Revue du 30 juin 2010

30.06.2010

Etats-Unis : La qualité des recherches publiées en baisse constante

Drapeau américain

Un col­lec­tif d'enseignants-chercheurs amé­ri­cains essaie d'avertir la com­mu­nauté uni­ver­si­taire des risques de la sur­pu­bli­ca­tion d'études. Aux Etats-Unis pro­ba­ble­ment plus qu'ailleurs, le nombre de recherches publiées est essen­tiel pour établir sa noto­riété, et conser­ver son poste. Cette pra­tique de la publi­ca­tion à tout prix ("publish-or-perish") est encou­ra­gée par la hié­rar­chie uni­ver­si­taire, dont les dif­fé­rents membres ne sont pas néces­sai­re­ment des experts mais savent tou­jours comp­ter le nombre d'articles publiés. Pourtant cette situa­tion pose de nom­breux pro­blèmes. D'éthique, notam­ment. Avec l'explosion du nombre de tra­vaux publiés et de celui des revues uni­ver­si­taires qui leur sont consa­crées (qui double actuel­le­ment tous les vingt ans), un rythme effréné est imposé aux cher­cheurs, qui tendent à consi­dé­rer que tout ce qui est vieux d'à peine quelques années n'a plus d'intérêt. Ils perdent de vue la pour­suite de la connais­sance, n'hésitant pas à faire quelques entorses à la métho­do­lo­gie pour pou­voir aller plus vite.

Au niveau envi­ron­ne­men­tal –c'est-à-dire en termes de masse de papier– la publi­ca­tion en elle-même de toutes ces recherches plus ou moins valables requiert des moyens très impor­tants — sans oublier aujourd'hui les articles publiés en ligne et impri­més à dis­tance. Des revues scien­ti­fiques ultras­pé­cia­li­sées comme Physica A (consa­crée à la méca­nique sta­tis­tique) dépassent désor­mais les 3.000 pages par année. Financièrement, les coûts d'abonnement à une nou­velle géné­ra­tion de revues, pour les cher­cheurs issus d'universités euro­péennes ou asia­tiques mais publiant en anglais, repré­sentent des charges insoup­çon­nées pour les biblio­thèques uni­ver­si­taires. Les coûts d'abonnement totaux des biblio­thèques de l'Université de Californie à Los Angeles, par exemple, ont aug­menté de 1300% entre 1978 et 2001.

C'est pour­quoi il serait inté­res­sant de géné­ra­li­ser l'usage des "comp­teurs de cita­tions", à l'image du sys­tème déve­loppé par l'Institute for Scientific Information. En croi­sant ses vastes bases de don­nées biblio­gra­phiques, l'ISI réper­to­rie les cher­cheurs les plus cités par domaine, ceux dont les recherches sont recon­nues par leurs pairs comme des réfé­rences, pas néces­sai­re­ment les plus pro­li­fiques. Ce sys­tème peut être appli­qué aux revues scien­ti­fiques : des revues comme Nature ou Science se dis­tinguent ainsi par le nombre d'articles cités par la suite, ce qui per­met une nou­velle fois de faire le tri entre quan­ti­ta­tif et qua­li­ta­tif. A quand une men­tion de leur "score" sur le CV des chercheurs ?

Source(s) :
  • The Chronicle of Higher Education - 13 juin
30.06.2010

Suisse : Moins d'histoire-géo pour le canton de Genève

Le Département de l'instruction publique (DIP) du can­ton de Genève va réduire les heures d'enseignement de l'histoire-géographie. Cette déci­sion s'inscrit dans un pro­ces­sus d'harmonisation inter­can­to­nal des pro­grammes sco­laires (accord "HarmoS"), dont le Plan d'Etudes Roman défi­nit les moda­li­tés concrètes pour la Suisse romande. L'application de ce Plan, récem­ment votée, est pré­vue pour la ren­trée 2011, après une année de for­ma­tion des ensei­gnants. Mais la tran­si­tion ne fait pas que des heu­reux. A Genève en effet, l'harmonisation signi­fie notam­ment la perte d'une 'heure' (45 minutes) sur deux, en his­toire comme en géo­gra­phie, en deuxième et troi­sième année de Cycle d'orientation(1). Devant cette dimi­nu­tion du nombre d'heures, les réac­tions sont vives. Avec seule­ment 45 minutes par semaine pour explo­rer les grands trau­ma­tismes du XXème siècle en fin de sco­la­rité obli­ga­toire, Charles Heimberg, en poste à l'Université de Genève, craint ainsi que l'enseignement de sa matière au secon­daire "ne soit plus qu'un zap­ping déses­péré sans qu'il soit pos­sible ni pour les élèves, ni pour leur ensei­gnant, de construire vrai­ment du sens". Les syn­di­cats ensei­gnants ont déjà annoncé leur contes­ta­tion de la nou­velle grille horaire.

