Revue du 13 octobre 2010
Etats-Unis : Barack Obama veut recruter 10.000 professeurs en deux ans

Dans le cadre du sommet Education Nation organisé par la chaîne de télévision NBC, le président américain Barack Obama a annoncé son intention de recruter 10.000 professeurs de sciences et mathématiques en deux ans, et 100.000 en dix ans. Des secteurs jugés prioritaires : les Etats-Unis sont aujourd'hui classés 21èmes en sciences et 25èmes en mathématiques, au sein des pays de l'OCDE. Barack Obama espère redonner au pays la première place. Il est soutenu dans ce projet par Arne Duncan, son secrétaire d'Etat à l'Education, qui entend doter le pays du "meilleur personnel éducatif au monde d'ici cinq ans." Pour lui, "l'excellence doit devenir la nouvelle norme, et non pas l'exception."
Pour encourager les nouvelles générations à considérer une carrière dans l'enseignement, le gouvernement a créé le portail teach.gov, qui propose des parcours personnalisés en fonction du lieu de résidence, des centres d'intérêts et de la formation des aspirants professeurs. Mais il ne suffit pas de créer des vocations : 33% des enseignants américains quittent le métier dans leurs trois premières années d'activité, et 46% dans les cinq premières années. Il est entre autres prévu de les encourager à enseigner dans des zones difficiles via les TEACH Grants, des bourses de plusieurs milliers de dollars. Par ailleurs, le remboursement des dettes contractées lors de leurs prêts étudiants sera limité à 15% de leur revenu durant leurs dix premières années dans l'enseignement, puis elles seront automatiquement effacées au bout de cette période, si nécessaire.
Barack Obama sait toutefois qu'"on ne peut pas tout résoudre en dépensant de l'argent". D'ailleurs, qualifiant les enseignants d'"idéalistes", il a rappelé que l'argent n'est qu'au sixième rang de leurs motivations professionnelles. Le président s'engage donc à leur fournir tout le soutien dont ils ont besoin, ainsi que des nouveaux plans d'évolution de carrière, pour les conserver à leurs postes. "L'enseignement est un art, qui nécessite des années pour être développé," a-t-il affirmé.
Avec de nouveaux professeurs motivés et épanouis, Barack Obama espère inverser une tendance d'échec scolaire qui court "depuis des décennies". Chaque année, un million de jeunes Américains quittent le système éducatif sans avoir décroché le bac. Seuls 35% des élèves savent correctement lire à la sortie du lycée, et un tiers ne décroche pas de diplôme universitaire.
- MSNBC - 27 septembre,
- USA Today - 27 septembre,
- AEF - 28 septembre,
- teach.gov,
- educationnation.com
Royaume-Uni : 7 enseignants sur 10 tentés de quitter le métier
Le réseau indépendant de soutien aux personnels éducatifs Teacher Support Network et l'association caritative de conseil parental Parentline Plus ont organisé, avec le soutien du syndicat enseignant majoritaire NUT, un sondage des enseignants sur le comportement de leurs élèves en classe. Sur plus de 350 sondés, sept enseignants sur dix disent avoir envisagé de quitter le métier à cause du mauvais comportement des élèves. Pour 90% d'entre eux, le comportement des élèves a empiré au cours de leur carrière. Plus de 40% ont essayé de changé d'établissement, et plus de 80% ont connu stress, angoisse ou dépression. Julian Stanley, à la tête du Teacher Support Network, a confirmé une nette augmentation des services du réseau liés aux questions de discipline. "Nous déplorons que le mauvais comportement [des élèves] conduise d'excellents professeurs à quitter la profession." Pour Michael Gove, secrétaire d'Etat à l'Education, "les professeurs doivent savoir qu'ils peuvent maîtriser physiquement leurs élèves, s'interposer entre deux élèves qui perturbent le cours, et les sortir de la classe." L'usage raisonné de la force est déjà toléré en classe, mais peu d'enseignants s'y risquent, par peur des plaintes. Celles-ci se révèlent rarement fondées, mais peuvent facilement détruire une réputation. C'est pourquoi le gouvernement prépare un texte qui donnera aux enseignants l'anonymat, en cas d'accusations par les élèves.
