17.06.2010
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ATSEM et enseignant de Maternelle : le binôme gagnant !

L'ATSEM(1) a un rôle pré­pon­dé­rant dans la vie quo­ti­dienne des élèves. Pourtant, son affec­ta­tion dans les classes de petite, moyenne et grande sec­tions de mater­nelle n'est pas tou­jours effec­tive, mais lorsque c'est le cas, comme par exemple à l'école mater­nelle Jean-Baptiste Corot à Igny (Essonne), cet agent s'investit avec l'enseignant pour l'avenir des enfants et forme avec ce der­nier un véri­table tan­dem. Témoignages.
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Bernadette Roussard est mati­nale et tou­jours de bonne humeur. Elle exerce le métier d'ATSEM depuis quinze ans. Sa jour­née à l'école mater­nelle Jean-Baptiste Corot à Igny (Essonne) com­mence à 8 heures. Elle assiste depuis huit ans, Patrick Aumonier, ensei­gnant de petite sec­tion de mater­nelle et direc­teur de l'établissement.

Tout doit être maté­riel­le­ment prêt pour accueillir cha­leu­reu­se­ment les enfants à l'école

Chaque matin, Bernadette se consacre à la pré­pa­ra­tion maté­rielle de sa salle de classe : des­cendre les chaises des tables, y dépo­ser les jouets pour les pre­miers jeux de la mati­née, ins­tal­ler son dor­toir pour la sieste de l'après-midi, tailler les crayons, réa­li­ser les der­niers décou­pages, col­lages en vue de pré­pa­rer maté­riel­le­ment les ate­liers éduca­tifs de la jour­née... Autant de tâches par­fai­te­ment établies par anti­ci­pa­tion et accom­plies avec déli­ca­tesse et patience afin que tout soit fin prêt à accueillir avec dou­ceur et dans la bonne humeur vingt-neuf petits écoliers âgés 3–4 ans.

C'est lorsque que la cloche sonne que son rôle affec­tif auprès des petits prend toute son ampleur. Outre le fait de les aider à ôter leurs man­teaux, à mettre leurs chaus­sons pour l'atelier de motri­cité, les accom­pa­gner aux toi­lettes, Bernadette salue cha­leu­reu­se­ment cha­cun d'entre eux, voire les embrasse : «moi, je suis là pour mater­ner les enfants. Je suis leur réfé­rence affec­tive» s'accorde-t-elle à dire. Patrick Aunonier confirme d'ailleurs que Bernadette est «un repaire stable» pour ses élèves. Plus encore, «elle est atten­tive, tou­jours d'humeur égale et se tient à leur l'écoute».

Nathalie Rousselet est, quant à elle, ATSEM depuis trois ans dans la même école mater­nelle, mais affec­tée à une classe de grande sec­tion. Ce qu'elle adore, ce sont les ins­tants par­ta­gés à embras­ser les enfants dès leur arri­vée en classe. «Ce que j'aime le plus dans ce métier, c'est la rela­tion indi­vi­duelle que j'ai avec chaque élève» déclare-t-elle. «Je tra­vaille beau­coup dans la psy­cho­lo­gie et je cou­coune l'enfant. Mon rôle est de faire en sorte qu'il se sente bien à l'école, donc je m'assure à bien l'entourer». En effet, même pour les plus grands enfants de mater­nelle, la pré­sence d'une per­sonne comme Nathalie les ras­sure. Et ce n'est pas Marjorie Petit, l'institutrice qui tra­vaille à ses côtés, qui dira le contraire : «au quo­ti­dien, elle s'occupe toutes les deux minutes des petits bobos, des petits cha­grins, elle fait les câlins que moi, je ne fais pas. Les enfants sont très atta­chés à elle. Quand elle n'est pas là, ils la cherchent».


L'ATSEM prend toute sa place dans la com­mu­nauté éducative

Le décret n°92–850 du 28 août 1992 attri­bue clai­re­ment aux ATSEM une mis­sion de par­ti­ci­pa­tion à la com­mu­nauté éduca­tive.  Véritables assis­tants des ensei­gnants, ils peuvent enca­drer des acti­vi­tés péda­go­giques sous réserve que ces der­niers conservent en per­ma­nence la maî­trise de la coor­di­na­tion du dis­po­si­tif, qu'ils pro­cèdent au contrôle régu­lier du dérou­le­ment des ate­liers et que les ATSEM dis­posent de consignes claires.

