02 jui

Le "contrôle de moralité" pour mieux faire passer la réforme du lycée ?

Notre invi­tée de la semaine, Éléo­nore le Jallé, a par­ti­cipé à la rédac­tion d'une péti­tion inti­tu­lée "Non au contrôle de mora­lité des futurs enseignants"(1).

Pour elle, la nou­velle épreuve orale cen­sée évaluer la com­pé­tence des can­di­dats à agir "de façon éthique et res­pon­sable", pré­vue aux concours externes de l'agrégation et du Capes dès 2011(2), inci­te­rait notam­ment les ensei­gnants à accep­ter pas­si­ve­ment la réforme du lycée :

"Selon les exemples don­nés sur le site du minis­tère, on attend d'un ensei­gnant éthique et res­pon­sable qu'il ne fasse pas usage de sa liberté péda­go­gique pour refu­ser des déci­sions du Conseil d'établissement(3). Or, on peut sup­po­ser que l'application de la réforme du lycée sera votée par la quasi-totalité des conseils. Demander aux ensei­gnants de s'abstenir d'utiliser leur liberté péda­go­gique ne revient-il donc pas à les mettre au pas et à leur faire ava­li­ser la réforme ?"

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Isabelle 64
le 16 juillet 2010

Ce gou­ver­ne­ment n'invoque la res­pon­sa­bi­lité que du côté des admi­nis­trés, lorsqu'il veut obte­nir que des "réformes" — qui ne sont pas des réformes mais des dégra­da­tions — soient accep­tées sans pro­tes­ta­tions. Qu'en est-il de la res­pon­sa­bi­lité du gou­ver­ne­ment et de l'Etat vis à vis des citoyens ? cette res­pon­sa­bi­lité là impo­se­rait de défi­nir des normes d'équité, fis­cale et sociale notam­ment ; et de ne pas dila­pi­der les deniers de l'Etat en cadeaux non pro­duc­tifs aux entre­prises et aux plus riches , pour ne rien dire des cigares ... ou du cré­dit impôt recherche, qui, aux dires de la Cour des Comptes, n'est qu'un cadeau déguisé qui ne pro­fite PAS à la recherche ...
La nov­langue gou­ver­ne­men­tale détourne les concepts : res­pon­sa­bi­lité oui, mais, ce volet de la for­ma­tion ayant dis­paru avec la for­ma­tion des reçus aux concours, il sem­blait urgent de le mettre en place ... avant que les ensei­gnants ne soient en poste, c'est une façon de sélec­tion­ner les futurs ensei­gnants sur leur docilité...

pierreg
le 12 septembre 2010

la loi d'orientation de 2005 est claire : en aucun cas le conseil péda­go­gique ne peut s'imposer face à la liberté péda­go­gique de l'enseignant. Ceci dit, nous savons tous la dif­fé­rence qu'il y a entre une loi et son appli­ca­tion. C'est donc à cha­cun de faire res­pec­ter sa liberté péda­go­gique quand il l'estime néces­saire. Ceci dit, je trouve per­son­nel­le­ment que la capa­cité de tra­vailler en équipe, et donc de plier ma liberté face aux exi­gences de l'équipe, est créa­trice de richesse. Mais je ne le fais que si j'estime que cela va appor­ter davan­tage aux élèves que le simple exer­cice de mon métier en soli­taire (pour l'instant, j'ai tou­jours pré­féré le col­lec­tif à l'individuel, mais ce n'est qu'une vision personnelle...)

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