09.07.2010
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Vive les vacances ?

Avec les pre­miers jours de juillet, tous les établis­se­ments sco­laires ont fermé leurs portes pour deux mois. Pour le plus grand plai­sir des élèves, et de la grande majo­rité des ensei­gnants. Pourtant, tous ne voient pas arri­ver cette longue cou­pure avec la même impatience...

« J'ai bien conscience de faire par­tie d'une mino­rité, mais, après le stress et la sur­ac­ti­vité que repré­sente une année sco­laire, j'ai du mal à faire face au vide des grandes vacances. » Après avoir exercé une dizaine d'années dans le sec­teur médi­cal, Florence est pro­fes­seur des écoles dans une mater­nelle de Toulon depuis près de vingt ans. Et la pers­pec­tive d'une cou­pure de deux mois ne l'enchante guère.

Les bien­faits de la routine

« Même s'il est fati­guant de se retrou­ver tous les jours seule au milieu de trente enfants, il est tel­le­ment confor­table de s'appuyer sur des habi­tudes, une cer­taine rou­tine, de ne pas avoir à se deman­der ce que l'on va faire le lendemain... ».

Depuis une ving­taine d'années égale­ment, Marc est à la tête d'une classe de CM2, dans une école de Valenciennes, dans le Nord. Il ne porte pas du tout le même regard sur les vacances. « Cela n'a rien à voir avec le bon­heur que j'ai d'être avec les gamins, ni avec l'amour que je porte à mon métier.  Mais deux mois, ça me va ! »

Pour Florence, la prin­ci­pale dif­fi­culté peut se résu­mer en une ques­tion : com­ment rem­plir les jour­nées pen­dant deux mois ? « Quand tout va bien, encore, c'est rela­ti­ve­ment simple. Mais les vacances exa­cerbent les situa­tions dou­lou­reuses. J'ai une col­lègue qui vient de se sépa­rer et qui se retrouve seule avec un fils dif­fi­cile. Dans ces condi­tions, deux mois, c'est long ! » Marc a trouvé la réponse, que ne renie­rait pas Alexandre le bien­heu­reux : « J'adore pou­voir m'offrir le luxe de me dire que, pen­dant trois ou quatre jours, je ne fais rien et que cela n'a aucune impor­tance ! De plus, pen­dant les vacances, je peux enfin vrai­ment m'occuper de mes enfants. »

Florence, elle, se demande donc com­ment meu­bler ces huit semaines, d'autant ajoute-t-elle en sou­riant, qu'une jour­née de loi­sirs exige sou­vent un bud­get plus impor­tant qu'une jour­née de tra­vail ! « Même si j'ai conscience que nous ne sommes pas les plus mal­heu­reux, les salaires des ensei­gnants sont ce qu'ils sont, et il y a aussi un aspect finan­cier. Tout est plus cher pen­dant les vacances sco­laires... ». Sur ce point pré­cis, Marc est d'accord avec elle. « C'est vrai que se pose sou­vent un pro­blème de moyens quand il s'agit de par­tir... »

La déprime du 1er août

De fait, Florence dresse un autre constat : la lon­gueur des vacances isole socia­le­ment ou, plus pré­ci­sé­ment, conforte les ensei­gnants dans leur ten­dance à vivre en cir­cuit fermé : « Peu de gens ont des vacances aussi longues que les nôtres et, par ailleurs, il n'est évidem­ment pas ques­tion de faire comme les amis qui pro­fitent des pro­mo­tions de juin ou de sep­tembre. Quand j'étais dans le privé, je n'avais que trois semaines de congés en été, mais j'en pro­fi­tais un maxi­mum. Aujourd'hui, je côtoie des ensei­gnants qui com­mencent à dépri­mer début août parce que la ren­trée approche ! »

Si elle s'amuse de ces col­lègues qui, dès la ren­trée, savent pré­ci­sé­ment le nombre de jours les sépa­rant des vacances de la Toussaint, Florence ne va tou­te­fois pas jusqu'à attendre la reprise avec impa­tience. «C'est un autre tra­vers de ces vacances trop longues. La cou­pure est tel­le­ment impor­tante qu'il nous est très dif­fi­cile de reprendre le rythme. Alors que les pre­mières semaines sont pour­tant les plus exi­geantes».

Pour Marc, qui ne sait jamais quand com­mencent les vacances, la dif­fi­culté à reprendre tient à d'autres causes. « Ce qui pose pro­blème, c'est que tous les ans, il faut s'adapter à de nou­veaux élèves, don­ner les bonnes habi­tudes à sa classe. Et ce serait exac­te­ment pareil si l'on ne s'arrêtait qu'un mois. Cela dit, c'est vrai que les vacances sont sans doute trop longues pour les enfants qui ont du mal à conser­ver les acquis de l'année pré­cé­dente, et qui s'ennuient sou­vent quand leurs parents ne peuvent pas s'occuper d'eux ».

