Revue du 1er septembre 2010
Royaume-Uni : Une nouvelle note au bac pour favoriser la sélection des universités
Les résultats des A-levels, traditionnel examen de fin de lycée au Royaume-Uni, sont tombés jeudi 19 août. Lors de cet examen les lycéens passent en général trois matières de leur choix, parfois davantage.
Cette année, une nouvelle note s'ajoute au barême existant. Jusque-là les épreuves étaient notées de A à E, pour des scores de 80% à 40%, avec U (pour "Unclassified") en cas d'échec. Désormais le A* ("A star") récompense plus de 90% de réussite.
La mesure n'a pas été inutile, puisque 27% des notes de la session 2010, toutes écoles confondues, ont été des A ou A*. Mais seulement 8% des notes étaient des A*. Dans le privé, près de la moitié des notes attribuées ont été des A ou A*, et environ 20% des A*. Avec un taux de passage record –97,6% cette année– certains n'hésitent pas à dire que cet examen est devenu trop facile.
Le A*, qui permet une distinction entre les "très bons" et les "très très bons", a été instauré en raison d'une compétition accrue à l'entrée des universités. Les meilleures universités imposent en effet des notes minimum aux candidats, et doivent connaître leurs performances avec précision. La sélection est rude : lundi dernier, quelque 187.000 candidats (28% du total) n'avaient toujours pas obtenu de place définitive. Le service de gestion des admissions post-bac, l'Ucas, estime que 150.000 élèves ne pourront pas s'inscrire dans l'enseignement supérieur cette année.
Les écoles ont une grande liberté de choix en ce qui concerne les cours et les examens du secondaire, dont il existe d'ailleurs plusieurs fournisseurs privés. Pour se démarquer, certains établissements préfèrent faire passer à leurs élèves les nouveaux examens "Cambridge Pre-U" (pour "pre-university"), dont le programme est censé mieux préparer les candidats aux filières universitaires. La note maximale des Pre-Us, D1 (pour "Distinction 1"), est d'ailleurs plus valorisante que le A* des A-Levels. Le Baccalauréat International est une autre possibilité que choisissent certains établissements.
- BBC,
- The Guardian,
- Times Educational Supplement
Etats-Unis : Les parents ne sont plus
les bienvenus sur les campus
A la rentrée, de nombreuses universités américaines ont mis en place des cérémonies d'accueil des nouveaux étudiants visant à accélérer la séparation avec leurs parents. Beaucoup d'étudiants aux Etats-Unis vivent en pensionnat sur les campus. Or depuis quelques années, les parents de plus en plus protecteurs n'hésitent pas à rester auprès de leur enfant plusieurs jours après leur emménagement –une situation aussi gênante pour les professeurs que pour les nouveaux étudiants. C'est pourquoi au Morehouse College d'Atlanta, les portes sont littéralement fermées aux parents après une série de discours de bienvenue. A l'Université du Minnesota, les parents sont invités à une réception particulière, pour laisser les jeunes gens faire connaissance entre eux. Au Grinnell College de New York, tout est organisé pour que le président de l'université tourne ostensiblement le dos aux familles tout en souhaitant la bienvenue aux étudiants... Certains doyens d'université n'hésitent plus à prévoir des cours de découverte ou des activités d'orientation dès le premier jour, "à destination des étudiants uniquement", pour permettre à ces derniers de s'affranchir encore plus rapidement.
