16.07.2010
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Laurence Juin : « J'utilise Twitter en cours »

Professeur d'histoire-géographie et de fran­çais au lycée pro­fes­sion­nel Doriole, à La Rochelle, Laurence Juin a ajouté Twitter à ses outils péda­go­giques, l'an der­nier, avec une classe de ter­mi­nale. Avec succès.
laurence juin

Qu'est-ce qui vous a inci­tée à uti­li­ser Twitter comme sup­port pédagogique ?

Je m'en suis servi avec une classe que je sui­vais déjà depuis un an. La pre­mière année, des élèves m'avaient demandé d'être amie avec eux sur Facebook. J'avais trouvé l'idée inté­res­sante et accepté. Mais je n'ai pas aimé ce mélange entre sphères pri­vée et pro­fes­sion­nelle. C'est donc ce qui m'a ame­née à leur faire décou­vrir Twitter, que j'utilisais égale­ment, mais qu'ils ne connais­saient pas. Ils ont évidem­ment très bien accueilli l'initiative, puisqu'il s'agit de quelque chose de nou­veau, qui touche à Internet, à l'échange, et qui joint un aspect ludique au tra­vail, en leur per­met­tant notam­ment de se connec­ter à un ordi­na­teur en classe.

Quel rôle joue Twitter dans vos enseignements ?

Nous l'utilisons à la fois en classe et en dehors des heures sco­laires. Au lycée, il vient en com­plé­ment de mes cours. C'est un sup­port écrit qui me per­met de suivre le tra­vail des élèves, l'évolution de leurs recherches... Au fur et à mesure, ils me donnent par exemple une par­tie des réponses aux ques­tions que je leur ai posées. Hors temps de classe, ceux qui le sou­haitent trouvent dans Twitter une sorte de ter­ri­toire où je dif­fuse des infor­ma­tions com­plé­men­taires. Il peut s'agir d'un docu­men­taire télé­visé pro­grammé dans la semaine et qui mérite d'être vu, ou d'autres conseils de ce type, pistes de tra­vail ou de lecture...


Qu'en retirez-vous ?

Beaucoup de choses ! La pre­mière réside sans doute dans le fait que les élèves tra­vaillent vrai­ment en com­mu­nauté et non plus tout seuls dans leur coin. Ils ont mutua­lisé leur savoir et leurs com­pé­tences, tout en gagnant en auto­no­mie. Par ailleurs, j'ai fixé des règles pré­cises : il n'est, par exemple, pas ques­tion d'écrire en lan­gage SMS. Même ceux qui éprouvent des dif­fi­cul­tés avec l'écrit sont donc régu­liè­re­ment pla­cés en situa­tion de rédi­ger. Dans le même temps, les élèves plus timides, qui avaient du mal à se faire une place dans la classe, ont trouvé une tri­bune, une pos­si­bi­lité de s'exprimer. Enfin, tous se sont pris au jeu, et Twitter les a inci­tés à tra­vailler plus, sans qu'ils s'en rendent for­cé­ment compte, d'ailleurs !

Avez-vous iden­ti­fié des risques, ou des inconvénients ?

On est tou­jours à la merci d'un élève qui com­mence à calom­nier, ou à écrire n'importe quoi. Des risques, il y en a donc bien sûr. Pour les limi­ter, nous avons élaboré une charte d'utilisation très stricte dès le départ, qui sti­pule que l'on arrête à la moindre dérive. Par ailleurs, j'ai inté­gré l'utilisation de Twitter dans les cours d'éducation aux médias que j'ai dis­pen­sés à ces élèves. En l'occurrence, cette classe est très res­pec­tueuse des règles. Mais, forte de cette année d'expérience, je vais étendre l'initiative à une autre classe, moins moti­vée, moins rigou­reuse et moins mature, pour voir com­ment cela peut fonctionner.

Patrick Lallemant

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