Malgré ses vingt ans d'expérience, Florence appré­hende donc tou­jours la ren­trée, après des congés qu'elle subit plus ou moins. Autant dire qu'elle ne voit pas d'un mau­vais œil la pers­pec­tive de modi­fier les rythmes sco­laires, quitte à rac­cour­cir les grandes vacances. « Si cela per­met effec­ti­ve­ment d'alléger la jour­née et la semaine de tra­vail, cela ne me déran­gera pas. De toute façon, des vacances, il nous en res­tera ! »


Patrick Lallemant

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Vos réactions :

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Miafina
le 9 juillet 2010

vous vous moquez du monde ou vous pré­pa­rez la réduc­tion dras­tique du temps de vacances dont rêve l'UMP ??? Ce métier ne com­porte plus qu'un seul et unique avan­tage : les vacances, si vous ne savez pas en pro­fi­ter (même sans argent ce qui est le cas de l'enseignant lambda) et bien tant pis pour vous ! Le res­sort de cet article est grossier.

ghislaine
le 9 juillet 2010

C'est un peu triste et inquié­tant de voir qu'une ensei­gnante ne sait pas occu­per son temps libre et se lamente de la "lon­gueur" des vacances. Si vrai­ment elle ne sait pas quoi faire, qu'elle aille don­ner de son temps libre à des enfants qui ne partent pas ou à des per­sonnes âgés iso­lées.... (il y a des asso­cia­tions qui recherchent des béné­voles pour l'été). Il est vrai que les pre­miers jours, quand on se trouve devant la pers­pec­tive de ces "grandes" vacances; pn est un peu désem­paré, c'est nor­mal: il faut trou­ver un nou­veau rythme. Mais comme on a besoin de ce temps pour se re-créer!

profaussi
le 9 juillet 2010

1000 carac­tères maxi­mumI
il n'y a que les ennuyeux qui s'ennuient!!!!

marily
le 9 juillet 2010

Ne pleu­rez plus. Inscrivez-vous au BAFA et faites des colo ! Vous devriez ainsi pou­voir être occu­pée tout l'été !

Françoise
le 9 juillet 2010

Parlez pour vous !
Les vacances, nous nous les payons et nous n'avons pas trope de deux mois pour récu­pé­rer dans ce contexte, notam­ment !
Il faut voir plus loin que le bout de son nez et écou­ter les vielles che­vron­nées !
nous ne sommes pas des boucs émis­saires !
La veuve et l'orphelin, nous les défen­dons tous les jours !
Alors, pas de zèle, svp !
Trop d' abné­ga­tion n tue !
Vous le ver­rez un jour !
Si la société se pré­oc­cu­pait du bien-être des enfants, cela se sau­rait !
Pensez aux autres aussi !
Une per­sonne qui vit avec u seul salaire !
Cordialement !
Bonnes vacances, je vais faire pareil, sans aucun problème !

Leopardi
le 10 juillet 2010

Contrairement aux témoi­gnages uni­voques de ce drôle d'article, j'apprécie d'avoir ces quelques semaines pour m'inscrire dans un autre espace temps. Oui, certes, au bout de quelques semaines, l'ogre péda­go­gique est en mal d'élèves. Mais c'est un temps pré­cieux à plus d'un titre que ces quelques semaines de repos. Temps pour ran­ger, clas­ser, faire le vide, réflé­chir, avoir une acti­vité intel­lec­tuelle qui ne soit pas uni­que­ment tour­née vers le tra­vail, anti­ci­per l'année sco­laire à venir, pré­pa­rer les grandes lignes et par­fois plus du tra­vail à faire avec les classes-puisque je suis passé du pri­maire au secon­daire– rendre visite à des fami­liers (famille et amis), faire de la marche-au moins deux semaines de ran­don­nées– me rendre à des uni­ver­si­tés d'été ou des congrès d'association péda­go­giques (GFEN et Cahiers péda­go­giques), prendre le temps d'écouter davan­tage la radio, avoir plus de temps pour la lec­ture des jour­naux et revues, enfin et bref me res­sour­cer. Derniers détails: l'été de plus en plus chaud n'est guère pro­pice au tra­vail avec des élèves; hum, hum, et après guerre notre salaire a été cal­culé sur onze mois répar­tis sur douze, jus­te­ment à cause de ces deux mois d'été...Être pru­dent avec la volonté d'harmonisation euro­péenne serait vrai­ment une bonne chose. Une chose est claire. Après une cam­pagne inten­sive de plu­sieurs années, on a enfin réussi à sup­pri­mer le samedi matin à l'école pri­maire avec les résul­tats qu'on sait. Alors,avant de mettre en scène des ensei­gnants n'osant pas deman­der la réduc­tion de leurs congés d'été, il faut peut-être son­ger aux consé­quences aussi pour les élèves. Si la paie des ensei­gnants n'est pas assez grasse pour leur per­mettre de pas­ser l'été, peut-être devrait-on l'augmenter. Les profs fran­çais ne sont pas les mieux payés d'Europe. Quand aux enfants, là aussi, on pour­rait peut-être à nou­veau cher­cher les moyens d'offrir la pos­si­bi­lité de vraies vacances à tous. Ces pro­po­si­tions sont par les temps qui courent bien sûr par trop révolutionnaires....

libellule
le 21 août 2010

.........!!!!!!!!!!!!Qu'on ne touche sur­tout pas aux 2 mois de vacances!!On en a besoin pour évacuer tout le stress de l'année sco­laire, si on ne veut pas égaler les tristes records de france Télécom!! et d'autre part les élèves en ont besoin aussi pour matu­rer!! on ne peut pas pas­ser en 3 semaines d'un état d'élève de 6ème à celui d'élève de 3ème; on évacue­rait encore une fois l'idée qu'il faut du temps pour que les choses se fassent, on en remet­trait encore une couche de zap­ping!!! déjà qu'y plus d'saison!

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