- New York Times - 23 août
Suède : Etudes payantes pour les étudiants hors UE à la prochaine rentrée
A partir de l'automne 2011, les étudiants provenant d'autres pays que les membres de l'Espace économique européen(1) et la Suisse, devront payer pour faire une licence ou un master dans une université suédoise. Jusque-là, les droits universitaires de tous les étudiants étrangers étaient à la charge des contribuables suédois. Les frais de scolarité pour les étudiants extra-européens, fixés librement par chaque université, devraient désormais se situer entre 8.000 et 15.000 euros par an environ, sans oublier quelque 95 euros de frais de dossier. Pour contrebalancer cette réforme, des programmes de bourses ont été mis en place. Par ailleurs, les formations de niveau doctorat resteront gratuites. Le ministre suédois de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Tobias Krantz, propose en outre d'exonérer de cette mesure les étudiants qui débuteraient un master dans des filières technologiques ou scientifiques. En contrepartie de leur promesse de travailler en Suède quelques années à l'issue de leur cursus, leurs frais de scolarité et une partie de leurs dépenses courantes seraient pris en charge par l'Etat. S'ils ne respectaient pas les termes de cet accord jusqu'au bout, ils seraient par contre obligés de rembourser la totalité de la somme.
- (1) Espace économique européen (EEE) : 27 membres de l'UE + Islande, Liechtenstein et Norvège
- The Local - 24 août,
- studyinsweden.se
Québec : Une page Facebook pour aider les futurs enseignants à un test de français
Depuis l'automne dernier, le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE) est un passage obligé de la formation universitaire des enseignants au Québec. Cet examen de français comprend deux parties : une rédaction de 350 mots, et 60 questions de syntaxe, ponctuation, grammaire et vocabulaire. Or cette dernière partie provoque des échecs à répétition. A peine 25% des étudiants réussissent du premier coup. Chaque passage de l'examen leur coûte par ailleurs 80 dollars canadiens (60 euros) et en cas d'échec, l'étudiant doit suivre un cours d'appoint facturé 200 dollars (150 euros). Le quatrième échec entraîne la suspension définitive du programme de formation. Les candidats doivent définir des mots comme "indigent" ou "idiome", et des expressions comme "le chien aboie, la caravane passe" ou encore "épater le bourgeois". Pour les formateurs, le vocabulaire des enseignants doit inclure des mots peu courants, puisqu'ils peuvent être utilisés. Tandis que les enseignants en formation initiale soutiennent qu'ils ne seront jamais amenés à faire de telles définitions en cours. En guise de protestation, ces derniers ont créé une page Facebook, sur laquelle ils répertorient les mots et expression qu'ils ont été amenés à définir lors de ce test. Le ministère québécois de l'Education, des Loisirs et du Sport (MELS) n'est pas inquiet de ces fuites : "Il y a une banque de questions et plusieurs versions du TECFEE", explique Ahissia Ahua, sa porte-parole.
- La Presse - 27 août,
- mels.gouv.qc.ca
Europe : Un classement multi-critères des universités pour concurrencer Shanghai
Avec "U-Multirank", l'Union européenne prépare son propre système de classement des universités. Les universités européennes sont trop souvent pénalisées par les classements internationaux de référence, et notamment celui de Shanghai. Ce dernier pénalise lourdement les universités françaises, qui ont tendance à se dissocier des structures de recherche (en premier lieu desquelles le CNRS). La distinction entre grandes écoles et universités n'arrange rien. Le projet d'un classement européen qui rendrait grâce aux spécificités de la recherche sur le vieux continent date d'une dizaine d'années déjà, mais il atteint désormais sa phase finale de développement. Dix établissements européens sont actuellement utilisés pour tester la pertinence de ses indicateurs. Les premiers résultats sont attendus pour fin septembre. Ensuite, une deuxième phase de test se focalisera sur 150 établissements d'enseignement supérieur spécialisés dans le commerce et l'ingénierie, avec des résultats prévus pour mai. Des phases d'ajustement nécessaires, car U-Multirank sera beaucoup plus détaillé que le classement de Shanghai. En plus des performances en matière de recherche, il intégrera des paramètres comme la qualité de l'enseignement, l'engagement régional, l'internationalisation... Il n'y aura pas de classement fixe ou de "top 10" : chacun pourra établir son classement en fonction de ses priorités. L'outil facilitera ainsi les choix des étudiants et chercheurs internationaux, et devrait donner un nouvel élan à la mobilité européenne.
- Le Temps - 20 août,
- u-multirank.eu


