Revue du 29 septembre 2010
Bulgarie : Annonce d'une refonte "radicale" du système éducatif
Il y a un an, le parti de centre-droit "Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie" mené par Boïko Borisov, maire de Sofia, accédait au pouvoir. Le nouveau gouvernement avait mis la refonte du système éducatif en tête de ses priorités. Mais depuis, les discussions ont surtout tourné autour de la réduction des coûts liés à l'éducation. La Bulgarie est l'Etat le plus pauvre de l'Union Européenne. Elle a de plus été durement touchée par la récession, subissant une contraction de son économie de 5% en 2009. Les départements universitaires de recherche ont vu leurs subventions réduites de 70% par rapport à l'année passée. A peine 4% du PIB national est consacré à l'éducation, contre 22% en moyenne pour l'ensemble des pays membres de l'UE.
Les étudiants bulgares, mal formés et peu compétents, ne répondent pas aux attentes des employeurs. Dans toutes les filières, l'enseignement reste trop théorique. "Certains étudient la mécanique et la robotique et ne savent pas à quoi ressemble un robot", remarque ainsi Maria Temelkova, agent de placement pour Manpower Bulgarie. Contrecoup de la chute du communisme il y a vingt ans, les jeunes bulgares aspirent par ailleurs à faire des études en économie ou sciences sociales. Ils cherchent ainsi à accéder à un meilleur statut social, mais le désintérêt pour les formations techniques met en péril l'émergence d'une main d'oeuvre qualifiée.
Afin de rétablir la situation, le ministre de l'Education et des Sciences, Serguei Ignatov, a annoncé lors de cette rentrée son intention de procéder à une réforme "radicale". Il a notamment décidé de publier en octobre un classement des filières universitaires les plus courues et les plus productives. Les filières en tête de ce classement bénéficieront de 10% de subventions supplémentaires. Il a également annoncé la fusion prochaine de certaines universités. Des amendements à la loi devraient permettre d'assainir les finances et d'améliorer la gestion des universités du pays.
L'annonce de ces premières mesures a été applaudie par l'ambassadeur des Etats-Unis en Bulgarie, James Warlick. Pour lui, "il n'y a aucune raison que le système éducatif en Bulgarie ne soit pas aussi compétitif que celui des Etats-Unis ou d'autres Etats européens".
- Reuters - 20 septembre, novonite.com
Allemagne : Un prix pour les professeurs d'allemand en France
L'ambassade d'Allemagne a ouvert les candidatures au 4ème "Prix pour la langue allemande en France", qui sera décerné à un professeur d'allemand particulièrement engagé. Le ministère allemand des Affaires étrangères souhaite, grâce à ce prix, "honorer les mérites des professeurs d'allemand", notamment du fait qu'ils "contribuent jour après jour à donner vie au partenariat franco-allemand et à le rendre concret pour les jeunes." Le prix récompense "des professeurs ayant conçu et mené des projets innovants qui ont su éveiller l'intérêt des élèves pour l'Allemagne et leur ont transmis le plaisir d'apprendre l'allemand." Il sera remis le 22 janvier prochain. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 30 octobre. Les candidats doivent être des professeurs d'allemand de nationalité française, enseignant en école primaire, collège, lycée ou lycée professionnel : un prix est prévu pour chaque catégorie d'établissement. Cette année, les quatre lauréats seront récompensés par un séjour culturel d'une semaine en Allemagne, dont le programme sera personnalisé en fonction de leurs envies.
Pour en savoir plus : informations et formulaire d'inscription sur le site de l'ambassade (en français).