- The Independent - 3 octobre
Corée du Sud : Proclamation des droits des élèves
Dans la province de Gyeoggi, province la plus peuplée de la Corée du sud (plus de 10 millions d'habitants) et qui abrite la ville de Séoul, les droits de l'élève ont été proclamés par arrêté des autorités éducatives le 5 octobre dernier. Le texte stipule notamment l'interdiction des châtiments corporels et des heures d'étude forcées la nuit, autorise partiellement la possession de téléphones portables, et affirme le respect des choix individuels des élèves en matière d'apparence (vêtements et coupe de cheveux). Le recteur local, Kim Sang-gon, souhaite ainsi qu'une réflexion s'installe sur l'impact des réalités éducatives –particulièrement strictes– sur la vie quotidienne des enfants et adolescents du pays. Il a également affirmé qu'étendre les droits des élèves ne réduisait pas l'autorité des professeurs. L'arrêté devrait être appliqué dans tous les établissements en mars prochain.
- xinhuanet.com - 5 octobre
Géorgie : Des volontaires pour apprendre l'anglais à 600.000 écoliers
A l'occasion de la rentrée, le président géorgien Mikheil Saakashvili a annoncé son intention de faire de l'anglais la seconde langue des quelque 600.000 écoliers géorgiens d'ici 2014. Pour cela, il compte utiliser 10.000 locuteurs natifs, anglais ou américains, qui interviendront dans les écoles publiques du pays. Ces volontaires se verront offrir leur billet pour la Géorgie, gagneront 500 laris (210 euros) par mois et seront logés chez l'habitant. Mikheil Saakashvili compte en attirer 1.000 au cours de la première année scolaire. Ils étaient déjà plus de 200 lors du lancement officiel de ce programme, en septembre. Aucune expérience pédagogique n'est requise. A leur arrivée, ces intervenants bénéficient d'un cours accéléré de 8 jours sur la culture et la langue géorgiennes. Les écoles d'affectation décident ensuite des activités à leur confier. Les écoles rurales seront ciblées en priorité. Dans ce pays de l'ex-URSS qui cherche à s'ouvrir au reste du monde, l'anglais est aujourd'hui perçu comme un passeport pour la réussite, contrairement au russe.
Président de la Géorgie depuis 2004, Mikheil Saakashvili est lui-même connu pour parler couramment cinq langues –son géorgien maternel, mais aussi le français, le russe, l'ukrainien et, bien sûr, l'anglais.
- Transitions Online - 22 septembre,
- The New York Times - 2 juin
Pologne : La chute annoncée des universités privées
En raison de la tendance démographique, le nombre d'étudiants polonais est passé de 400.000 en 1990, à plus de 2 millions ces dernières années. Alors que le nombre d'universités publiques passait de 100 à 132 seulement sur la même période, le nombre d'universités privées a été multiplié par 18, pour atteindre 326, afin de répondre à la demande. Mais la tendance démographique commence à s'inverser, avec une baisse annoncée de 800.000 jeunes de 19 à 24 ans d'ici 2015. Dix universités privées ont déjà dû fermer leurs portes au cours des trois dernières années; elles devraient être 100 à déposer le bilan d'ici 2025, d'après le ministère des Sciences et de l'Enseignement supérieur. Pour se maintenir à flots, elles font leur publicité sur Internet, promettent des réductions sur les frais universitaires aux premiers inscrits, offrent des ouvre-bouteilles et des stylos aux nouveaux étudiants... Il faut dire que le jeu en vaut la chandelle. D'après un ancien membre de la Commission Polonaise d'Accréditation, chargée de valider les programmes de ces établissements privés, la plupart n'ont aucune infrastructure. Elles proposent des cours qui ne nécessitent ni laboratoires, ni bibliothèques, et louent des salles de cours à d'autres universités. Ainsi, le bénéfice net d'un tel "établissement" peut atteindre 1 million de zlotys (250.000 euros) par an.
- Transitions Online - 9 septembre


