... , des didac­ti­ciens, spé­cia­listes de l'enseignement des sciences, des ensei­gnants, des maîtres-formateurs, des archi­tectes et une archi­tecte spé­cia­liste de l'éco-construction. Plus les ensei­gnants qui ont testé le pro­jet en classe, avant son lan­ce­ment officiel.

A par­tir de quand a-t-il démarré officiellement ?

Les ins­crip­tions sont ouvertes pour les classes de cycle 3 depuis lundi 11 octobre. Parmi les 2000 ins­crits que nous avons déjà, on compte égale­ment des classes de col­lège, car le pro­jet convient très bien pour les pro­grammes de technologie.

Il est égale­ment pluridisciplinaire...

En effet, d'ailleurs, dans notre guide péda­go­gique, il y a 20 séances, qui sont dédiées à la science bien sûr, mais aussi à l'histoire-géographie ou à la géo­mé­trie. En his­toire par exemple, nous remon­tons à l'habitat pré­his­to­rique, et à l'évolution des besoins depuis que l'homme est séden­ta­risé. L'habitat est aussi vu de façon géo­gra­phique, avec les contraintes liées à l'environnement et à l'économie du lieu où l'on se trouve. Mais un tra­vail appro­fondi en géo­mé­trie est égale­ment prévu pour étudier le rap­port entre la forme des bâti­ments et leur per­for­mance éner­gé­tique : on va voir ainsi au tra­vers de plu­sieurs confi­gu­ra­tions géo­mé­triques que plus un loge­ment est com­pact, plus il gar­dera la cha­leur. Or le loge­ment le plus com­pact qui soit, c'est la sphère...

Très concrè­te­ment, que mettez-vous comme res­sources à dis­po­si­tion des enseignants ?

Trois outils : le pre­mier, le plus impor­tant, est le guide péda­go­gique, qui contient une pro­gres­sion clefs en main, qui compte de 10 à 20 séances, l'enseignant choi­sis­sant le par­cours qui lui convient le mieux. Un livret scien­ti­fique explique aussi de façon détaillée au maître ce qu'est l'éco-habitat, ce qu'est l'énergie, quels sont les enjeux etc.
Sur le web, cinq modules mul­ti­mé­dia pour les élèves, que nous avons réa­li­sés avec Universcience, sont égale­ment dis­po­nibles. Enfin, le site inter­net, qui donne accès au guide péda­go­gique, et qui com­prend des outils d'échange, forum, blogs, carte inter­ac­tive, à côté d'une aide pour pou­voir jume­ler des classes entre elles.

Outre ces outils, intervenez-vous auprès des ensei­gnants ou en classe pour les aider à tra­vailler sur le projet ?

Nous inter­ve­nons auprès des conseillers péda­go­giques pour qu'eux-mêmes puissent for­mer les ensei­gnants. Sinon, nous pro­po­sons aux ensei­gnants des confé­rences en amphi­théâtre pour leur pré­sen­ter le projet.

Votre mes­sage pour les plus jeunes serait-il que l'avenir de notre pla­nète passe par un habi­tat et un urba­nisme responsables ?

Dans notre pro­jet, nous mon­trons ce qu'est l'éco-habitat, mais sur­tout pour­quoi il fau­drait construire ainsi : en fonc­tion de l'augmentation de la popu­la­tion, de l'urbanisation crois­sante, de l'épuisement des res­sources natu­relles, des pro­blèmes d'accès à l'eau et à l'énergie, du réchauf­fe­ment cli­ma­tique... Tous ces faits sont reliés à l'habitat, et l'améliorer pour­rait contri­buer, en par­tie, à répondre à ces pro­blé­ma­tiques, sur­tout à l'échelle du quar­tier (éco-quartiers) puis de la ville. Cette prise de conscience est impor­tante, car on ne pense pas for­cé­ment en prio­rité à l'habitat –on songe d'abord par exemple à l'industrie– alors que 25% des gaz à effet de serre sont émis en France, par l'habitat...


Sandra Ktourza

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annette
le 27 octobre 2010

une inii­tia­tive inté­res­sante et originale !

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