Note(s) :
  • (1) Le Cycle d'orientation désigne les trois dernières années de scolarité obligatoire, qui sont aussi les trois premières années du secondaire. Les élèves ont entre 12 et 15 ans.
Source(s) :
  • Le Temps - 11 juin,
  • www.ge.ch,
  • www.ciip.ch
30.06.2010

Angleterre : Doubler les frais d'université pourrait diviser le nombre d'étudiants par deux

Si la limite des frais de sco­la­rité en uni­ver­sité est pour l'instant fixée à 3.225 livres(1) par année, cer­tains s'attendent à ce qu'une rééva­lua­tion à la hausse soit la pro­chaine "tra­hi­son" du nou­veau gou­ver­ne­ment anglais de coa­li­tion. David Willetts, ministre en charge des uni­ver­si­tés, annon­çait en début de mois qu'il fau­drait s'occuper du "far­deau" que leur fonc­tion­ne­ment impose au contri­buable. Parallèlement, le "Russel Group", qui repré­sente les inté­rêts de 20 des ins­ti­tu­tions de recherche les plus pres­ti­gieuses du pays (dont Oxford et Cambridge), demande la per­mis­sion de faire payer aux élèves des sommes plus élevées dans cer­taines filières à suc­cès. Mais repor­ter ce coût sur les étudiants n'aurait peut-être pas l'effet désiré. Une étude indé­pen­dante, com­man­di­tée par l'association à but non lucra­tif Sutton Trust et réa­li­sée auprès de 2.700 jeunes anglais âgés de 11 à 16 ans par l'institut Ipsos MORI, est révé­la­trice sur le sujet. On y apprend que si 80 % des jeunes inter­ro­gés pensent s'orienter vers des études uni­ver­si­taires, ils ne seraient plus que 45 % si les frais de sco­la­rité dou­blaient pour atteindre quelque 7.000 livres, et seule­ment 25 % à 10.000 livres par an ! Toujours d'après l'étude, les élèves issus de milieux défa­vo­ri­sés seraient les pre­miers à se ravi­ser. Actuellement, l'étudiant anglais moyen quitte déjà l'université avec 22.000 livres de dette.

Note(s) :
  • (1) 1 livre sterling = 1,23 euros environ. 3.225 livres = 4.000 euros environ.
Source(s) :
  • The Guardian - 21 juin
30.06.2010

Québec : Retour à un bulletin scolaire traditionnel

L'enseignement secon­daire qué­bé­cois (qui compte cinq années) sera bien­tôt évalué via une nou­velle for­mule de bul­le­tin sco­laire. Son uti­li­sa­tion sera obli­ga­toire dans le public comme dans le privé. L'évaluation sera beau­coup plus axée sur les connais­sances de l'élève. Les matières seront à nou­veau notées de manière tra­di­tion­nelles, quatre fois par an. Ce bul­le­tin unique signera la dis­pa­ri­tion de "com­pé­tences" par matière, ins­tau­rées il y a dix ans, et depuis com­plé­tées par des com­pé­tences trans­ver­sales (Communiquer, Coopérer, Exploiter l'information...) Les déno­mi­na­tions de ces savoir-faire ont lar­ge­ment évolué au fil des gou­ver­ne­ments. Ainsi en 2000, nais­sait par exemple l'ambitieuse com­pé­tence "Construire sa conscience citoyenne à l'échelle pla­né­taire", dis­pa­rue aujourd'hui. Malgré une vaste opé­ra­tion de cla­ri­fi­ca­tion des inti­tu­lés en juin 2007, parents et syn­di­cats ensei­gnants n'avaient pas for­cé­ment appré­cié la mul­ti­pli­ca­tion de com­pé­tences évaluées sépa­ré­ment pour chaque matière. C'est sous leur pres­sion que le modèle de bul­le­tin unique a vu le jour. "Si l'on veut que les parents fassent équipe avec l'école et le per­son­nel ensei­gnant, il faut qu'ils puissent com­prendre les résul­tats indi­qués dans les évalua­tions et qu'ils voient com­ment pro­gresse leur enfant", s'incline Michelle Courchesne, actuelle ministre qué­bé­coise de l'Éducation, du Loisir et du Sport. D'où le retour d'évaluations chif­frées, et l'indication des moyennes de classe. Seul souci : le nou­veau bul­le­tin, dévoilé mi-juin, devra être appli­qué dès la ren­trée pro­chaine, un délai jugé un peu court par la plu­part des chefs d'établissement.

Source(s) :
  • Le Soleil - 16 juin,
  • www.mels.gouv.qc.ca
30.06.2010

Zambie : Apprentissage d'une langue locale obligatoire

Les élèves zam­biens devront désor­mais apprendre à lire et à écrire un idiome local en plus de la langue offi­cielle du pays, l'anglais, au cours des quatre pre­mières années d'école pri­maire. Avec 57 élèves en moyenne pour un pro­fes­seur de pri­maire, il aurait été dif­fi­cile d'imposer cette mesure sans aucune pré­pa­ra­tion. Mais elle fait suite au suc­cès d'un pro­gramme gou­ver­ne­men­tal de lec­ture en idiome local, étendu dès 2003 à plus de 4.000 écoles publiques. La démarche était alors option­nelle, il n'était pas obli­ga­toire d'utiliser d'autres langues que l'anglais pour faire cours. Le pro­gramme avait mal­gré tout donné lieu à l'édition de manuels d'apprentissage de la lec­ture en sept lan­gages dif­fé­rents. La ministre zam­bienne de l'éducation, Dora Silliya, nuance tou­te­fois : les élèves n'apprendront pas néces­sai­re­ment dans leur langue mater­nelle, mais plu­tôt dans une langue par­lée par une vaste majo­rité de per­sonnes dans chaque région admi­nis­tra­tive. En effet, ce pays d'Afrique du sud de 11,5 mil­lions d'habitants compte pas moins de 72 lan­gages non-officiels.

Source(s) :
  • Xinhua - 23 juin