Hors-série : L’enseignement des langues vivantes en France (2/8)
Comment dynamiser l’apprentissage des langues ?

Les nouvelles technologies et les débats d’idées favorisent la compréhension et l’expression orale. Zoom sur quelques pratiques innovantes.

Les mauvaises performances des Français en langues étrangères sont régulièrement pointées du doigt, et avec elles, les méthodes d’enseignement.

Pourtant, de nombreuses expériences pilotes sont développées dans les académies afin de renouveler les pratiques pédagogiques. L’essor des TICE, notamment, ouvre d’importantes possibilités.

La « baladodiffusion » : l’écoute libre

Parmi elles, la « baladodiffusion ». Le principe est simple : doter chaque élève d’un lecteur mp3 et mettre à sa disposition des documents sonores. Les élèves peuvent aussi s’enregistrer et travailler leur expression orale. « Le professeur demande par exemple de répondre à un questionnaire, et réexploite ensuite le travail en classe » explique François Bouard, conseiller TICE auprès du recteur de Dijon. « Cette méthode a l’avantage de s’adapter au rythme de chacun, puisque le nombre d’écoutes est libre. »

Charges horaires limitées, effectifs importants, les enseignants ont peu de temps à accorder à l’écoute en classe. La « baladodiffusion » vient pallier cette difficulté, en démultipliant le temps d’exposition à la langue. « Le projet est facile à mettre en œuvre » poursuit François Bouard. « De nombreux jeunes disposent d’un mp3, et l’équipement complémentaire représente un budget assez modeste. »

Développer les échanges via visioconférence

Autre outil intéressant pour les langues vivantes : la visioconférence. L’académie de Montpellier développe cette technologie depuis près de trois ans. Yvan Baptiste, professeur d’anglais à Perpignan, a ainsi mis en place un partenariat avec un lycée new yorkais. A raison de deux ou trois séances par mois, Français et Américains échangent par écran interposé : « Si le premier contact se fait en classe entière, les suivants ont lieu par petits groupes de deux ou trois », précise l’enseignant. « Les autres élèves travaillent en salle informatique, située tout à côté. » Les thèmes abordés sont définis au préalable par les professeurs, permettant ainsi aux adolescents de rechercher du vocabulaire ou de préparer un document.

« Les élèves apprécient de communiquer avec des natifs et se montrent particulièrement motivés. Ils améliorent leur compréhension orale, et par la même, leur expression. » De plus, la visioconférence peut être utilisée pour enseigner une langue à faible effectif, et étendre ainsi l’offre de formation. Le professeur donne alors cours à des élèves répartis dans différents établissements.

Les débats citoyens

Si l’apport des TICE dans l’apprentissage des langues vivantes est aujourd’hui reconnu (1), des méthodes plus traditionnelles ont également fait leurs preuves. Les débats citoyens en sont un bon exemple. Deux équipes s’opposent sur un sujet donné, obligeant ainsi les élèves à mobiliser leurs connaissances de la langue et leur capacité d’argumentation. L’envie de convaincre pousse les participants à s’exprimer et à dépasser d’éventuelles inhibitions.

Du côté de nos voisins européens, beaucoup développent l’enseignement disciplinaire en langue étrangère. La Bulgarie et la Finlande, notamment, sont particulièrement avancées dans ce domaine. En France, ce type d’enseignement est présent dans les sections européennes et orientales. La méthode est reconnue pour son efficacité et permet d’approfondir ses connaissances dans une matière, tout en étant en contact avec une langue étrangère.

Enfin, plusieurs pays privilégient l’enseignement des langues par des natifs. Un atout incontestable pour les élèves. Difficile en effet d’égaler un natif quant à la pratique de la langue et la connaissance culturelle du pays.

Note(s) :
  • (1) Pour en savoir plus, lire le rapport de l’inspection générale « Modalités et espaces nouveaux pour l’enseignement des langues », novembre 2009, http://www.education.gouv.fr/cid50854/modalites-et-espaces-nouveaux-pour-l-enseignement-des-langues.html

4 commentaires sur "Hors-série : L’enseignement des langues vivantes en France (2/8)
Comment dynamiser l’apprentissage des langues ?
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  1. montserrat  2 octobre 2010 à 22 h 54 min

    oui, les enregistrements sont possibles, Non, tous les élèves ne possèdent pas des MP3 et on passe énormément de temps à trouver des sujets sur internet dans les différentes académies ou sites ainsi qu’à écouter les réalisations des élèves et à préparer les corrections pouvant être exploitées par la classe entière…et, de plus, les sujets de bac ne correspondent pas à cet « engoûement » pour ‘oral …. (les effectifs étants très élevés et les heures régulièrement réduites ALORS QUE SUR LES PROGRAMMES OFFICIELS (réforme de 2de par exemple) ON PRONE DES GROUPES DE MOINS DE 20 ELEVESSignaler un abus

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  2. lalyan  4 octobre 2010 à 17 h 44 min

    De nombreuses idées intéressantes dans les nouvelles pratiques proposées, mais impossibles à mettre en oeuvre: comment faire efficacement de l’oral avec un groupe de 30 élèves en 6ème???Signaler un abus

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  3. Laure Peskine, Secrétaire Générale de l'APLV  7 octobre 2010 à 8 h 27 min

    Dire que « plusieurs pays privilégient l’enseignement par des natifs » doit être prouvé.
    « Y-a-t-il un seul pays au monde où on fait enseigner le français par des français, l’anglais par des anglais » (François Fillon, M6, 3 octobre 2010)
    De quel natif parle-t-on : quel niveau culturel et universitaire ? Un natif, par le seul fait de l’être, parle-t-il et écrit-t-il spontanément dans une langue correcte ? Il suffit d’écouter des propos, de lire des écrits produits par des natifs pour être convaincu du contraire. Ce n’est pas parce qu’on parle parfaitement une langue qu’on sait l’enseigner.
    Un natif n’a pas d’expérience consciente de l’apprentissage de sa propre langue et n’a aucune idée claire des difficultés de l’apprenant étranger. En traduction on demande de traduire vers la langue maternelle, donc étrangère pour les natifs rarement bons formateurs dans ce domaine. Un natif, pourquoi pas s’il est formé, mais un non-natif bien formé est plus efficace qu’un natif formé.Signaler un abus

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  4. Martine Derivry  23 octobre 2010 à 10 h 06 min

    Cette question de « natif » traverse le champ social et ses représentations. Elle traverse également le champ de l’enseignement des langues et s’apparente comme le souligne justement J-Y Petitgirard, Président de l’APLV
    à une mythologie ou à une idéologie comme l’expriment les chercheurs de langue anglaise « native-speakerism » (A .Holliday (2006). « Native-speakerism », ELT, 60/4, pp. 385-387.,)
    Il me faudrait plus de temps pour développer la confusion constante entre « locuteur natif » et « enseignant natif » est préjudiciable à toute saine réflexion. Pour ceux qui s’intéressent à une forme de « mesure » entre les enseignements dispensés par les enseignants « natifs » et des enseignants « non natifs », je renvoie à ma thèse : « Les enseignants d’anglais « natifs » et « non- natifs ». Concurrence ou complémentarité de deux légitimités »., 2003, disponible à ANRT, anrt@univ-lille3.fr.Signaler un abus

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