Patrick Aumonier(2) tient assu­ré­ment à déve­lop­per les mis­sions éduca­tives des 6 ATSEM qui tra­vaillent au sein des 6 classes de son école. Ses per­son­nels spé­ci­fiques sont inves­tis des pro­jets de classe. «Ce sont pour moi, plus des par­te­naires dans l'Education, que des agents d'entretien» indique-t-il. En ce qui le concerne, son ATSEM par­ti­cipe acti­ve­ment aux ate­liers péda­go­giques en classe. Elle «aide ses élèves à se mettre sur les che­mins des appren­tis­sages, sans faire à leur place, mais en les sou­te­nant, les conseillant». Bernadette, quant à elle, pré­fère dire qu'elle est proche des enfants : «j'apporte des expli­ca­tions à ceux qui en ont besoin. Je les aide tout en les lais­sant faire leur tra­vail eux même».

Quant l'ATSEM devient le véri­table col­la­bo­ra­teur de l'enseignant

A Igny, les ATSEM aident égale­ment les ensei­gnants à évaluer les enfants.  « Il y a un tra­vail de retour de sa part : elle me res­ti­tue les infor­ma­tions me per­met­tant de savoir si les enfants sont arri­vés ou non à réa­li­ser leur exer­cice » pré­cise M. Aumonier.

 «J'ai une tren­taine d'élèves, et cela n'est pas tou­jours facile d'être pointu ou per­ti­nent, de voir ce qui a blo­qué dans les appren­tis­sages avec les enfants. Par consé­quent, son obser­va­tion est essen­tielle».  De plus, «c'est tou­jours bien de ne pas être seul, de pou­voir échan­ger avec un autre adulte aussi bien par rap­port à sa pra­tique que dans les pro­grès réa­li­sés ou non par les enfants».

Pour Marjorie Petit, son ATSEM, Nathalie, lui apporte énor­mé­ment dans la pra­tique de son métier d'enseignante. «Les ate­liers, par­fai­te­ment pré­pa­rés par elle et conduits par moi, se font dans une bonne ambiance. Nous sommes com­plé­men­taires, précise-t-elle. «Je suis heu­reuse de l'avoir à mes côtés. Pour moi, il est cer­tain que je vais avan­cer plus rapi­de­ment dans ce que j'entreprends avec les enfants. Nous sommes beau­coup plus pro­duc­tives à deux et on réa­lise davan­tage de choses avec les élèves. D'ailleurs, à sa demande, j'ai accepté de la lais­ser prendre en charge, en toute auto­no­mie, les ate­liers d'activités artis­tiques (pein­ture, craie, encre).  Elle peut égale­ment, par exemple, me conseiller sur le papier à uti­li­ser. Dans la semaine, elle emmène égale­ment un groupe d'enfants à la biblio­thèque de l'école : elle leur lit une ou plu­sieurs his­toires. C'est vrai­ment un pri­vi­lège de tra­vailler assis­tée d'une per­son­na­lité dyna­mique comme celle de Nathalie. Sa pré­sence m'est indis­pen­sable». Marjorie le sou­ligne d'autant plus, que dans cer­taines com­munes, les ensei­gnants de grande sec­tion de mater­nelle n'ont pas d'ATSEM affec­tés à leurs classes ou seul un agent se voit rat­ta­ché à deux classes.  Et à Nathalie de pen­ser : «avec Marjorie, on se com­prend, on connaît bien nos rôles res­pec­tifs et le péri­mètre d'intervention de cha­cune. Cela fait deux ans qu'on tra­vaille ensemble, je connais bien son mode de fonc­tion­ne­ment.  Nous for­mons un binôme parfait».

Marianne Martins

Note(s) :
  • (1) Agent territorial spécialisé des Ecoles maternelles
  • (2) Maître des écoles et directeur de l’école maternelle Jean-Baptiste Corot à Igny. Gère 6 classes (171 élèves), 6 ATSEM, 8 enseignants de petite, moyenne et grande sections

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choune
le 27 août 2010

Bonjour, Bernadette et Nathalie ont vrai­ment beau­coup de chance elles font vrai­ment par­tie de l'équide éduca­tive. Pour ma part je suis atsem et je peux vous dire que c'est loin d'être par­fait. Tenue à l'écart de tout le binôme entre ensei­gnant et atsem est loin de fonc­tion­ner. Nous sommes sous ten­tion pour ainsi dire toute la jour­née. Votre école fait rêver....

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