- www.paris.diplo.de
Italie : Des grèves de la faim contre la précarité des enseignants
La réforme "Gelmini", lancée en 2008 en Italie, doit aboutir à la suppression de 130.000 postes d'enseignants en trois ans (une seule embauche pour cinq départs à la retraite). Il s'agit d'une réforme économique, sans le moindre fondement pédagogique, qui s'accompagne d'un processus de privatisation des universités, et de coupes de plusieurs milliards d'euros dans le budget de l'éducation. Les suppressions de postes concernent les 200.000 enseignants dits "précaires", qui effectuent surtout des remplacements. Seuls 120.000 d'entre eux ont travaillé régulièrement au cours de l'année passée. Sur ces 120.000, ils seront 15.000 à 20.000 à perdre leur poste cette année... Ils n'ont aucun recours. Depuis deux ans en effet, l'accès au concours de "l'habilitation", seule possibilité pour obtenir un contrat à durée indéterminée dans l'éducation, est bloqué. Les nouveaux recrutements ne font donc qu'accroître la précarité générale. Tout comme lors des rentrées 2008 et 2009, de nombreux mouvements de grèves et manifestations ont été organisés cette année. Les enseignants italiens sont de plus en plus nombreux à entamer des grèves de la faim. Mais pour la ministre de l'Education, Maria Stella Gelmini, les enseignants protestataires sont des sujets "politisés", avec lesquels elle ne compte pas ouvrir de dialogue. Elle continue à affirmer que sa réforme est appréciée par la majorité des Italiens.
- altritaliani.net - 13 septembre 2010,
- leJDD.fr - 30 octobre 2008
Etats-Unis : Que rapporte un diplôme universitaire ?
L'association à but non lucratif "The College Board" vient en aide chaque année à des millions d'étudiants américains, grâce à son vaste réseau de 5.700 écoles, universités et organisations éducatives. Parmi ses nombreuses publications statistiques, le rapport triannuel "Education Pays" évalue les bénéfices à long terme d'un diplôme universitaire. L'édition 2010 a récemment été mise en ligne. D'après ce rapport, le salaire annuel médian à plein temps, taxes déduites, d'un titulaire d'une licence, est aujourd'hui de 42.700$ (31.700€). Ce montant atteint 68.800$ (51.150€) pour un doctorat — contre 26.700$ (19.850€) pour un titulaire du bac uniquement. Sur une vie, parmi les employés en CDI, le titulaire d'un master gagnera deux fois plus qu'un titulaire du bac. Cet écart est par ailleurs en hausse régulière. Notamment parce que les salaires des diplômés sont moins influencés par le contexte économique. Le diplôme conditionne aussi la stabilité professionnelle : seuls 44% des plus de 25 ans qui ont arrêté leurs études après le secondaire ont travaillé à plein temps en 2008, contre 60% des diplômés du supérieur. Même sans diplôme, le passage par l'université augmente statistiquement les chances d'embauche, la satisfaction professionnelle, le salaire, et même l'espérance de vie. En effet, plus les études sont longues, et moins on observe de fumeurs ou de personnes ne pratiquant pas d'exercice physique régulier.
- insidehighered.com - 21 septembre,
- collegeboard.com
Japon : Succès mitigé des diplômes supérieurs d'éducation
Depuis 2003, le Japon s'est lancé dans une vaste opération de développement des formations universitaires professionnalisantes. Pour lutter contre la hausse régulière de la triche, des violences, et la baisse des notes, observées au primaire et au secondaire, les premiers programmes de formation professionnelle des professeurs ont débuté en 2008 avec la bénédiction du ministère de l'éducation. Ils sont sanctionnés par un diplôme de niveau licence. Les quelques centaines de participants au niveau national sont ravis. Les professeurs sont par exemple invités à se filmer en cours lors de stages pratiques. Les enregistrements sont ensuite visionnés à l'université, et chacun essaie d'apporter ses solutions aux problèmes observés. Bien qu'ils aient pour la plupart de nombreuses années d'expérience dans l'enseignement, les participants se confrontent souvent pour la première fois aux théories éducatives modernes. Mais le taux de participation reste faible. Sur les 19 universités qui proposent le diplôme, seules 11 ont atteint le nombre d'étudiants qu'elles s'étaient fixé la première année. Le ministère blâme un manque de communication. Des responsables associatifs ont pour leur part relevé que le système ne valorisait pas les enseignants qui se donnaient la peine de suivre cette formation supérieure. Enfin, cette formation de professeurs "mis à jour" se heurte à la vision égalitaire prônée par la société japonaise. Les enseignants ont l'habitude de résoudre les problèmes entre eux à l'école, sans se référer à une "élite" mieux formée.
- The New York Times - 26 septembre


